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Élection présidentielle de juillet 2013 : Le déblocage des fonds des donateurs subordonné au choix d’un président intègre au passé limpide

La détermination des acteurs majeurs de la société à ne pas élire n'importe quel Président de la République en juillet 2013

A titre illustratif, nous notons quelques déclarations et prises de position de certains acteurs majeurs des forces vives de la nation Malienne ; le leader religieux Chérif Ousmane Haidara lors de la cérémonie d'ouverture du 2ème congrès de l'association Ançardine déclarait sans ambages: «... on ne laissera pas n'importe qui diriger le Mali.»
Dans la même veine, le crédible ministre de la justice garde des sceaux, dans le rapport de présentation de l'avant projet de loi portant répression de l'enrichissement illicite enfonçait le clou en ces termes : «la délinquance financière et économique constitue une menace pour la stabilité et la sécurité des sociétés, en sapant les institutions et les valeurs démocratiques, les valeurs éthiques et la justice, et en compromettant le développement durable et l'état de droit. Elle précarise toutes les perspectives du développement économique et sape la confiance dans le système institutionnel...».
Se prononçant sur l'état de notre pays, Soumana Sacko ancien Premier Ministre a martelé : «le Mali est dans un trou, nous savons ceux qui l'y ont mis».
A son tour, l'Honorable Konimba Sidibé, ancien ministre Contrôleur Général d'Etat sous la transition de 1991 – ayant capitalisé une expérience certaine dans la lutte contre la mauvaise gouvernance -, un des rarissimes députés à avoir constamment dénoncé les travers de la gouvernance ATT – de 2002 à la chute du régime, à travers de multiples interpellations du gouvernement -, et dont l'intégrité et la compétence ne souffrent d'aucun doute, entend ne rien ménager pour combattre la mauvaise gouvernance «... nous prônons un nouveau leadership politique fondé sur les vertus du travail, la bonne gouvernance et la justice sociale...».
Quant à l'honorable Ibrahim B. Keita, il lance un appel aux valeureux fils du pays afin qu'ils se retrouvent pour reconstruire le Mali.
Pour le Professeur Aly N. Diallo, une des figures emblématiques du mouvement démocratique Malien – avec son parler franc légendaire -, a toujours fait du combat contre la pègre son crédo.
S'agissant de la conférence internationale des donateurs, pour le Mali, réunis à Bruxelles, à l'initiative de la France et de l'Union Européenne, elle n'a pas manqué de poser des conditions de rigueur, de transparence et de bonne gouvernance pour la mobilisation de la manne financière de plus de 3 milliards d'euros promise pour la reconstruction de notre pays. Si ce pactole dépasse largement les prévisions escomptées, il ne demeure pas moins important de rappeler que son décaissement sera subordonné à des conditions rigoureuses et à des préalables nécessaires dont l'organisation de l'élection présidentielle à la date prévue par nos autorités.
- En insistant sur la transparence et la promotion de la bonne gouvernance, les donateurs exigent l'élection d'un Président de la République vertueux :
Au-delà de l'organisation de l'élection présidentielle, les donateurs, s'ils ne procèdent pas au choix du futur Président – n'étant pas des électeurs -, ils ne demeurent pas moins incontournables dans le processus dans la mesure où c'est une lapalissade que de soutenir que les généreux donateurs ne se soulageront point de tant de fortunes entre les mains de n'importe quel Président élu.
Dès lors, il est important de passer en revue le parcours des futurs candidats, leur background en termes de gouvernance pour ne pas commettre «le crime de lèse majesté» de priver notre pays d'une telle assistance indispensable à sa survie.
Pour ce faire, il revient aux intellectuels de jouer leur rôle de sensibilisation et d'éducation civique car démocratie rime avec un minimum d'instruction civique permettant d'appréhender les enjeux de la chose publique.
- La sensibilisation des citoyens autour des critères de bonne gouvernance tant par la majorité silencieuse des citoyens que par les partenaires donateurs :
A y regarder de près, l'on ne saurait parler de démocratie lorsque le citoyen ne dispose pas du minimum d'éducation civique lui permettant d'appréhender l'enjeu politique ; eu égard au taux d'alphabétisation très faible dans notre pays, une frange importante de l'électorat effectue son choix sur la base de critères puérils, dérisoires voire farfelus (beauté, charisme, éloquence  du candidat ...)
Curieusement, les soit disant grands partis politiques retiennent tout comme critères de choix de leurs candidats à l'élection présidentielle – militantisme, engagement pour la cause du parti, prestance ...- sauf la probité, la rigueur et la compétence.
Dans ces conditions troubles, il revient aux intellectuels honnêtes d'aider le peuple à procéder au choix du meilleur candidat sur la base de critères objectifs, et non de mener en bateau les citoyens aux seules fins de préservation de prébendes individuelles.
- Le choix du Président de la République dépasse les colorations politiques :
A notre humble avis, dans le contexte de décrépitude de notre pays où tous les secteurs de la vie socioéconomique sont touchés par la mal gouvernance, il est indispensable de sortir du cadre des partis politiques pour opérer le meilleur choix.
Il est évident que les cadres honnêtes et intègres se recrutent dans toutes les formations politiques, mais malheureusement, du fait de la déviance démocratique dans notre pays – l'argent étant le seul critère d'émergence dans la plupart des formations politiques -, ces meilleurs cadres n'ont souvent pas voix aux chapitres.
Une prise de conscience s'impose donc à tous ces cadres valeureux du pays afin qu'ils saisissent l'opportunité de doter notre pays d'institutions crédibles à travers le choix du futur Président de la République.
L'on ne rend pas service à son pays en cautionnant le choix de n'importe quel candidat par son parti politique – au nom d'une hypothétique fidélité ou loyauté au parti – au motif de se ranger derrière les résolutions d'une quelconque structure ad hoc, alors même que l'on a conscience de l'enjeu du scrutin, du parcours et de la moralité des candidats en lice.
Est-il besoin de rappeler que le Président de la République est la première institution de la République, et qu'il devrait être un homme ou une femme au parcours irréprochable pour l'image de marque du pays, pour le respect du peuple et pour la justice sociale.
- Afin d'éviter toute déstabilisation politico-institutionnelle dans notre pays, la justice sociale commande d'élire un Président de la République au parcours limpide, et faisant honneur au grand Mali et aux Maliens :
La justice est un principe moral important indispensable dans une cité. Nous pouvons dire sans risque de nous tromper que la chute de nombre de régimes en Afrique s'explique par un cumul d'actes d'injustice conduisant très souvent à la frustration du peuple, terreau favorable à des crises sociales ; lorsqu'une minorité aristocratique s'accapare les richesses de toute une nation, lorsque le mérite n'est pas récompensé dans une république, lorsque les vertus du travail et de l'effort ne sont pas reconnues dans un pays, lorsque l'on ne met pas «l'homme qu'il faut à la place qu'il faut», l'on ne peut jurer d'être à l'abri d'éventuelles crises sociopolitiques.
Le comble de l'injustice serait le choix – en abusant le peuple par des stratagèmes politiciens le déroutant – d'un candidat ne remplissant pas les critères objectifs de probité, de rigueur et de compétence, avec ses conséquences insoupçonnables.
Alors dans l'intérêt de tous, – y compris les candidats se sachant en deçà de la charge de l'institution présidentielle – tous les intellectuels honnêtes, au-delà de leur coloration politique, devraient se battre afin de faire comprendre au peuple que la stabilité du pays dépendra prioritairement de l'acceptation du futur Président qui s'imposera par son parcours, son background, sa crédibilité…
Mieux, ce choix permettra à la jeunesse et aux générations futures d'avoir un repère en termes    d'exemplarité  car, dit-on, un peuple est éduqué par l'exemple ; les citoyens Maliens comprendront définitivement – à l'exclusion des intermèdes exceptionnels de prise de pouvoir aléatoire – que seuls les plus vertueux de la République devraient prétendre à la magistrature suprême ; c'est à ce seul prix que les futurs prétendants ménageront en conséquence leur monture.
En tout cas le Président de la République par intérim Dioncounda Traoré semble comprendre l'enjeu ; en exposant les défaillances de notre démocratie, il n'a pas manqué de citer la mal gouvernance. Il semble également convaincu que l'élection Présidentielle de 2013 sera le point de départ «d'une refondation profonde du Mali», certainement pas avec n'importe quel candidat !
Plaise à Dieu que les Maliens élisent un Président dont tout le monde dira : «Lui, il mérite d'être Président !».
Dieu bénisse le Mali!
Aguibou BOUARE
Conseiller Juridique
Tél. 66 91 80 70

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