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Elections présidentielles : AVANCER CONTRE VENTS ET MAREES

Le Premier ministre réaffirme la détermination des autorités de la transition à aller vers des élections réussies et à bonne date. C'était lors de sa visite hier à la DGE et à la CENI 

Tenir les élections présidentielles en fin juillet (le 28 ?) relèverait de l'exploit. Mais le défi doit être relevé car les autorités de la transition en ont fait un point d'honneur. Pour y arriver, tout est mis en ½uvre, bien que les conditions sécuritaires demeurent le talon d'Achille du processus électoral.

A c½ur vaillant, rien n'étant impossible, la Délégation générale aux élections (DGE) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) travaillent d'arrache-pied pour respecter le calendrier électoral. Si le Premier ministre Diango Cissoko s'est rendu hier dans les locaux des deux structures, c'est justement pour réaffirmer la détermination des autorités de la transition à aller vers des élections réussies et à bonne date.

Le PM, assisté de son cabinet, s'est d'abord rendu à la DGE où il a été rassuré par la disponibilité d'une équipe dynamique et professionnelle. Administrateurs, informaticiens et personnel d'appui s'évertuent sans répit à finaliser la liste des électeurs potentiels. Il s'agit d'un total de 6 877 449 électeurs potentiels dont 3 437 928  femmes directement tirés du Ravec. Ces chiffres varieront en fonction des radiations. Le chef du gouvernement a pu visiter les grandes salles dans lesquelles de grosses machines étaient en train de photocopier les listes des électeurs potentiels. D'autres salles sont remplies de cantines destinées au conditionnement des documents à expédier à travers le pays.

Auparavant, le délégué général aux élections, le général Siaka Sangaré, a rappelé que les élections se tiennent dans un environnement très particulier. Lui qui est un spécialiste reconnu des questions électorales a relevé certains défis. Il a évoqué la nécessite de sécuriser le processus électoral dans tous les bureaux de vote. Le renforcement de la confiance des acteurs politiques et des citoyens ainsi que la mobilisation des électeurs pour améliorer le taux de participation sont autant d'autres défis à relever. Sans oublier, bien entendu, le toilettage du fichier électoral biométrique qui contient en ce moment certains défauts à corriger. Il y a aussi tout ce qui contribue à une gestion transparente du scrutin.

Cette fois-ci, point de carte électorale comme nous en avons l'habitude. Chaque électeur aura une carte NINA qui sera établie en fonction de la liste définitive des électeurs potentiels. D'où l'intérêt de s'assurer que cette liste est complète et que les noms de tous les citoyens en âge de voter y figurent. Le handicap majeur de cette liste est qu'elle ignore les jeunes qui ont aujourd'hui 18 ans. Or, ils ont droit au vote. Mais cette défaillance ne peut être réglée, faute de ressources et surtout de temps.

« Le fichier contient des insuffisances que nul ne peut corriger avant le 28 juillet », a réagi le PM invitant à une bonne concertation avec la classe politique. Au chapitre des lacunes, il faut noter la mauvaise sectorisation des quartiers et des centres, le faible niveau des électeurs à l'étranger et surtout la présence des doublons. En parfaite connaissance de cause, le délégué général aux élections a promis de corriger toutes ces lacunes avant la publication définitive des listes électorales.

Pour être efficace, la DGE s'est dotée d'un logiciel de gestion du fichier électoral. Elle a acquis un matériel adéquat de stockage des données et recruté un personnel informaticien qu'elle est en train de former. Le travail est extrêmement délicat : les réfugiés campés à l'extérieur du pays doivent être transférés. Ce travail nécessite non seulement un déplacement sur les différents sites, mais aussi une maitrise parfaite du logiciel de gestion.

 

UNE BONNE COMMUNICATION. L'impression des listes prendra fin le 25 mai. Ensuite, elles seront transmises à l'administration territoriale. Le général Siaka Sangaré s'est engagé, avec l'accompagnement de son équipe, à tout mettre en ½uvre pour réussir cette tâche. L'arbre ne doit pas cacher la forêt, a cependant averti Siaka Sangaré en évoquant des difficultés de transport, certains marchés de fourniture d'ordinateurs portatifs en panne d'exécution et aussi le faible crédit de fonctionnement. En définitive, la DGE tient son calendrier. Félicitant l'équipe pour son professionnalisme, le Premier ministre a indiqué que « toutes les dispositions doivent être faites pour que cette date soit tenue ».

Pour le cas de la discrimination des jeunes de 18 ans, Diango Cissoko a expliqué qu'il s'agit « d'une situation indépendante de toute volonté » et « de raisons techniques ». Il a, par conséquent, préconisé « une bonne communication ». La mobilisation des électeurs est un autre défi, insiste le PM : « quand tout le monde est au chevet du Mali, il est bon que les Maliens participent au choix de celui qui doit conduire les destinées de notre pays ». Il promet par ailleurs qu'il fera « tout pour que le scrutin soit crédible et transparent ».

Cacher les insuffisances du fichier biométrique est, de son point de vue, une terrible erreur. Au contraire, il faut les expliquer aux partis politiques et aux citoyens de la base pour que tout le monde soit averti. Pour ce qui est du matériel, point de soucis à se faire. Le chef du gouvernement promet d'y apporter les solutions dans les meilleurs délais, sans même attendre les PTF qui ont fait des promesses. Idem pour les véhicules et les ordinateurs portables. Diango Cissoko veut aller vite et bien car « il n'y a plus de temps à perdre ». Il faut que les délais soient tenus », lance-t-il avant de quitter la DGE installée dans l'aile gauche de l'immeuble de l'AGETIC.

Cap sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Korofina-Nord. Dans leur salle de conférence, à l'étage, son président Mamadou Diamoutani, explique au PM que sa structure est en train de travailler à mettre à niveau ses 775 démembrements totalisant 4600 membres. « La CENI est en bonne voie pour tenir les élections le 28 juillet 2013 », a indiqué Mamadou Diamoutani qui assure que les 25 000 délégués seront bientôt recrutés et formés. Il ajoute aussi préparer l'arrivée des observateurs internationaux. Au plan financier, aucune difficulté, a-t-il notifié avec satisfaction.

Ici aussi, Diango Cissoko a livré un message d'encouragement et de fermeté en commençant par préciser que la date du 28 juillet ne sera officielle que lors que le Conseil des ministres l'annoncera. Et ce sera pour bientôt, a t-il laissé entendre. « Nous serons à vos côtés pour vous aider à surmonter toutes les difficultés », a promis le chef du gouvernement qui a réitéré la détermination des autorités de transition à honorer leurs engagements ». Aussi s'engage-t-il à améliorer la qualité de la coopération entre la CENI et le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales et de l'Aménagement du Territoire.

Parlant de Kidal, Diango Cissoko a promis que les élections auront bel et bien lieu dans cette partie de notre pays. « Des dispositions sont prises à cet effet », affirme-t-il avec autorité en précisant que « les élections ne sont qu'une étape » et que « la sécurisation, elle, est une ½uvre de longue haleine ».

A. M. CISSE

 

 

L'essor

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