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Argent noir : LA RIPOSTE S’ORGANISE

Les agents financiers s'initient au traitement de l'information relative au dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Mali

La Cellule nationale de traitement des informations financières Mali (Centif-Mali) a initié jeudi, au Centre de formation pour le développement, un atelier de formation en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Mali. La cérémonie d'ouverture, présidée par Oumar Wagué, conseiller technique au ministère de l'Economie, des Finances et du Budget, s'est déroulée en présence du président de la Centif-Mali, Modibo Sylla, et du secrétaire général du Conseil national des ordres professionnels financiers (CNOPF-Mali), Abdrahamane Sall. Une quarantaine d'agents financiers, de comptables et d'autres spécialistes des finances ont pris part à la formation.

Face aux menaces liées à la criminalité financière dans notre pays, il est en effet important que toutes les structures administratives, financières et économiques des entreprises et les professionnels des finances se mobilisent. Ces agents constituent des maillons essentiels de la moralisation et de la transparence des systèmes économiques de notre pays.

La Cellule nationale de traitement des informations financières entend, grâce à cette formation, développer des connaissances en matière de traitement de l'information relative au dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Mali. Elle prévoit aussi d'évaluer le dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme et de proposer de nouvelles stratégies nationales en guise de feuille de route pour tous les acteurs engagés dans cette lutte.

Une stratégie nationale avait été élaborée et adoptée en 2012 qui insistait sur la définition de meilleures conditions de suivi et de mise en ½uvre intégrale des recommandations du rapport d'évaluation mutuelle, sur les responsabilités et obligations de chacune des parties prenantes du processus national de prévention, de détection et de répression de la criminalité financière (institutions gouvernementales, secteur privé, associations professionnelles, ONG et société civile etc.).

Le président du Centif, Modibo Sylla, a relevé que le thème du blanchiment d'argent soulève un certain nombre de questionnements. Comment lutter contre le blanchiment ? Qui blanchit ? Pourquoi est-il impérieux d'engager la lutte contre ce fléau ? L'argent sale peut-il servir de source de financement à notre développement ? Modibo Sylla fera un exposé succinct sur les comportements et faits qui favorisent le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Le blanchiment d'argent, a-t-il expliqué, est un élément des techniques de la criminalité financière, c'est l'action de dissimuler la provenance de l'argent acquis de manière illégale, notamment par la spéculation illégale, les activités mafieuses, le trafic de drogue, d'armes, l'extorsion de fonds, la corruption, la fraude fiscale, afin de réinvestir dans les activités légales.

« Dans notre pays, le blanchiment se développe sur les produits provenant d'un délit ou d'un crime comme le  trafic des armes et des personnes, la vente de la drogue, la corruption et la fraude fiscale. Cependant, avec la mondialisation, les réseaux criminels ont délocalisé les étapes et les lieux du crime pour optimiser leurs profits. Ainsi, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme constituent désormais des menaces pour les économies et la stabilité des pays sous-développés. Malheureusement, notre sous région n'échappe pas à ce fléau », a-t-il expliqué en rappelant les mesures prises par notre pays afin de faire face à cette situation.

Pour le secrétaire général des ordres professionnels financiers, Abdrahamane Sall, la fragilité de notre système institutionnel par le fait de la prédominance de l'économie informelle dans sa variante souterraine ou clandestine, a favorisé le phénomène de blanchiment dans notre pays. « En effet, l'informel et le blanchiment ont au moins trois points en communs : ils échappent aux règles économiques et sociales et à l'intervention de l'Etat, ne donnent lieu à aucun prélèvement obligatoire (fiscal ou social), faussent le jeu de la libre concurrence par rapport aux activités légales. Il y a également le travail au noir du fait de l'intégration de sommes provenant d'activités délictuelles ou criminelles cherchant à se réinvestir  par le blanchiment d'argent. Enfin les terroristes ont recours à des techniques semblables à celles utilisées pour le blanchiment d'argent afin de ne pas attirer l'attention des autorités, de protéger l'identité des commanditaires et bénéficiaires des fonds amassés. L'informel et la clandestinité forment donc un cadre propice aux opérations de blanchiment et de criminalité, a-t-il établi.

Dans son discours d'ouverture, le conseiller technique au ministère de l'Economie, des Finances et du Budget, Oumar Wagué, a noté que la criminalité transnationale à travers le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, révèle une capacité réelle à infiltrer les sphères économiques et financières à l'échelle nationale et internationale. Elle constitue une menace pour la paix et la sécurité mondiale. La prise de conscience de son ampleur, a-t-il souligné, a conduit plusieurs instances à se concerter et concevoir une réponse appropriée.

L'atelier doit donc être l'occasion pour les financiers d'obtenir une meilleure et large adhésion à l'effort national de lutte contre ces fléaux qui altèrent nos systèmes économiques et financiers et constituent un facteur d'instabilité politique et sécuritaire, telle que nous le vivons actuellement.

La riposte, a précisé Oumar Wagué, se traduira par l'organisation et la mise en place d'un dispositif planétaire de traque contre la finance noire par des solutions pertinentes des Nations Unies et des recommandations édictées par le Groupe d'action financière (GAFI). Le conseiller technique a souhaité une implication effective de tous les participants à la session, aux actions  de sensibilisation des usagers de l'administration dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Abdourhamane TOURE

L'essor

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