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Comment protéger son bateau des pirates somaliens

Daniel Nasaw, correspondant de la BBC à Washington, est parti à la rencontre de marins qui ont subi des attaques de pirates en eaux somaliennes —de plus en plus fréquentes— et expliquent comment s'en défendre, ainsi que des entreprises ayant développé des systèmes de protection.

Actuellement, les navigateurs qui arrivent dans l’océan Indien font face à un choix difficile: emprunter la route des côtes somaliennes et du golfe d’Aden, au péril de leur vie, ou prendre des chemins détournés mais perdre énormément de temps. La sécurisation des yachts est en outre bien plus compliquée que celle des navires commerciaux. Moins rapides, ils peinent à échapper aux attaques pirates.

Le Maritime Security Centre - Horn of Africa estime que ce ne sont pas moins de 133 de ces embarcations luxueuses qui ont traversé la région cette année. Bien que les pirates s’attaquent en général aux navires marchands, on dénombre tout de même trois yachts privés ayant subi de tels assauts en 2011. Un seul, le Capricorne, s’en est tiré indemne. Quant aux équipages des deux autres yachts, le bilan est funeste: quatre Américains ont été tués et sept Danois ont été kidnappés.

Mais des entreprises américaines et européennes proposent des solutions aux navigateurs hardis —ou inconscients— permettant de réduire les risques d’attaques. Comme, par exemple, une escorte armée pour monter la garde sur le bateau, mais qui peut également apprendre à son propriétaire comment réagir face à des pirates et les maintenir à distance.

L’International Maritime Security Network est en train de mettre au point un système pour que les yachts déversent sur les embarcations pirates qui les approchent un liquide vert, épais et putride. Le capitaine Tim Nease, son directeur général, explique:

«La dernière chose que [les pirates] auront envie de faire, c'est ouvrir le feu. Ils voudront seulement sauter dans l’eau. Avec un peu de chance, les requins seront affamés. Vous n’avez plus qu’à prendre le large. Impossible de respirer; ça brûle, ça sent mauvais, c’est dégoûtant.»

La piraterie au large de la Somalie génère ainsi un véritable business autour de la protection des navires:

«Très peu de compagnies maritimes sont prêtes à supporter le coût d'un détour par le cap de Bonne-Espérance: elles se trouvent donc devant la quasi obligation d'assurer les mesures de précautions élémentaires. C'est la foire aux gadgets venus du monde entier avec des petites sociétés au nom accrocheur montées généralement par d'anciens marins», explique le magazine mahorais Malango Actualité.

Mais les précautions les plus simples restent les plus efficaces. Ainsi que le conseille le capitaine Michael Lodge, du bureau de liaison maritime américain au Bahreïn:

«Ne venez pas [dans les eaux somaliennes] si vous n’en avez pas l’obligation.»

Lu sur BBC News, Malango Actualité