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Bouteflika convalescent selon Alger, interrogations sur l'avenir du pays

ALGER (AFP) - (AFP)

Les autorités algériennes ont dénoncé lundi les "fausses" informations publiées sur l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en France depuis plus de trois semaines, affirmant que son pronostic vital n'a jamais été engagé et qu'il se reposait.

"Après avoir subi des examens médicaux à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, le président de la République, dont le pronostic vital n'a jamais été engagé et qui voit son état de santé s'améliorer de jour en jour, est tenu, sur recommandation de ses médecins, d'observer un strict repos en vue d'un total rétablissement", selon une déclaration du Premier ministre Abdelmalek Sellal, citée par l'agence APS.

"La maladie du président Bouteflika ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir", affirme encore M. Sellal dont c'est la première déclaration depuis le 11 mai sur la santé du chef de l'Etat, âgé de 76 ans et déjà soigné en 2005 pour "un ulcère hémorragique à l'estomac", à l'hôpital du Val-de-Grâce.

Le Premier ministre a réitéré, comme le 11 mai, qu'"en convalescence en France, le président de la République suit journellement les activités du gouvernement, en attendant son retour" en Algérie.

De Paris, aucune information n'a filtré sur l'état de santé du président hospitalisé depuis le 27 avril, les autorités françaises considérant qu'il appartient à l'Algérie de communiquer sur la santé de son président.

M. Sellal s'en est pris "à certains médias étrangers" qui, en diffusant "de fausses informations concernant le président" et "les institutions républicaines", visent en fait l'Algérie "dans ses fondements républicains, son développement et sa sécurité".

En l'absence d'informations officielles sur la santé du chef de l'Etat, des informations publiées ces derniers jours en France et en Algérie faisaient état d'une aggravation de son état de santé touchant ses centres vitaux.Il a même été indiqué qu'il serait dans un "état comateux".

Ce black-out a relancé de plus belle les conjectures dans la perspective de l'élection présidentielle prévue dans moins d'un an.

Ces derniers jours, les appels se sont multipliés dans la presse en vue de l'application de l'article 88 de la Constitution sur une procédure d'empêchement du président.

L'avocat Ali Yahia Abdennour, un chef historique de l'opposition, a appelé M. Bouteflika à "passer la main", jugeant que la maladie rendait "indispensable son retrait" après 14 ans au pouvoir.

"La lutte pour la succession est ouverte, mais tout est bloqué.Aucune initiative n'est prise", a jugé lundi cet infatigable défenseur des droits de l'Homme de 92 ans, dans un entretien à El-Watan.

Le chef du Parti El-Fadjr el-Jadid, Tahar Benbaïbèche, a déploré une situation sans précédent : "L'Algérie n'a jamais connu une situation comme celle-là depuis l'indépendance", il y a presque 51 ans.

Dans le camp présidentiel, le Front de Libération Nationale (FLN) premier parti de l'Assemblée nationale avec 208 députés sur 462, la prudence est de mise.

"Nous sommes encore dans la gestion de la situation née de la maladie du président", souligne Kassa Aïssi, porte-parole du FLN.

"Soit le président est en mesure de poursuivre sa mission, soit il ne peut pas et on sera dans une nouvelle dynamique à ce moment-là", ajoute M. Aïssi.Nombre de partisans du FLN et de partis alliés voulaient avant son hospitalisation voir le président Bouteflika repiquer pour un 4e mandat au scrutin d'avril 2014.

Preuve pour certains qu'on est entré en campagne bien avant l'hospitalisation du président : la presse s'est emparée depuis des semaines des scandales de corruption qui secouent en Algérie les proches de M. Bouteflika.

Même son frère, Saïd, devenu son conseiller à la présidence, a été cité.Et un autre proche aussi, l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, dans un scandale international de corruption au sein de la société nationale des hydrocarbures Sonatrach.

Sur le terrain social, les grèves ont repris récemment et dans le sud du pays, ce sont maintenant des milliers de chômeurs qui réclament haut et fort un emploi, un logement, un avenir que pourtant Abdelaziz Bouteflika avait promis meilleur en lançant toute une série de réformes dont la dernière, constitutionnelle, est en cours d'élaboration.

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