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La Tunisie interdit les sites pornos

Le Tribunal de première instance de Tunisie a prononcé le 26 mai 2011 un jugement en référé à l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), ordonnant la fermeture de tous les sites à caractère pornographique, à la suite de plaintes déposées par trois avocats, indique Mosaïque FM.

La radio tunisienne organisait à l'occasion un débat entre les représentants de deux conceptions de la liberté numérique: Ahmed Ben Hassena, l’un des trois avocats, et l’avocat et blogueur du site Nawaat. Pour Ben Hassena, ces sites n’entrent pas en conformité avec les valeurs musulmanes et représentent qui plus est un danger pour les mineurs. Son interlocuteur du site Nawaat, qui s’est illustré comme l’un des plus ardents défenseurs de la liberté d’expression et de la lutte contre la censure numérique, a simplement déclaré qu’on touchait à une fragile liberté d’expression.

L’ATI, présidée par Moez Chakchouk, se défend de perpétuer les méthodes de censure du régime de l'ex-président Ben Ali. «Le filtrage reste un terme technique», explique-t-il dans une interview accordée au site Tunisivisions.

On apprend dans cette même interview datée du 16 mai 2011 que l’agence s’est fixée quatre catégories de sites à «filtrer»: les sites de haines ou de violences, les sites politiques anarchiques ou autres, les sites sur la famille de Zine el-Abidine Ben Ali, et enfin les sites pornographiques.  

Après la Révolution, l’agence avait déverrouillé tous les sites interdits sous Ben Ali, sites pornographiques compris.

Selon le site Alexa.com, cette liberté numérique a entraîné l’augmentation du trafic sur ces sites pour adultes, qui s'est multiplié jusqu’à ce que 7 de ces sites apparaissent dans le top 100 des sites les plus consultés en Tunisie.

Lu sur Mosaïque FM