mis à jour le

Tunisie : affrontements entre salafistes et policiers à Tunis

TUNIS (AFP) - (AFP)

Des affrontements opposaient dimanche policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis, après que les autorités ont interdit la tenue du congrès du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashriaa dans la ville de Kairouan.

Faute d'avoir pu tenir son congrès à Kairouan (150 km de Tunis), bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité, Ansar Ashriaa a appelé dans la matinée ses partisans à se rassembler dans la Cité Ettadhamen, bastion salafiste à 15 km à l'ouest de la capitale.

En milieu de journée, des heurts ont éclaté dans les rues de ce quartier où des centaines de salafistes ont érigé des barricades à l'aide de pneus en feu et jeté des pierres sur les forces de l'ordre.

La police a répliqué avec des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes, et a déployé des blindés et des bulldozers pour disperser les militants et détruire les barricades.

Les salafistes se sont repliés dans le quartier voisin, Intilaka, où les heurts se poursuivaient vers 12H30 GMT, mais la police semblait avoir pris le dessus.

"Cinq policiers ont été blessés et transportés dans des hôpitaux de Tunis", a déclaré à l'AFP un officier déployé sur le terrain.

Le ministère de l'Intérieur n'a pour le moment pas donné d'informations sur ces affrontements.

A Kairouan, des heurts ont opposé dans un premier temps un petit groupe de salafistes à des policiers.Mais en début d'après-midi, les manifestants, qui affrontaient périodiquement les forces de l'ordre, étaient quelques centaines, en grande majorité des jeunes ne semblant pas appartenir à la mouvance islamiste radicale.

Ansar Ashariaa avait indiqué dimanche matin avoir décidé de tenir son congrès à la cité Ettadhamen, en raison du dispositif policier déployé à Kairouan.

"Nous appelons tous nos frères à être présents en grand nombre à la cité Ettadhamen, dans la capitale", avait-il annoncé sur sa page officielle Facebook.

"Nous considérons que notre congrès a eu lieu à Ettadhamen", a précisé à l'AFP Sami Essid, un représentant du mouvement, en ajoutant qu'"il n'y aura rien du tout" à Kairouan, où le rassemblement était prévu à l'origine à 15H00 GMT.

Selon une habitante d'Ettadhamen, un grand nombre de militants d'Ansar Ashariaa circulaient en fin de matinée dans ce quartier populaire, certains armés de bâtons et d'autres d'armes blanches, en brandissant la bannière noire du mouvement.

Ce quartier avait déjà été la semaine dernière le théâtre d'affrontements après que la police a empêché l'installation de tentes de prédication.

Interpellations

Après la décision des autorités d'interdire le rassemblement d'Ansar Ashariaa à Kairouan, les forces de l'ordre ont bouclé les multiples entrées de la cité.

Les véhicules étaient presque systématiquement fouillés et les barrages de la police sur le périphérique empêchaient depuis samedi les hommes barbus, un attribut salafiste, d'entrer dans la ville.

Une journaliste de l'AFP et des médias tunisiens ont fait état d'interpellations de militants salafistes à Kairouan et dans d'autres villes.

Le porte-parole d'Ansar Ashariaa, Seifeddine Raïs, a notamment été arrêté, selon son organisation et une source sécuritaire.

Le gouvernement tunisien dirigé par le parti islamiste Ennahda, qui a reconnu début mai la présence de groupes armés d'Al-Qaïda sur son territoire, a interdit le rassemblement d'Ansar Ashariaa, en le qualifiant de "menace pour la sécurité" du pays.

Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules jihadistes.Il a cependant considérablement durci sa position après que seize militaires et gendarmes ont été blessés fin avril et début mai par des mines posées par des groupes armés traqués à la frontière avec l'Algérie.

Ansar Ashariaa accuse de son côté Ennahda de mener une politique anti-islamique et a menacé de "guerre" le gouvernement.

La Tunisie a vu depuis la révolution de 2011 se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste.Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Le chef d'Ansar Ashariaa , Saif Allah Bin Hussein dit Abou Iyadh, est un vétéran d'Afghanistan ayant combattu avec Al-Qaïda.Il est en fuite depuis l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis, les autorités le considérant comme l'organisateur de cette manifestation qui avait dégénéré en affrontements (quatre morts parmi les assaillants).

Africa n°1

Ses derniers articles: Les coups de coeur du 24/06/13  Mali : l'UE débloque 90 millions pour "consolider" l'Etat  Afrique du Sud : un syndicat veut doubler les salaires dans les mines 

Tunisie

AFP

L'état d'urgence prolongé de quatre mois en Tunisie

L'état d'urgence prolongé de quatre mois en Tunisie

AFP

Un "dirigeant" du groupe EI en Tunisie tué dans une embuscade

Un "dirigeant" du groupe EI en Tunisie tué dans une embuscade

AFP

Les mille maux du secteur de la santé en Tunisie

Les mille maux du secteur de la santé en Tunisie

affrontements

AFP

Maroc: affrontements nocturnes entre manifestants et policiers

Maroc: affrontements nocturnes entre manifestants et policiers

AFP

Maroc: affrontements entre manifestants et policiers dans le nord

Maroc: affrontements entre manifestants et policiers dans le nord

AFP

Maroc: affrontements entre manifestants et policiers dans une localité du nord

Maroc: affrontements entre manifestants et policiers dans une localité du nord

salafistes

AFP

Au Maroc, le come-back des salafistes

Au Maroc, le come-back des salafistes

AFP

Soutenir Sissi pour survivre, le pari difficile de salafistes égyptiens

Soutenir Sissi pour survivre, le pari difficile de salafistes égyptiens

AFP

Maroc: une grâce de détenus salafistes en butte aux craintes sécuritaires

Maroc: une grâce de détenus salafistes en butte aux craintes sécuritaires