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DECRIÉS SOUS BOZIZÉ, LES RAPTS POLITIQUES REPRENNENT

A quoi à servi le changement du 24 mars 2013 si les principaux maux qui ont été décriés sous le régime Bozizé sont aujourd'hui rééditées de manière exponentielle par les nouveaux maîtres des lieux ?

Le sentiment revanchard qui couvait sous la cendre s'est explosé tel un volcan sous le régime seleka avec les rapts politiques qui ont repris de plus bel. Pas un jour ne passe sans qu'on ne signale, des violences en tous genres et perpétrés par les éléments de la seleka même si cette alliance rebelle actuellement au pouvoir refuse de l'admettre, rejetant ainsi la faute sur ceux qu'ils considèrent comme es éléments acquis à la cause de l'ancien régime. Si accusé les autres a toujours été facile, le prouver relève toutefois de la gageure. Et la seleka ne peut aujourd'hui nous démentir d'autant plus qu'il est établi que les faits, à l'époque reprochés à François Bozizé, rythment le quotidien des filles et fils du Centrafrique. Chassez le naturel, il revient au galop, dit l'adage et sous le ciel brumeux de la République, l'on constate malheureusement que les mêmes maux politiques de terreur, de violences et autres violations des droits de l'homme qu'incarnaient le régime Bozizé, ont la peau dure sous le régime seleka. Le constat éloquent fait par les évêques de Centrafrique, comme ils le disent eux-mêmes est sans appel d'autant plus que la République a renoué avec la barbarie quelque peu légitimée par la seleka : « menaces, terreur, tortures psychologiques, viols des jeunes filles et femmes, enrôlement d'enfants soldats, humiliation publique des FACA, gendarmes et policiers, déplacement forcé des personnes, élévation du taux de mortalité infantile et néo-natale, rupture d'approvisionnement de nos villes de l'intérieur en médicaments, produits médicaux et de premières nécessités, pénurie et inflation, rupture des réseaux de communication, pillages, saccages d'édifices publics et privés, vols et confiscations des véhicules d'Etat et des particuliers, anéantissement de l'administration, foulage au sol de l'autorité de l'Etat, saccage des unités de productions... », la liste est loin d'être exhaustive.

A cela, il faut ajouter, les enlèvements, en un mot, la chasse aux sorcières engagée par les éléments de la seleka à l'encontre de ceux de nos compatriotes considérés comme proches de l'ancien président. Des opérations hibou qui rappellent de biens tristes souvenirs pour des centrafricains qui espéraient en finir avec ces pratiques sordides qui ont endeuillé et continuent d'ailleurs d'endeuiller autant de famille centrafricaine. Plus d'un mois après la chute de François Bozizé, la République demeure dans l'incertitude et le futur qu'on voulait paisible et radieux n'est plus qu'une vue de l'esprit. Avant-hier, c'était Patassé et autres qui tuaient, violaient, volaient, pillaient et que savions-nous encore. Hier, c'était le tour de Bozizé et les siens de nous martyriser, de nous violenter et de nous considérer comme des bêtes de somme. Aujourd'hui, c'est la seleka qui se rend coupable de tous les maux ci-dessus cités en leur donnant une certaine « légitimité ». Comme si la République Centrafricaine est devenue une jungle dans laquelle règne les chefs rebelles de différents acabits. La patrie est en danger et si on n'y prend garde, elle risquera fort bien de se transformer en un champ de ruine.

Le Confident

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