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Les pro-Bouteflika culpabilisent l’opposition

Paraphrasant le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès : «Ceux qui réclament l'application de l'article 88 de la Constitution, à défaut d'un coup d'Etat militaire, veulent lui faire un coup d'Etat médical.» L'attaque est directe, les propos bien exagérés, le transfuge du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) défend avec beaucoup d'engagement la thèse selon laquelle ceux qui exigent le bulletin de santé du locataire d'El Mouradia, hospitalisé au Val-de-Grâce, sont contre le quatrième mandat. Il a affirmé alors, avant-hier, à la chaîne française France24 que «le chef de l'Etat va bientôt reprendre ses activités». Amara Benyounès n'est pas le seul à le faire, d'autres leaders de partis politiques récemment créés, entre autres Amar Ghoul du TAJ, sont venus suppléer une communication officielle défaillante sur la maladie et l'évolution de l'état de santé du président Bouteflika. Mais de quelle manière ? En y mettant de l'acharnement et du zèle. La mise est de taille : la maladie de Bouteflika est un véritable enjeu de pouvoir pour ceux qui y sont depuis longtemps. Quoi de plus légitime en fait que de revendiquer le droit de connaître l'état et l'évolution de la santé du président de la République ? La demande est un droit des citoyens algériens et surtout un devoir pour les autorités du pays de communiquer sur la maladie, non pas d'une personne ordinaire, mais d'une institution, et quelle institution ! Le chef de l'Etat. Pourfendre ceux qui évoquent l'application de l'article 88 de la Constitution portant sur l'incapacité de gouverner et de gérer les affaires de l'Algérie, un pays rongé par la corruption, plombé politiquement et souffrant d'une véritable panne économique, est d'une terrible incongruité politique. Tout le monde sait que l'Algérie chancelle depuis déjà quelques années. Que de spécialistes économiques et d'analystes politiques des plus impartiaux ont conclu à l'échec cuisant des politiques appliquées durant les trois mandats du président Bouteflika ! Ce dernier qui a réduit ses activités aux strictes exigences protocolaires - faisant fi de ses derniers ennuis de santé - peut-il encore continuer à gérer le pays pour que certains l'implorent à rempiler pour un quatrième mandat ? L'agitation de ceux qui tirent profit de la situation au demeurant «grave» du pays donne l'air d'être bien inspirée. Les réactions en chaîne qui souhaitent le maintien du statu quo et le retour bientôt du chef de l'Etat aux affaires s'articulent autour de réseaux bien organisés autour de la rente. Ils ont leur porte-voix, leurs médias, ceux-là mêmes qui n'hésitent pas, au grand dam de l'éthique et de la morale, de s'attaquer à des confrères pour avoir cherché à comprendre et à s'informer et informer l'opinion sur les événements qui agitent l'Algérie. On croit même savoir que des conseillers à la Présidence actionnent plusieurs leviers pour servir une communication parallèle, mais peu crédible et souvent démentie par le temps. Les véritables concepteurs de ces man½uvres ne seraient, selon nos sources, que le frère du président, Saïd Bouteflika, le secrétaire particulier du chef de l'Etat, Mohamed Rougab, et le conseiller à la Présidence, Mohamed Meguedem. C'est une véritable machine qui est mise en place. Des rôles bien partagés entre ceux qui sont chargés de tirer sur les opposants politiques et une certaine presse servant de relais et prête à dégainer sur tout ce qui dérange.  

El Watan

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