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«Nous ne sommes pas des corrompus…»

Youcef Yousfi parle du renforcement, au sein des entreprises pétrolières, de toutes les procédures liées au contrôle et à la vérification des cahiers des charges avant le lancement de tout avis d'appel d'offres. La première centrale nucléaire d'Algérie devrait voir le jour à l'horizon 2025. Nous ne sommes pas des corrompus et je ne permettrais pas que l'on déstabilise les entreprises nationales sous couvert de dénoncer la corruption», a déclaré hier, comme pour pousser un coup de gueule, le ministre des l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, en réponse à une question sur les implications des affaires de corruption qui agitent le groupe Sonatrach. S'exprimant lors d'un point de presse au siège de son ministère, le ministre de l'Energie et des Mines s'est contenté de rappeler que la justice s'est saisie de l'affaire Sonatrach et qu'elle doit traiter ce dossier avec la sérénité voulue. «Il y a des personnes qui ont fauté, la justice est saisie du dossier, mais je ne permettrais pas que l'on démoralise les effectifs et les cadres du secteur», a ainsi martelé le ministre, ajoutant que «le pays n'a aucun intérêt à voir déstabilisées d'importantes entreprises nationales comme Sonatrach et Sonelgaz». La corruption, reconnaît tout de même Youcef Yousfi, «est un mal qui ronge les entreprises et le pays et il faut la combattre avec détermination». Mais «nous ne sommes pas tous pourris», a-t-il encore réagi, avant d'assurer que des mesures ont même été décidées au sein du secteur pour contrer les tentatives de corruption. Il a  cité, en guise d'exemple, le renforcement, au sein des entreprises du secteur, de toutes les procédures liées au contrôle et à la vérification des cahiers des charges avant le lancement de tout avis d'appel d'offres. Aucune entreprise étrangère n'a quitté le pays Youcef Yousfi, qui proteste ainsi contre ce qu'il semble considérer comme une campagne de déstabilisation de son secteur, assure également qu'aucune compagnie pétrolière étrangère n'a exprimé le désir de quitter l'Algérie, des suites de l'attentat terroriste de Tiguentourine, en janvier dernier. C'est vrai, a-t-il dit, que cela était «un drame pour les sociétés partenaires qui se sont naturellement inquiétées pour la sécurité de leurs travailleurs», mais aucune d'entre elles, a-t-il répété, «n'a exprimé le désir de s'en aller». Bien au contraire, a affirmé le ministre, «d'autres géants mondiaux du secteur négocient actuellement avec Sonatrach pour d'éventuels projets de partenariat». Et d'ajouter en ce sens : «La sécurisation de nos sites est désormais complètement assurée, il y a une nouvelle approche de sécurité avec des moyens renforcés et nos partenaires se déplacent par eux-mêmes sur le terrain pour le constater.» Sur le cas précis des projets du groupe britannique BP, Youcef Yousfi a évoqué l'existence de problèmes normaux pour «remobiliser» les effectifs et sécuriser leurs familles, mais point de volonté de quitter l'Algérie, selon lui. Des efforts pour reconstituer les réserves En définitive, a-t-il lancé, «même s'il devait y avoir des partenaires qui voudraient partir, nous pourrions mobiliser nos propres ressources». Evoquant par ailleurs le déclin, qu'il qualifie de «naturel», de certains grands gisements du pays, le ministre a affirmé que de nouvelles découvertes permettent de le compenser, même si, a-t-il reconnu, de grands efforts doivent être consentis pour intensifier et accélérer la reconstitution de nos réserves. Dans cet ordre d'idées, Youcef Yousfi a fait état d'«indices très sérieux, mais qui restent à confirmer, de la découverte d'un très grand gisement de pétrole au-dessous de celui de Hassi R'mel». Il s'agirait, a-t-il dit, de la découverte la plus importante des 50 dernières années. De même, a-t-il annoncé, la première centrale nucléaire d'Algérie devrait voir le jour à l'horizon 2025. S'agissant enfin du recul observé ces dernières semaines des cours pétroliers mondiaux, le ministre de l'Energie a estimé en substance qu'il ne faut pas exagérer les effets de cette baisse et que les prix du pétrole devraient rester relativement stables, à leur niveau actuel.