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Des avocats s’élèvent contre une atteinte à la liberté d’expression

Le directeur de publication des journaux Mon Journal et Djaridati, Hichem Aboud, est accusé d'«atteinte à la sécurité de l'Etat, à l'unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions». Désolant», «lamentable», «disproportionné»... Les avocats et les défenseurs des droits de l'homme dénoncent la censure des quotidiens Mon Journal et Djaridati. Ils condamnent la réaction du parquet général d'Alger qui engage des poursuites judiciaires contre le directeur de publication des deux journaux, Hichem Aboud, accusé «d'atteinte à la sécurité de l'Etat, à l'unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions». Visiblement outré, l'avocat Miloud Brahimi regrette le fait que les autorités renvoient, encore une fois, une image terne de l'Algérie. Un pays qui ne sait pas communiquer et qui recourt toujours à la répression. «On a l'impression d'être encore à l'époque du parti unique. Le ministère de la Communication n'aurait pas dû interdire la publication des deux journaux. Il fallait publier un communiqué pour démentir et rectifier l'information erronée. Mais de là à engager des poursuites judiciaires contre un journaliste pour ''atteinte à l'unité nationale'' s'il vous plaît, c'est inquiétant et lamentable», déclare l'avocat. Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), Noureddine Benissad, dénonce, lui aussi, les deux faits survenus durant la journée de dimanche dernier. «Le ministère de la Communication évoque l'article 92 de la loi sur l'information pour justifier la censure des deux journaux. L'application de cet article suppose l'existence d'un conseil d'éthique et de déontologie qui est habilité à agir dans ce cas de figure. Or, ce conseil n'est pas encore installé et le ministère de la Communication n'a aucun droit d'intervenir», lance-t-il, précisant que les autorités devraient se contenter d'un communiqué pour démentir l'information rapportée. Noureddine Benissad revient sur la prompte réaction du procureur de la République pour poursuivre en justice Hichem Aboud. «Les poursuites judiciaires annoncées par le parquet général d'Alger contre Hichem Aboud pour atteinte à la sécurité de l'Etat, à l'unité nationale ainsi qu'au bon fonctionnement des institutions, outre le fait qu'elles soient disproportionnées par rapport aux faits reprochés, ces accusations sont infondées sur le plan juridique. Il aurait suffi que la communication officielle exerce son droit de réponse par un démenti et se garde de donner à l'article 92 une autre dimension», explique-t-il. La LADDH, ajoute-t-il, rappelle que la liberté d'expression,  notamment la liberté d'information, est garantie par la Constitution et les conventions internationales relatives aux droits de l'homme ratifiées par l'Algérie. «La ligue dénonce les atteintes à la liberté d'expression et appelle les autorités à s'en tenir au respect des conventions internationales et la Constitution et de ses propres lois», dit-il. Mustapha Bouchachi, avocat et député, abonde dans le même sens. Pour lui, les faits ne nécessitent pas des poursuites pénales. «Cela ne fera que porter atteinte à l'image du pays et à la liberté d'expression en Algérie», lance-t-il.  

El Watan

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