mis à jour le

Création et paix : L’ENSEMBLE INSTRUMENTAL

Les artistes de l'Ensemble instrumental national stigmatisent quatre éléments à la base de la grave crise qui secoue notre pays depuis plus d'un an : le racisme, l'intégrisme religieux, la politique et la corruption. Pour exorciser ces maux ils ont proposent une série de productions audiovisuelles qui passent actuellement sur l'écran de l'ORTM. Les saynètes créées par le Kotéba national, qui s'est aussi inspiré de la crise sont succulentes, instructives. Toutes ces belles ½uvres culturelles construisent dans l'esprit des Maliens «  des remparts pour la paix » « A ka bin », « Son tan na », « Binbalya magni » et la « Paix ». Tous ces morceaux évoquent la paix, l'entente, la cohésion sociale. Ils sont chantés sur des créations, explique Moussa Mariko, le directeur artistique de l'Ensemble. « Nous avons évité de reprendre des rythmes traditionnels connus, pour que cela ne ressemble pas à du déjà entendu. Car dans ce genre de situation, la création est l'option la mieux indiquée. Dans « Anka bin », l'Ensemble instrumental estime que la guerre, des affrontements meurtriers ne conduiront jamais à la paix. A un moment, même les vainqueurs et les vaincus seront obligés de s'asseoir à la table de négociation. La discussion, le dialogue sont les seuls arguments pour sceller définitivement la paix. Les artistes maliens chantent qu'il est temps de se parler entre différents protagonistes maliens. Dans le morceau intitulé « Binbalya magni », les artistes ont estimé qu'il était temps de s'inspirer de l'exemple des pères de l'indépendance africaine et de magnifier l'intégration africaine. La création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) s'est faite en 1963 lors du sommet d'Addis Abeba. Etaient présents notamment les chefs d'Etat Moctar Ould Dada, Hamani Djori, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët Boigny, Ahmed Sékou Touré, Maurice Yaméogo, Ben Bella et même Modibo Kéïta. Ces visionnaires se sont engagés pour que l'Afrique soit unie et parle d'une seule voix. Quant à « Sontana », il magnifie l'engagement pour l'unité, l'entente afin de préserver l'intégrité territoriale de notre cher Mali. Le dernier morceau est entièrement chanté en sonrhaï. En effet, on ne peut pas prôner le dialogue, l'entente, la cohésion en chantant seulement en Bambara. Il fallait donc faire la synthèse de tout ce qui a été chanté et le traduire dans la langue comprise par la majorité des Nordistes. Trois saynètes du Kotèba ont respectivement pour titre : « L'amalgame », « La Cohabitation » et le « Mali, Un et Indivisible ». L'objectif, indique Martin Tiénou le directeur artistique, est de participer à la sensibilisation du grand public sur les effets de la crise que nous vivons. Il faut rappeler l'importance du drapeau national ; l'intérêt de vivre ensemble et surtout l'appartenance à un même pays. Toutes ces productions, ne sont pas commercialisables. Elles sont directement enregistrées en vidéo par l'ORTM. Leur diffusion sur la chaîne nationale permet d'atteindre un large public. Elles constituent la contribution de la direction du Palais de la culture Amadou Hampaté, qui gère ces formations nationales, à l'effort de recherche de solution à la crise généralisée, indique Boubacar Hama Diaby, le directeur général de cette structure. Si l'art ne peut résoudre comme une baguette magique ces maux qui minent notre pays, il peut largement permettre d'atténuer les effets. Les élections présidentielles auront lieu en juillet prochain. Elles constitueront un moment important de sensibilisation. D'autres sketches seront diffusés par le Palais de la culture. Enfin, une grande création théâtrale est en préparation sur le thème de la crise du nord. Elle sera jouée après les élections.

Y. D.

Architecture de terre de Kidal : UN MODELE D'ADAPTATION A L'ENVIRONNEMENT

Dans l'Adrar, depuis des millénaires cette technologie est la solution appropriée pour l'habitat dans les régions sahariennes à faible précipitation

Dans le nord-est du Mali, des cités berbères comme Es Souk et Kidal ont prospéré entre le 8è et le 17è siècle. Le commerce était l'activité principale. Il était florissant. Après avoir longuement pratiqué l'art rupestre dans les grottes, les habitants ont par la suite commencé à construire avec du banco et des pierres. Cette information a été donnée récemment par Jean Pierre Tita, ancien chef de la mission culturelle d'Es Souk au cours d'une conférence – débat. Organisée par la Direction nationale du patrimoine culturel, cette conférence avait pour thème : « Les défis de la conservation de l'architecture de terre au Mali. » Dans l'Adrar, depuis des millénaires l'architecture de terre est présente et sa conservation a évolué suivant le temps. Cette architecture est encore la meilleure solution appropriée pour l'habitat dans les régions sahariennes à faible précipitation comme Kidal, estimait le conférencier. Sa protection extérieure fait appel à de nouveaux matériaux qui contribuent à l'isolation thermique des locaux. Des constructions coloniales en terre de près d'un siècle tiennent bon, presque sans lézardes, alors que les édifices en ciment très récents, se fissurent de toutes parts, risquant de s'écrouler à tout moment. Les principaux matériaux de construction sont: la pierre, la terre, le bois, la paille et l'eau. D'autres produits locaux comme l'ocre dérivés de la terre sont utilisés dans l'habitat. Le matériau de base dans la construction est le banco: mélange d'adobe et de sable. Les maisons sont grandes. Les pièces sont souvent organisées autour d'un salon central de sorte que le contrôle des chambres d'une pièce à une autre soit facile. La cuisine se fait dehors. L'Adrar est riche en carrières de terre ocre. En plus de ses propriétés ésotériques et médicales, la terre ocre est utilisée depuis l'antiquité, pour atténuer les méfaits dévastateurs des rayons solaires. Elle permet à la peau du visage et à la peau du velum de la tente, de conserver leur souplesse et leur fraîcheur. Elle est appliquée sur le mur pour l'isolation thermique et l'esthétique. Les fouilles archéologiques de 2004-2005 d'Es-Souk nous révèlent que les ruines des cités médiévales de l'Adrar datent de la moitié du 8ème au 17ème siècle. C'est une architecture de pierre avec un liant de terre qui sert d'isolant thermique. Les murs relativement épais: 60 à 80 cm, ont leurs ouvertures orientées vers le sud ou le nord, en évitant les façades ouest-est trop exposées aux rayons solaires. Un patio est prévu à la rentrée principale protégeant les habitats intérieurs des buées extérieures de chaleurs et de froid. Les fenêtres sont petites et basses, pour atténuer les courants d'air poussiéreux, froids ou chauds de ce climat aux amplitudes thermiques élevées. Les architectes du Moyen Âge ont tenu compte de l'environnement physique propre à l'Adrar et s'y sont s’adaptés. Les colons français tenant compte du passé historique et culturel des constructions médiévales, ont construit en utilisant les matériaux locaux combinés aux styles et techniques européennes. Les murs sont épais avec des pierres taillées aux jointures d'adobe; les ouvertures sont bien orientées toujours à l’ombre. La présence du patio et de la galerie périphérique procure aux salles intérieures de la fraîcheur durant la canicule, de la chaleur durant la saison froide, et très peu de poussières durant les multiples passages des tourbillons des tornades sahariennes. Les pierres extérieures des murs jointes en ciment protègent surtout de la pluie. Les toitures en terrasse hautes faites de tôles ondulées sur IPN sont recouvertes de terre battue avec une épaisseur suffisante servant d'isolant thermique. La réalisation des fondations des bâtiments en pierres jointes au mortier de ciment tient compte de la nature du sol et du poids de la structure.

Y. DOUMBIA

L'essor

Ses derniers articles: Mopti : Transport de viande, un casse-tête sanitaire  Promotion de la femme : RACHELLE DJANGONE MIAN S’EN VA  Sécurité alimentaire : DES CEREALES A 

création

AFP

Radicalisation: Hollande pour la création d'un réseau francophone

Radicalisation: Hollande pour la création d'un réseau francophone

AFP

Côte d'Ivoire: Le président Ouattara annonce la création d'un poste de vice-président

Côte d'Ivoire: Le président Ouattara annonce la création d'un poste de vice-président

AFP

Electricité: création d'une vaste co-entreprise pan-africaine

Electricité: création d'une vaste co-entreprise pan-africaine