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La grande confusion

Il est à Alger, il est toujours à Paris. La presse française cherche toujours à savoir où se trouve réellement le président algérien, donnant aux lecteurs le sentiment que Abdelaziz Bouteflika possède le don d'ubiquité. Paris. De notre correspondant Les chaînes d'information en continu BFM TV et France 24 ainsi que la radio Europe1 sont des plus affirmatives : Abdelaziz Bouteflika est toujours hospitalisé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Et de citer le Quai d'Orsay. Or, contacté par El Watan, le Quai d'Orsay dément catégoriquement. «Nous nous en tenons à notre ligne de conduite, il ne nous appartient pas de communiquer sur l'état de santé du président Bouteflika.» En langage diplomatique, cela veut dire que ce n'est pas à la France de donner le bilan de santé d'un président étranger. En clair : c'est aux autorités algériennes de communiquer comme elles l'entendent. Et c'est Hichem Aboud, le directeur des journaux interdits de parution samedi, qu'on entend sur les chaînes de télévision. Au présentateur de France 24 qui lui dit que selon ses sources au Quai d'Orsay, le président algérien se trouverait toujours à Paris, la nouvelle star médiatique lui rétorque sèchement : «L'Algérie est un pays souverain, qui a ses institutions, c'est à la Présidence de communiquer. Pourquoi doit-on attendre que le Quai d'Orsay le fasse ? Le Quai d'Orsay n'a pas réagi officiellement.» De la confusion au chaos : mais où est donc passé Abdelaziz Bouteflika ? «La culture de l'opacité qui prévaut dans la maladie de Abdelaziz Bouteflika n'est pas une nouveauté dans la politique algérienne. Le manque de transparence politique est aussi vieux que l'Algérie indépendante. Probablement parce que ceux qui ont pris le pouvoir dans le pays en 1962 étaient des militaires issus des maquis. Et que le culte du secret y était une question de survie», explique Mireille Duteuil dans Le Point. Et de conclure : «Il est vrai que cette pratique est assez habituelle s'agissant des chefs d'Etat, même dans des pays démocratiques. François Mitterrand n'avait jamais officiellement admis son cancer, pas plus que Georges Pompidou avant lui. Alors, balayons devant notre porte.» La presse française semble avoir tourné la page Bouteflika. «Sans nouvelle de l'état de santé du Président, les prétendants à sa succession se mettent en ordre de bataille», croit savoir Le Figaro. En partant de ce constat : «Dans le premier cercle du Palais, les fidèles comme le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ou le conseiller de la présidence, Kamel Rezzag-Bara, ont toutes les peines à convaincre que le chef de l'Etat''se porte bien', qu'il 'suit en permanence les dossiers et questions d'intérêt national', ou que 'ceux qui réclament l'article 88 cherchent à faire un coup d'Etat médical''», dixit le ministre de l'Aménagement du territoire, Amara Benyounès. En attendant des informations d'El Mouradia, la confusion continue de régner. Et toutes les rumeurs sont possibles.  

El Watan

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