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Élection présidentielle en juillet : Le Mali peut bel et bien l’organiser

La ferme volonté des autorités de la transition, la mobilisation de la communauté internationale autour du Mali, le retour de l'administration dans les localités libérées et surtout l'aspiration du peuple à aller aux urnes le plus rapidement possible augurent de belles perspectives pour la tenue des élections à la date indiquée par les autorités en charge de l'organisation des futures élections. L'unique façon de sortir de la plus grave crise politique, institutionnelle et sécuritaire que notre pays ait connue depuis son accession à l'indépendance.

L'ignoble coup d'Etat du 22 mars 2012 a plongé notre pays dans une grave crise politique, institutionnelle et sécuritaire sans précédent. Plus d'un an après, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Mais, avec son engagement et sa clairvoyance, le président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré, est en passe de réussir, à travers son gouvernement de transition, les deux missions essentielles qu'il s'est assigné. Il s'agit de la reconquête de l'ensemble des régions du Nord de notre pays et du recouvrement de l'intégrité territoriale, ainsi que de l'organisation d'élections libres, apaisées, transparentes et crédibles sur l'ensemble du territoire national.

Voilà donc deux missions dont la réussite est indispensable à la sortie de crise malienne. Deux missions prises en charges par la Feuille de route de la Transition politique du 29 janvier 2013 par le peuple malien et la communauté internationale.

Aujourd'hui, grâce à l'audace du Président Dioncounda Traoré d'autoriser l'intervention de l'armée française et des autres forces alliées du Mali, la reconquête et la récupération de toutes les régions du Nord du Mali est une réalité.

 

Organiser les élections ou périr

 

Conscient de cette réalité et pour consolider « les acquis inespérés » du recouvrement de l'intégrité territoriale du pays, le président Traoré a instruit au gouvernement d'organiser très rapidement les élections générales pour sortir définitivement de la crise qui secoue de plein fouet le pays. Et, avec lui, tout le monde est unanime là dessus : la sortie de la plus grave crise dans laquelle notre pays est plongé depuis plus d'un an, passe nécessairement par l'organisation d'élections libres, transparentes et crédibles qui permettront à notre beau et cher pays de se doter de dirigeants plus légitimes au plan de la représentativité.

Ainsi, conformément à la Feuille de route du 29 janvier 2013, le gouvernement de Transition, à travers, le ministère en charge de l'Administration territoriale se propose d'organiser l'élection présidentielle au mois de juillet prochain. C'est pourquoi, à l'heure actuelle, tous les regards sont tournés vers les préparatifs de cet important scrutin présidentiel.

Dès maintenant, plusieurs questions se posent sur le respect de la date du premier tour prévu précisément pour le 28 juillet 2013. Est-ce que le Mali va réussir ses élections en juillet prochain ?

Pour le ministre de l'administration territoriale, de la décentralisation et de l'aménagement du territoire, le Colonel Moussa Sinko Coulibaly, la question ne se pose même pas. Et dans tous foras sur les élections, il est très formel : « La  réponse est oui, parce que nous n'avons pas le choix. Nous sommes condamnés à les réussir. Pour une sortie de crise durable, il y a qu'une seule voie à suivre : organiser le plus rapidement possible les élections. Il y aura belle et bien au mois de juillet. Car, nous avons foi que les élections constituent la voie la plus sûre de sortie de crise».

 

Les préparatifs vont bon train

 

Le ministre – Colonel Moussa Sinko Coulibaly se montre très déterminé à permettre aux Maliens de voter librement et équitablement sur toute l'étendue du territoire national dans la transparence et la crédibilité. Dans son département, on y travaille nuits et jours. Et il est très heureux de constater aujourd'hui que les préparatifs des élections pour le mois de juillet vont bon train.

D'abord, au niveau du département de l'Administration territoriale, pour aller au-delà des bonnes intentions et des discours, le chef du département a remis en place le Projet d'appui au processus électoral. A peine démarré, ledit Projet s'attelle déjà à ses missions de soutien à la bonne organisation des prochaines joutes électorales. Ensuite, aujourd'hui, il est aussi très heureux de constater la bonne exécution du travail de routine de  la Direction Général de l'Administration territoriale (ex-Direction nationale de l'Intérieur) : le retour de l'administration sur le terrain s'accélère, et malgré des difficultés, devient de plus en plus une réalité. Ce, notamment dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou. Mieux, dans les zones dites stables dans le Sud Mali, l'acheminement du matériel électoral a commencé.

Aussi, le Cadre de concertations entre le ministère de l'Administration territoriale et les partis politiques se réunit régulièrement avec une participation en quantité et en qualité de l'ensemble des acteurs du suivi de notre processus électoral. Grâce à la tenue régulière de ce rendez-vous de haut niveau, un climat de confiance s'est progressivement installé entre les acteurs. Sans risque de se tromper, aujourd'hui, on peut affirmer que les partis politiques les plus significatifs sont déterminés et prêts à aller à la conquête du suffrage des Maliennes et des Maliens, le 28 juillet 2013. La seule réserve exprimée çà et là concerne la libération de Kidal sans laquelle beaucoup ne souhaiterait pas aller en compétitions élections. Cela est de bon droit car, Kidal fait partie intégrante du Mali.

La Délégation Générale aux élections (DGE), un des maillons essentiels de notre processus électoral, est aussi à pied d'½uvre pour relever le défi des élections à la date indiquée. Ici, l'élaboration et la confection du fichier électoral biométrique et du carte d'électeur NINA suivent leurs cours à hauteur de souhait. La preuve, à l'occasion de la Rencontre de Haut Niveau initié par le « National Democratic Institute » (NDI) et «International Foundation for electoral Systems » (IFES), entre les acteurs nationaux sur le processus électoral au Mali, son premier responsable, le Général Siaka Sangaré, a rassuré l'assistance de la détermination de sa structure à ½uvrer, nuit et jour, pour être dans les délais requis.

Pour rassurer davantage la classe politique et les autres acteurs du processus électoral, il a même fait circuler des spécimens de listes électorales établies à partir des données issues du RAVEC. « Soyez rassurés. Voilà à quoi va ressembler le fichier biométrique : adresse complète de l'électeur, sa photo... », commentait-il devant une assistance qui était visiblement convaincue de la qualité du travail abattu par la DGE. Surtout que le Général Sangaré avait pris le soin de faire circuler également les spécimens de listes électorales biométriques dans certains pays de la sous région, notamment la Côte d'Ivoire et la Guinée Conakry.

A ces avancées de taille, il faut ajouter que la relecture de la loi électorale est entrée dans sa phase active avec l'adoption par le Gouvernement, le 10 mai dernier, du projet de loi qui a été immédiatement déposé sur la table du Parlement. Son adoption par celle-ci n'est donc qu'une question de jours.

En plus de la volonté politique des plus hautes autorités de la Transition de tenir très vite les élections et le travail de routine de l'administration avec l'ensemble des acteurs du processus électoral, la communauté internationale et les amis du Mali se mobilisent pour que les élections soient organisées dans les délais indiqués dans la Feuille de route.

Déjà sur le plan sécuritaire, l'ONU a encore fait un grand geste pour le Mali en votant la Résolution 2100 qui autorise le déploiement des forces, ''Casques bleus'', à partir du premier juillet pour la stabilisation du pays et la sécurisation des élections. S'y ajoute la forte mobilisation internationale des ressources financières pour l'organisation matérielle et technique des joutes électorales de juillet 2013. A commencer par les Etats-Unis d'Amérique et l'ensemble des pays de l'Union européenne. Sans oublié la CEDEAO et l'Union Africaine.

A tous ces facteurs favorables à une bonne organisation des élections en juillet prochain, il faut ajouter la garantie de neutralité des autorités de la Transition politique malienne. En effet, au terme de la Feuille de route du 29 janvier, afin de garantir la neutralité du processus électoral, «ni le Président de la République par intérim, ni le Premier ministre, ni les membres du Gouvernement ne pourront être candidats à ces élections ».

Dans tous les cas, aujourd'hui, l'organisation des élections à la date indiquée est belle et bien possible. Elle est plus une nécessité vitale qu'un luxe démocratique pour un pays qui se relève à peine de son affaissement.

En tout état de cause, le ministre de la Justice du Niger, qui a partagé l'expérience de son pays avec les Maliens lors de la Rencontre de Haut Niveau initié par le NDI, il y a quelques jours, a avisé les Maliens en ces thermes : « Plus une transition est courte, plus c'est mieux. Car, la transition est propice à tous les excès. Les autorités de la transition n'ont rien à gagner à se maintenir. Au maximum, ils n'auront que 3ans. Au lieu de dilapider ses efforts et son avenir dans une telle aventure, il vaut mieux aller très vite aux élections pour que votre pays retrouve le concert des nations ».

Aux acteurs politiques du Mali de se retrouver autour de l'essentiel pour un bon déroulement des échéances électorales aux dates indiquées dans la Feuille de route du 29 janvier 2013. Surtout que de nos jours, l'organisation des élections est une aspiration du peuple malien à l'image du Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali qui a su  tirer la sonnette d'alarme : « Il urge de sortir de la transition pour doter notre pays d'un régime fort capable d'impulser du sang neuf dans la marche des affaires de la République. Cela passe forcément par des élections crédibles et transparentes. Il faut nécessairement aller aux élections quelles que soient les difficultés ».

Dans tous les cas, les observateurs avisés sont unanimes que le Mali est bien capable de tenir la date du 28 juillet pour le premier tour des élections présidentielles. Car, comme aimait dire Thomas Sankara, « l'Homme est capable de réaliser tout ce qu'il imagine ».

Filaké Sidibé, Juriste à Samé, Bamako

Mali Web

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