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L'énigme de la Gauche (Par Waly Ndiaye)

Depuis la chute du Mur de BERLIN l'énigme de la GAUCHE triture les méninges des politologues et des leaders syndicaux qui y vont en conjectures des plus hasardeuses et pessimistes aux plus idéalistes et parfois surréalistes. Que deviendra la Gauche ? Que reste -t-il de la Gauche ? Où est cette Gauche ? Que fait-elle ? Ce sont là des questions qui continuent à brûler les lèvres mais sans trouver pour autant de réponses précises. La rapidité et la facilité des mues de l'idéologie capitalistique, ses virtuoses en camouflages et réadaptations, selon le lieu et le contexte ont brouillé les pistes, obscurci les horizons et rendu toutes visibilités floues. Le doute reste persistant et traumatisant pour beaucoup.

Dans les pays Africains en général et au Sénégal en particulier le questionnement est tellement récurrent qu'il prend parfois des allures de jacqueries, sinon d'inquisitions culpabilisantes au niveau d'une certaine frange d'intellectuels.

A mon humble avis la Gauche Sénégalaise n'a été affecté par les bouleversements intervenus dans le bloc communiste que de manière structurelle et institutionnelle. Cette gauche est bien là et bien présente même si, parfois diffuse au sein de certains ensembles ou certaines dynamiques. Elle continue de jouer son rôle d'avant -garde et d'orientations des luttes politiques et sociales, dans l'éveil, l'information des masses et l'encadrement des dynamiques de changement. Dans ce cadre, il serait malveillant de ne pas reconnaître le rôle éminemment important que les forces de Gauche structurées ou non ont joué dans les deux alternances que le pays a connu successivement en 2000 et en 2012. Il est indéniable que n'eussent été l'analyse pertinente et la stratégie révolutionnaire à travers des alliances parfois jugées contre nature de cette Gauche en 2000, pour finir avec le pouvoir quasi totalitaire d'alors, la première Alternance au Sénégal, n'aurait pas eu lieu au moment où le sujet principal n'y croyait plus et la majorité des acteurs s'étaient lassés.

En 2012 encore, il est évident qu' il n'y aurait pas eu une alternance à l'alternance, si l'un des derniers mohicans de l'idéologie communiste, j'ai nommé le tribun Dansokho, n'avait pas existé face au monstre libéral et n'avait pas dopé ses pairs avec son « café », n'avait pas par sa connaissance de Maître Wade, démasqué toutes ses facettes et ses projets machiavéliques ; s'il n'avait pas par ses interventions fracassantes mais assassines, poussé la société à acculer le monstre dans ses derniers retranchements ; le changement n'aurait certainement pas eu lieu si la Gauche n'avait pas fait preuve de dépassement et imaginé le « Benno » mais surtout le cadre fédérateur des Assises ; le changement ne serait certes pas advenu de si belle manière si Macky Sall n'avait pas fait son B-A/ BA dans la Gauche et assimilé et retenu les enseignements de base selon lesquels l'homme de Gauche est celui qui est proche et toujours à l'écoute des masses, c'est celui qui porte en bandoulière les préoccupations de celles-ci, c'est celui qui par sa mentalité, son comportement, son éducation, s'assimile au commun des mortels .

Mieux encore cette nouvelle alternance que tous les hommes de gauche devraient défendre comme à la prunelle de leurs yeux, ne pourra prospérer que si Macky Sall, instruit de son expérience libérale sans doute malheureuse du fait de l'absence de chaleur, d'humanisme qui caractérise les relations humaines dans cette météore libérale en Afrique (libéralisme sauvage), opte pour un libéralisme social comme il l'a fait. Dans cette perspective, il a trouvé également la voie royale en s'entourant d'hommes du sérail de gauche et en consolidant cet entourage pour pouvoir nettoyer l'écurie d'Augias.
En vérité la Gauche Sénégalaise est bien là et joue parfaitement son rôle d'avant-garde et c'est certainement la constance dans ce rôle qui donne l'illusion à certains de stagnation et de manque d'ambition alors que tous les changements importants intervenus dans notre pays, sont le fruit de son engagement

En conclusion il demeure vrai que la Gauche reste éparpillée, parfois divisée et un besoin réel de sa recomposition se fait sentir face aux incertitudes aux turpitudes nées des politiques dévastatrices de la Mondialisation libérale. La nécessité de reconstruction de cette grande famille se fait sentir face à l'échec des politiques néo-libérales en cours, constaté partout dans le Monde, y compris même dans les pays modèles (EU, Royaume Uni).Les crises socio-politiques en Europe et le printemps Arabe en sont une illustration indéniable. Il urge donc pour tous les adeptes de la justice sociale, de l'équité, de la primauté de la communauté sur l'individu, de se retrouver pour mieux peser sur les orientations et les mises en ½uvre des politiques. En attendant toujours le grand soir, le devoir de leadership reste un impératif pour tous.

Waly Ndiaye Benno bokk yaakaar
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Rewmi

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