SlateAfrique

mis à jour le

L'argent de Kadhafi prospère en Occident

Fort de sa rente pétrolière, le régime de Mouammar Kadhafi en Libye avait beaucoup d’argent à placer et savait sur qui compter: un rapport interne de la Libyan Investment Autority (LIA), un fonds souverain libyen, indique la ventilation des placements de 53 milliards de dollars (37,5 milliards d'euros). Créée en 2006, la LIA est, avec 70 milliards de dollars de titres le 13e fonds souverain au monde. Elle était sous le contrôle du colonel Kadhafi.

Le document, daté de juin 2010 (PDF) et révélé par l’organisation Global Witness montre que le gratin de la finance occidentale recèle d’avoirs détenus par la LIA dans des comptes bancaires et des produits financiers. Tous ces avoirs sont désormais gelés depuis les sanctions imposées par l’Union européenne et les Etats-Unis.

Parmi les principales banques occidentales, on trouve HSBC, Royal Bank of Scotland, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Nomura et Société Générale.

HSBC dispose d’une dizaine de comptes de la LIA d’un montant total de 293 millions de dollars, et la même somme dans des hedge funds, des fonds spéculatifs. 43 millions de dollars répartis dans trois comptes sont chez Goldman Sachs. Environ 4 milliards de dollars sont placés dans des fonds d’investissement et des produits financiers, dont 1,8 milliard de dollars chez Société Générale. La banque japonaise Nomura et la Bank of New York détiennent chacune 500 millions de dollars de la LIA.

Le même document révèle que la LIA détient des milliards de dollars d’actions dans des multinationales comme General Electric, BP, Vivendi et Deutsche Telekom.

Pour Global Witness, les banques ont le devoir de révéler au peuple libyen les détails de ces avoirs qui leur appartiennent. Mais BBC News indique que «toutes les banques se refusent à tout commentaire sur les fonds reçus et gérés pour le compte de la LIA en vertu du secret bancaire.»

Au-delà des sanctions, Global Witness insiste sur deux impératifs auxquels devraient se plier les banques en question: d’une part, les banques et sociétés d’investissement doivent rendre public les fonds d’Etat dont elles disposent; d’autre part, les organes de régulation bancaire doivent vérifier que les fonds d’Etat libyens n’aient été transférés sur des comptes privés du colonel Kadhafi et ses acolytes.

Lu sur Global Witness, BBC News