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«La santé du Président est pesante sur la stabilité politique en Algérie»

Quels sont les risques pesant sur la stabilité politique, économique et sociale en Algérie ? Une question sur laquelle les organismes spécialisés dans l'analyse des risques se penchent chaque année, mais qui revêt aujourd'hui un caractère bien particulier vu l'évolution de l'état de santé du président de la République. A ce propos justement, l'organe des très british Financial Times et The Economist n'y va pas avec le dos de la cuillère. Le think tank The Economist Intelligence Unit (EIU) estime, dans une analyse délivrée récemment, que «l'état de santé de M. Bouteflika est un problème pesant sur la stabilité politique en Algérie». Et d'ajouter que «l'absence actuelle d'un successeur évident à la Présidence est un risque considérable pour le court terme», bien qu'il considère que le successeur potentiel sera un membre de l'establishment politique qui assurera une certaine continuité. L'organisme britannique estime aussi que l'agitation sociale sera l'une des préoccupations du gouvernement durant la période 2013-17, même si cette même agitation ne devrait pas constituer une dynamique sérieuse. Aussi et s'il est vrai que la situation aux niveaux politique et social pourrait inquiéter, l'analyse risque, livrée par l'organisme britannique, est loin de rassurer sur la situation économique qui prévaut en Algérie. Dans ce sens, EIU met en évidence un certain nombre de risques pesant sur l'Algérie, à l'image des défis auxquels devra faire face, désormais, le secteur des hydrocarbures au lendemain de l'attaque du site gazier de Tiguentourine, laquelle ne peut en aucun cas refléter l'existence d'une menace sérieuse. Cependant, des changements structurels des marchés du pétrole et du gaz pourraient constituer un défi sérieux. Des éléments d'autant plus importants pour un pays qui, dans un environnement économique mondial incertain, est fortement exposé à la crise en zone euro et reste inexorablement dépendant de ses revenus issus de l'exportation des hydrocarbures. Ainsi, le think tank britannique rappelle la dépendance chronique du budget de l'Etat des recettes des hydrocarbures. Il estime ainsi qu'une hypothétique baisse des exportations de pétrole vers les Etats-Unis ou une faible demande de gaz en Europe sont les principaux risques pesant sur les revenus du gouvernement. D'autant plus que celui-ci devra faire des concessions afin d'éviter l'instabilité. L'augmentation des dépenses budgétaires est donc probable, ce qui pourrait entraîner des prélèvements sur le fonds de stabilisation, soit le Fonds de régulation des recettes (FRR). L'Algérie pourra faire face à l'imprévu, mais... Cependant, tout n'est pas noir et négatif pour autant. Le fait est que le FRR, alimenté par les recettes pétrolières, pourra permettre à l'Algérie de faire face. L'organisme britannique estime ainsi que les fonds de stabilisation sont substantiels et dépassent de loin le volume des engagements extérieurs de l'Algérie. Ces derniers permettraient à l'Algérie de rembourser ce qui reste de sa dette en un seul versement, même dans le cas d'une récession de longue haleine. Pour autant, The Economist Intelligence Unit ne prévoit pas de déficit du compte courant de l'Algérie, du moins à l'horizon 2017. Ainsi, le think tank attribue au risque souverain et au risque global pays de l'Algérie la note BB. Une note qui reflète, selon l'organisme, ses prévisions concernant les recettes pétrolières de l'Algérie qui dépasseront les niveaux prévus par les budgets en 2013 et en 2014. Ce qui permettra au gouvernement de couvrir ses engagements de dépenses de manière confortable et d'alimenter le FRR. Cela reste néanmoins tributaire du fait que le budget de l'Etat devrait faire face à un léger déficit fiscal sur la période 2013-2017 et que les revenus de l'Etat demeurent sensibles aux fluctuations des prix du pétrole et du gaz. L'organe de The Economist et du Financial Times pense ainsi s'attendre à une hausse des importations de biens et services nécessaires pour le programme d'investissements publics ainsi qu'à une croissance moyenne du PIB sur la période précitée de 3,5% par an. Ce qu'il considère comme étant une faible performance au regard du potentiel et du confort que garantissent les finances du pays. De faibles performances expliquées par le think tank par la faiblesse des investissements privés. Il est utile de rappeler, à ce titre, que EIU considère depuis quelques mois que la bonne rentabilité des prix du pétrole affaiblit la volonté du gouvernement d'imposer des réformes vitales, tout comme la solidité de la position financière diminue l'incitation à stimuler l'investissement direct étranger.  

El Watan

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