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Abdou Fall à Grand Oral : « Macky Sall ne dispose pas d’une majorité propre… ses alliers peuvent en abuser pour déstabiliser le régime »

Abdou Fall ancien ministre de l'information et de la communication sous Abdoulaye Wade, patron du mouvement citoyen « Alternance citoyenne Andou Nawlé », a fait le tour d'horizon de l'actualité nationale. L'ancien maire des Hlm a donné son avis sur la traque des biens présumés mal acquis, sur les responsables du M23 qui seraient devenus aphones pour avoir été nommés par le président Macky Sall, sur le débat sur l'abrogation de la loi ezzan, mais aussi de la loi Sada Ndiaye. Le cas des marchands ambulants qui ont été délogés du centre ville et le nouveau code de la presse n'ont pas été occultés. Abdou fall était l'invité du Grand Oral de la Radio Rewmi fm ce samedi.

Abdou Fall est d'avis que tout homme qui prend la responsabilité d'exercer une charge publique doit se préparer à rendre compte un jour ou l'autre. Cependant, il déplore le fait que le débat sur la traque des biens présumés mal acquis soit politisé ; ce qui, selon lui, affaiblit les institutions judiciaires du pays. Il trouve la saisine de la Cedeao par le Pds normale. Selon lui, l'Etat a tort de ne pas respecter les délibérations de la Cedeao quand on sait qu'il a ratifié les conventions de l'institution. L'Etat doit respecter les délibérations et participer à consolider ladite institution selon lui.

Sur le cas de responsables du Mouvement de 23 juin (M23) comme Alioune Tine, Penda Mbow, Abdoul Aziz Diop entre autres, qui seraient devenus aphones parce que nommés par le chef de l'Etat, Abdou Fall est catégorique : S'ils pensent qu'il ne peuvent pas cumuler les deux responsabilités, la relève devrait être assurée dans leurs différentes instances. Ce qu'il faut selon lui, c'est aller vers une société de confiance ou les gens se respectent et respectent les autres.

Pour ce qui est de l'abrogation de la loi Ezzan, l'ancien ministre de la santé, dit ne pas souhaiter que des affaires qui peuvent être facteur de tension soient remises sur la table. Il pense que le Sénégal n'a pas besoin de ces mauvais débats. Il appelle la classe politique à sortir des logiques de tension pour une démocratie apaisée.

Abdou Fall se dit gêné de constater cette avalanche de propositions des acteurs politiques lesquelles sont, selon lui, incohérantes. Il est d'avis que la refondation des institutions n'est pas l'affaire de la majorité, mais de tout le pays. Il appelle les acteurs à aller vers l'esprit du code consensuel de 1992 où toutes les parties se sont retrouvées.

Abordant le cas du Pds, Abdou Fall pense que son ancien parti n'est pas dans un logique d'opposition mais plutôt de survie et de résistance.

Selon lui, le président Macky Sall vit une situation qu'aucun de ses prédécesseurs n'a vécue. Il ne dispose pas d'une majorité propre et cela présente des risques car, ses alliés peuvent en abuser pour déstabiliser le régime. Le chef de l'Etat doit, selon lui, prendre personnellement ses responsabilités et mettre fin à cette pagaille qui risque d'être un facteur de blocage.

Pour le cas des marchands ambulants déguerpis du centre ville, M. Fall pense qu'il est bien de vider les rues mais, le plus important, c'est de calmer les esprits. Il est certains que si l'Etat ne crée pas des pôles de développement rurales, le problème des ambulants ne sera jamais réglé.

Parlant de la volonté du chef de l'Etat d'accélérer le processus pour le vote de la loi sur le nouveau code de la presse, l'ancien ministre de l'information et de la communication pense que l'Etat doit renforcer la presse qui remplit une fonction essentielle. Cependant, le presse doit avoir une claire conscience de ses responsabilités. Il a constaté,pour s'en désoler, que la presse a tendance à cesser d'être un moyen d'informer pour être un moyen d'influence.

Abdou Fall pense, pour terminer, que la résolution de la crise Casamançaise nécessite l'implication de toutes les parties.

Il est partant dit-il, pour travailler avec le chef de l'Etat si celui-ci se met dans une approche de ressembler les bonnes volontés du pays pour un Sénégal émergeant. Cependant, il tient à préciser qu'il n'est demandeur de rien.

REWMI.COM/MK

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