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Zambie : 31 étudiants interpellés après une manifestation puis relâchés

LUSAKA (AFP) - (AFP)

Trente et un étudiants ont été interpellés sur ordre du président zambien Michael Sata après une manifestation étudiante vendredi à Lusaka contre l'arrêt des aides gouvernementales au maïs, une denrée de base des Zambiens, puis ont été relâchés, a indiqué la police samedi.

"Tous les étudiants (interpellés) ont été relâchés après avoir reconnu leur culpabilité et payé une amende de 22.5000 kwachas (environ 4 dollars)", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police Elizabeth Kanjela.Elle n'a pas précisé de quoi les étudiants étaient coupables.

Plusieurs centaines d'étudiants de l'Université de Zambie avaient marché vendredi en direction du palais présidentiel, demandant à être reçus par le président Sata.Mais le chef de l'État, en déplacement à une soixantaine de kilomètres de la capitale, avait donné l'ordre à la police de procéder à des arrestations et aux responsables de l'université de les expulser.

Le nombre exact d'arrestations n'avait pas été immédiatement communiqué vendredi.Le recteur de l'université de Zambie Kavwanga Yambayamba a prévenu qu'il n'hésiterait pas à exclure les fauteurs de trouble.

Le chef de l'un des principaux partis d'opposition, le Parti uni pour le développement national (UPND), Hakainde Hichilema, avait réclamé samedi la libération immédiate des étudiants interpellés.

"Ces étudiants sont détenus depuis hier (vendredi) et nous demandons au président Sata de les libérer sans condition", avait-il déclaré à des journalistes.

M. Hichilema, qui a lui-même été arrêté à deux reprises cette année, a estimé que le gouvernement de M. Sata avait "échoué à gouverner" la Zambie et maintenant, a-t-il ajouté, "ils arrêtent tout le monde y compris des étudiants".

M. Hichilema avait été interpellé et accusé de diffamation à l'encontre du président Sata et d'incitation à la violence.

L'arrêt des subventions au maïs et à d'autres denrées agricoles, annoncé en début de semaine, a suscité une levée de boucliers dans le pays où l'on craint une hausse du prix du "mealie meal", le foufou de maïs, qui coûte l'équivalent de 40 cents d'euro le kilo, est un aliment de base, essentiel à la survie des 60% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Le président Michael Sata, à la tête de la Zambie depuis plus d'un an et demi et élu par un vote populiste, s'était engagé à mettre un terme à la pauvreté.Il a néanmoins pris le risque de provoquer le mécontentement populaire en stoppant coup sur coup les subventions à l'essence et au maïs.

En 1990, le gouvernement de l'ancien président Kenneth Kaunda est tombé à la suite d'émeutes de la faim.

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