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Un coup de “Mou” José ?

La presse sportive et généraliste espagnole dressait mardi un sombre bilan de l’époque “Mou”, après l’annonce, la veille, du départ de l’entraîneur portugais José Mourinho du club de football Real Madrid au terme de trois ans d’une liaison tumultueuse.

“The special end”, titrait en anglais le quotidien sportif Marca, sous une photo du président du club, Florentino Perez, et de José Mourinho, tout sourires, datant du jour où l’entraîneur controversé avait signé son contrat, en mai 2010. Un titre en forme de clin d'½il sardonique au surnom auto-attribué de Mourinho, “The Special one”.

L’autre grand quotidien sportif pro-madrilène, As, publiait un coûteux bilan de l’époque Mou: “50 millions en contrats et 162 en plus en achats de joueurs”. Dans une tribune, le journaliste Alfredo Relaño estime que “Mourinho laisse peu de titres et beaucoup de bruit”.

“Fin de cycle”, titrait en grosses lettres Mundo Deportivo, journal sportif catalan, qui ouvrait son article principal par un “Mourinho, à la rue” sans appel.

“Mourinho, qui devait être l’antéchrist de Guardiola (ancien entraîneur du FC Barcelone, ndlr) et le remède contre la domination du football blaugrana dans le monde, quitte le Bernabeu sur un échec, loin d’avoir équilibré la balance au-delà de bras de fer ponctuels”, écrit ce journal.

Sous une photo de l’entraîneur, de dos, passant sous un panneau lumineux indiquant la sortie, l’autre quotidien catalan, Sport, citait le vice-président du FC Barcelone, adversaire traditionnel des Merengue, Carles Villarubi, qui déclarait que “Mou a été un fléau pour le football espagnol”.

Tous les grands quotidiens généralistes évoquaient aussi son départ en Une.

“Mou s’en va, Florentino reste”, écrivait le journal de centre gauche El Pais, en première page, lançant dans ses pages intérieures un dur “Mourinho, vaincu par la +pression+”, citant le mot employé par le président du club qui a annoncé lundi être candidat à sa réélection le 16 juin.

“L’ouragan Mourinho se terminera le 1er juin”, écrivait le quotidien de centre droit El Mundo. “Le projet de Mourinho au Real Madrid a fini par mourir d’overdose.”
Le “Mou” laisse un souvenir aigre-doux 

Dans les faits, José a réussi quelque chose d’important : redonner de l’envergure à cette équipe de Madrid, et rendre le contingent “blanco” une équipe de premier plan européen. Il a mis fin à sa malédiction des huitièmes de finale et amené le Real  trois fois en demi-finale de la C1.

Mourinho a réussi à déstabiliser le grand FC Barcelone de Pep Guardiola, qu’il considère lui-même comme “la meilleur équipe de ces 30 dernières années”.
Mais la grande erreur du “Special One” est sa volonté dévoilée d’isolement . En prenant des décisions peu compréhensibles de l’extérieur, mais qui avaient peut être un fondement à l’intérieur du groupe, il s’est mis à dos les joueurs, le staff, le public et la presse. De plus, cette son incapacité (ou son refus) à expliquer ses choix ont amplifié cette fracture. Il n’a pas su non plus gérer les caprices de Cristiano Ronaldo, ni faire le tampon entre le joueur et Florentino Pérez quand CR7 s’était déclaré “triste” et qu’il voulait être reçu dans le bureau présidentiel. Le Portugais a aussi terni l’image “exemplaire” du Real Madrid, si chère aux socios merengues : le doigt dans l’oeil de Villanova, ses attaques ad hominem envers la presse et ses joueurs, les nombreuses amendes de la Fifa pour ses sorties médiatiques, ses décisions sur le terrain (plus de 60 000 euros d’amendes pour les événements d’Amsterdam, montrés dans la vidéo qui suit ) ou encore l’éviction de la légende Iker Casillas n’ont été que des éléments supplémentaires pour  conduire le Lusitanien vers la sortie.

 

Certains diront que son bilan est maigre, d’autres applaudiront son audace, sa rigueur et sa volonté d’être le patron à tous les niveaux (interne et externe), mais au bout de trois ans, les rêves de grandeur du Real et de Mourinho ont été revus à la baisse.

Arrivé au club en 2010 avec pour mission d’offrir aux Merengue leur “Decima”, leur fameuse dixième Ligue des champions, un trophée qui fuit le club depuis 2002, Mourinho part sur un bilan négatif.

«Pire saison de ma carrière»

Le Portugais, qui a lui-même reconnu que son exercice 2012-2013 au Real avait été «la pire saison de sa carrière» repart de Santiago-Bernabeu avec un bagage somme toute léger: un championnat, une Coupe du Roi et une Supercoupe d’Espagne. Voilà qui fait très maigre pour un entraîneur de ce niveau, qui se prétend l’égal du “Trap” ou du légendaire autrichien Happel (tous deux au Panthéon du football), mais qui n’a pas réussi son pari à la “CASA BLANCA” .

Avec un vestiaire divisé et un palmarès madrilène famélique, il fallait bien que l'aventure de Mou au Real tourne court. Si son arrivée se confirme à Chelsea, il aura l'avantage de retrouver une entité, de même qu'un groupe de joueurs et des milliers de supporters, qui lui sont d'ores et déjà conquis.

Il laissera un souvenir amer dans la capitale ibérique, et financièrement parlant, il s’en va sans indemnité de rupture, le Portugais renonçant aux 20 millions d'euros prévus en cas de départ anticipé.

Une personne a toutefois eu une vraie bonne surprise ce lundi. En effet, Florentino Perez a fait son annonce “spéciale” … le jour de l’anniversaire d’Iker Casillas !

Quelle bonne surprise pour le gardien évincé !

 

Hassan Marine

 

 

La Nouvelle Tribune

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