mis à jour le

UN PLAN MARSHALL POUR LA RCA ?

C'est ce qui ressort du dernier Sommet de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC), qui s'est tenu à Ndjamena (Tchad) le 18 avril 2012.

Ce Sommet auquel avait aussi pris part M. Jacob Zuma, Chef de l'Etat sud-africain avait pour but de faire le point sur la feuille de route définie lors de la rencontre des Chefs d'Etat de la CEEAC le 3 avril dernier dans la capitale tchadienne. Cette feuille de route avait prévu un certain nombre d'étapes imposées aux nouvelles autorités centrafricaines pour une normalisation de la situation. Lors du Sommet du 3 avril 2013, la CEEAC, compte tenu de l'incertitude en République Centrafricaine après la prise du pouvoir par la Coalition Séléka, s'était refusée de reconnaître M. Michel Djotodia, qui selon les chefs d'Etat de la sous-région s'était autoproclamé dès son accession à la Magistrature Suprême de l'Etat.

Confusion et précipitation
Le Sommet de la CEEAC du 3 avril 2013 avait imposé aux nouvelles autorités centrafricaines, la mise en place des institutions de la Transition notamment le Conseil National de transition. Dans la précipitation, un Conseil Supérieur de la Transition a été mis en place par Ordonnance n° 013.001 du 7 avril 2013. Cette ordonnance a été récusée par la plupart des entités centrafricaines qui étaient présentes à Ndjamena. Finalement un Comité ad-hoc a été mis en place et la réflexion de ce groupe technique de travail a accouché d'un Conseil National de Transition comme l'avaient voulu les chefs d'Etat présents dans la capitale tchadienne. Dans la confusion et la précipitation, les personnalités devant siéger au Conseil National de Transition ont été cooptées, malgré les multiples revendications et les protestations soulevées par les différentes entités appelées à siéger. Le samedi 13 avril 2013, malgré les entorses, le Conseil National de Transition se réunit dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale pour sa première séance. C'est au cours de cette première plénière, sans y mettre la manière, le Conseil National de Transition a élu avec acclamation, Président de la République.

Le CNT bourré d'usurpateurs
Dans la capitale tchadienne, ce 18 avril 2013, le Sommet des chefs d'Etat de la CEEAC a pris acte de la mise en place du Conseil National de transition et de l'élection de M. Michel Djotodia Am Nondroko comme Président de la Transition.
La composition du Conseil National de Transition fait couler beaucoup d'encre et les chefs d'Etat de la CEEAC en étaient informés. Beaucoup de ceux qui siègent au CNT ne sont pas représentatives des entités. Ils n'ont pas été élus comme le stipulent les dispositions de l'article 4 de l'ancienne Ordonnance n° 013.001 du 7 avril 2013, créant le Conseil Supérieur de transition. Le clientélisme a battu tous les records lors de la composition de cette CNT. A propos de ces irrégularités, le Conseil d'Etat sera inondé de plaintes. Au départ, le CST comptait 97 membres. Après correcteurs, ce nombre a été porté à 105. Mais à Ndjamena le 18 avril 2013, les chefs d'Etat de la CEEAC ont décidé d'élargir le CNT de 105 personnes à 135 pour répondre aux frustrations occupées par des usurpateurs de touts bords.

Des rackets systématiques
Depuis la prise du pouvoir par la Coalition Séléka, les violences se conjuguent au quotidien. Après les entreprises privées et publiques, les projets et organismes privés et publiques, les projets et organismes des Nations Unies n'ont pas été épargnés par les pillards. Ces derniers se sont ensuite attaqués aux Départements ministériels, aux services de l'Etat. Comme si cela ne suffisait pas, ce sont les biens privés qui sont maintenant visés. Comme il est difficile pour le centrafricain lambda d'identifier les faux éléments de la Séléka des vrais, tout y passe. Sous le prétexte de rechercher des armes, les visites sont effectuées de maison en maison. Les postes téléviseurs, les réfrigérateurs, les chaînes musicales et tous les biens précieux sont emportés par les hommes armés en tenue. L'exaspération a fini par gagner toute la population centrafricaine qui vit dans une inquiétude constante. Lors de la rencontre du chef de l'Etat, Michel Djotodia avec les chefs de quartier le lundi 15 avril 2013, la situation de l'insécurité et l'état d'esprit des Centrafricains lui ont été comptés dans les menus détails. La situation chaotique qui dépasse tout entendement révèle que mêmes les nouvelles autorités ne maîtrisent plus la situation. Les éléments de la Force Multinationale de l'Afrique Centrale en appui des forces d'intervention de la Séléka sont insuffisants. Les Forces françaises ont comme première préoccupation, la protection de leurs ressortissants. Pour le rétablissement de la paix de la sécurité, les nouvelles autorités ont sollicité le renforcement des effectifs de la FOMAC. Le chiffre de 1000 éléments supplémentaires avait été annoncé au départ. Mais les chefs d'Etat de la CEEAC ont décidé que 1500 hommes viendront renforcer l'effectif de 500 éléments déjà sur le terrain pour désarmer les combattants de la Séléka et rétabli l'ordre à Bangui.

Les difficultés ne sont pas les moindres
L'annonce qui a le plus suscité beaucoup d'intérêt chez les Centrafricains, est la création par le Sommet de N'Djamena du groupe international de contacts pour la RCA. Ce groupe se réunira pour la première fois début mai à Brazzaville (Congo) pour étudier les modalités de reconstruction de la République Centrafricaine à l'instar du Plan Marshall lancé en Europe après la deuxième guerre mondiale. Ce groupe de contacts pour la reconstruction de la République Centrafricaine a une importance certaine. Depuis le 10 décembre 2012 à nos jours, toutes les villes de la République Centrafricaine conquises ou traversées par les éléments de la Coalition Séléka offrent le spectacle d'un champ de ruines. Ecoles, centres de Santé, hôpitaux, bâtiments administratifs dévastés. Les entreprises privées en province ont été systématiquement pillées et tous leurs véhicules emportés. Les lousses de l'Etat soulignait le Président Michel Djotodia, sont volés. Pour preuve, jusqu'alors, les salaires, les pensions, les bourses, bref les dépenses régaliennes, connaissent un retard dans leur paiement. Les fonctionnaires et agents de l'Etat grincent les dents. Les travailleurs des entreprises privées ne sont pas mieux lotis. Les pillages et les et les destructions ont des répercussions drastiques sur les sociétés. Les premières mesures sont les mises en chômage technique. Dans certains cas, les entreprises seront obligées de mettre la clé sous le paillasson, réduisant ainsi leur personnel au chômage pur et simple. L'Etat éprouve d'énormes difficultés car les régies financières (impôts, douane, Trésor) éprouvent des difficultés à reprendre à cause de l'insécurité. Aux frontières, certains éléments de Séléka, occupent les postes de douane et collectent les recettes. Cette situation met le pays à genou. Il ne peut redémarrer avec les coups de feu cessants qui déchirent l'atmosphère quand on s'y attend le moins. Ceux qui auront à siéger au sein de ce groupe international de contacts pour la reconstruction de la République Centrafricaine auront fort à faire et détenir des éléments probants pour la défense des dossiers car le pays avec des derniers événements a connu un recul de plus de cinquante ans. La grande difficulté sera la reconnaissance des nouvelles autorités. Or, la communauté internationale a des principes sur lesquels, elle ne transige pas. Elle ne reconnait pas les autorités issues des coups de force et c'est malheureusement le cas actuel de la République Centrafricaine. Malgré cette situation obscure, les yeux sont rivés vers Brazzaville au début du mois de mai, d'où viendra le salut de la République Centrafricaine.



Le Confident

Ses derniers articles: CENTRAFRIQUE : UN TRAITEMENT À DEUX VITESSES DES PROCHES DE BOZIZE  ‘‘NOTRE APPORT DE TOUS LES JOURS EST DONC UN SOUTIEN POLITIQUE À LA RECHERCHE DE LA PAIX’’, DIXIT M. ZIGUELE  MICHEL DJOTODIA, UN PRÉSIDENT INCOMPRIS OU MAL AIMÉ? 

RCA

Chaos

Avant, la Centrafrique était une nation paisible. Mais ça, c'était avant.

Avant, la Centrafrique était une nation paisible. Mais ça, c'était avant.

By REUTERS

Centrafrique: les Etats-Unis demandent des sanctions contre les auteurs des violences.

Centrafrique: les Etats-Unis demandent des sanctions contre les auteurs des violences.

Centrafrique

Ce qui attend la nouvelle présidente centrafricaine

Ce qui attend la nouvelle présidente centrafricaine