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Dégradation de l'axe routier Tenkodogo –Cinkansé : A qui la faute ?

Le tronçon Tenkodogo- Cinkansé long de 104 km, est situé sur l'axe Ouagdougou- frontière du Togo. C'est tout naturellement un axe très fréquenté, en particulier par les camions de transport de marchandises. Si jusqu'au 8 mai dernier où nous l'empruntions, il était encore fréquenté 24h/24, il ressort du constat qu'il est difficilement praticable ; en particulier sur sa dernière manche reliant les villes de Bittou et Cinkansé. Serait-ce dû aux surcharges de camions, à la construction de la route qui aura été peu sérieuse, ou à son utilisation déplacée ?

Depuis quelques années, le trafic portuaire de notre pays ainsi que d'autres pays limitrophes, transite en grande partie par Cinkansé. Ce qui fait de la route reliant cette ville frontalière, une véritable « route économique ».

Malheureusement, cette route se trouve dégradée au point qu'à certains endroits, le passage devient pratiquement impossible aux conducteurs non habitués. En effet, plus que des « nids de poule » que l'on peut éviter avec un peu de vigilance, ce sont de véritables trous de grandes dimensions qu'on a sur cette route. Pire, par endroits, le goudron a complètement disparu sur des distances non négligeables.

Pourtant, c'est un axe routier assez important pour l'économie de notre pays. De ce fait, son état assez praticable doit constituer une préoccupation majeure. Mais ce ne semble pas être le cas, quand on sait que cette situation déplorable ne date pas d'aujourd'hui.

Mais pourquoi en est-on arrivé à là ?

La dégradation d'une voie bitumée peut tenir -sans avoir la prétention de raisonner en spécialiste- au fait qu'elle n'ait pas été sérieusement construite. La réalisation de route d'une telle fréquentation doit respecter des normes de qualité des matériaux utilisées avec une rigueur professionnelle excluant toute complaisance.

Mais les circuits tortueux d'attribution des marchés en la matière font que les entreprises retenues pour le travail versent quelques fois des dessous de tables à ceux-là mêmes qui doivent exiger un ouvrage qualitativement réalisé. Du coup, nos entreprises dont la plupart manquent encore des capacités avérées, réalisent, avec le souci légitime d'engranger des bénéfices, ce qu'elles auront pu. Et c'est dans de telles conditions que nos routes sont construites. Leur dégradation ne peut donc tarder, quand on sait que le respect de la charge à l'essieu est aussi foulé au pied par les transporteurs.

Au sein de l'espace UEMOA en effet, une Résolution N° 14 impose le respect de la charge à l'essieu ; ce qui fonde la traque aux surcharges. Mais au constat, les surcharges sont encore lésion. Que ce soit les transports de marchandises ou de personnes, les surcharges sont fréquentes. Pire, avec les transports mixtes (marchandises et personnes), des personnes se retrouvent perchées sur des marchandises.

Que de questions !

Les transporteurs, sont-ils plus rusés que les douaniers et policiers postés à presque chaque 10 km et chargés de l'application de cette Résolution ? Ou bénéficient-ils, moyennant désintéressement, de la complicité de ces agents qui, très souvent, jouent leurs rôles dans un intérêt autre que celui supérieur de la nation ?

Il est clair que quelque part, il y a du laisser-aller frauduleux guidés par des intérêts purement individuels.

Le tronçon routier Bittou-Cinkansé, long de 39 km, est-il utilisé contrairement à sa destination ? Autrement dit, y' a-t-il des gens qui empruntent cet axe en décollant expressément la bitume ou en posant délibérément d'autres actes n'entrant dans le cadre de son utilisation normale ?

La question se pose, eu égard à l'état particulièrement dégradé par rapport au tronçon d'avant Bittou, à partir de Tenkodogo. C'est à ce niveau que la dégradation de l'axe est d'une extrême gravité.

Bien évidemment, les transporteurs, de marchandises en particulier, ne serait-ce que parce qu'ils sont fréquents sur l'axe, participent de sa dégradation. Mais, nos autorités en sont les premiers responsables, en ce que non seulement nos gouvernants manquent et de la vision et de la loyauté, mais aussi nos forces de contrôle n'hésitent à sacrifier l'intérêt supérieur de la nation sur l'hôtel d'intérêts individuels d'ailleurs frauduleux.

En plus du fait qu'il est temps que nos gouvernants aient de la vision dans la réalisation des infrastructures, routières notamment, il importe que la complaisance soit mise de côté par respect pour les générations futures de qui nous empruntons la terre et qui ont le droit de vivre mieux.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le Faso

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