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Madani Tall sur la présidentielle de juillet prochain : «Le peuple malien ne demande qu’à retrouver l’ordre légitime»

Très discret et  calme, pour ne pas dire invisible, alors que nous sommes à la veille des échéances électorales, le parti Adm, selon son président, est visible là où le travail doit se faire, car la médiatisation et les cris par-ci et par-là sont révolus. Pour Madani Tall, non seulement, il sera candidat, mais aussi son parti est en train de renforcer sa base à l'intérieur du pays.

 

Madani Tall

Le Reporter : L’Adm et son président ne sont plus visibles, alors qu’on est à la veille de la présidentielle ?

Madani Tall : L’Adm est très plus que présente sur le terrain. Nos militants travaillent à consolider notre assise dans les communes où nous sommes implantés. Nous sommes présents dans les 8 régions du Mali, dans les 49 cercles et dans 315 communes rurales. Aujourd’hui, l’heure est au travail de fond, non pas à la médiatisation. Aux moments les plus difficiles pour notre pays, l’Adm a toujours été présent ; nous avons été les premiers à condamner publiquement le coup d’État, le premier parti à avoir réclamé par une conférence de presse, sans ambigüité, le rétablissement de l’ordre constitutionnel et l’intérim du président de l’Assemblée nationale, et la présence des forces alliées compte tenu des limites de nos propres forces. Nous avons condamné les dérives revanchardes et claniques de la primature précédente ; nous avons condamné les premiers toute forme de négociations avec des groupes armés ne reconnaissant pas notre pays… Et Dieu merci, le temps a donné confirmation à chacune de nos revendications. Maintenant que nous avons un gouvernement responsable, qui travaille à organiser les élections, nous ne pouvons que les encourager dans ce sens, même si les délais peuvent être repoussés de quelques semaines. Il est aussi normal que ceux qui ont gardé le silence pendant toute cette période cherchent, maintenant que tout est calme et sans danger, à prendre du temps de parole. Comme il est normal que ceux qui ont fait les mauvais choix, prennent du temps à expliquer leurs positions. Nous estimons aujourd’hui que le peuple malien est suffisamment averti pour savoir qui est qui et qu’il faut retourner vers notre base.

 

Est-ce que Madani Tall sera candidat à la présidentielle de juillet ?

 

Inch Allah, je le serai. Ma candidature est active depuis 2012 et les évènements récents, ne font que me conforter dans ma résolution. Le Mali doit être transformé et cela requiert de nouvelles solutions innovantes et donc une nouvelle classe dirigeante. Beaucoup me demande si le fait d’avoir été conseiller d’ATT ne me porte pas préjudice, je réponds que bien que je le considère avec affection et estime, le projet de société de l’Adm et le mien propre ne peuvent se résumer à sa personne, puisqu’il date de plus de 30 ans. Même le SADI, à plus forte raison les autres partis, ont participé à la gestion d’ATT sans se voir indexer, et bien heureux le candidat qui pourra jurer sur l’honneur ne jamais avoir fait parti de la nomenclature décisionnelle des dernières décades. Quant à moi, si je dois porter la responsabilité des problèmes et des solutions du Mali, alors pour cela, il faudra m’élire président.

 

Comment vous expliquez la situation à Kidal, pensez-vous que les élections sont faisables à la date indiquée ?

 

La situation de Kidal relève d’un manque de volontarisme de la part du président et d’un manque d’audace de la part de ceux qui doivent prendre Kidal. La France ne saurait dicter la conduite à tenir en ce qui concerne l’intégrité du Mali, cela même si elle nous a aidés de façon décisive, cette aide ne peut signifier la création de situations d’exception qu’aucune nation ne saurait souffrir. Il ne serait pas indiqué d'aller à l'élection sans Kidal et sans la présence effective de l’administration et de la force publique dans l’ensemble du territoire. Quant à la faisabilité des élections à la date du 7 juillet, le gouvernement affirme que cela se fera. Mais à moins qu’elles ne soient bâclées, je vois mal comment nous allons distribuer en 45 jours des cartes d’électeurs qui ne sont pas encore faites, alors que le territoire est encore divisé et que nous serons dans la période la plus cruciale de l’année avec la saison des pluies, le Ramadan et les paysans au champ. Le ministre en charge semble optimiste. Je souhaite vivement qu’il ait raison car le peuple malien ne demande que de retrouver l’ordre légitime qui va permettre à chacun de vivre dans la dignité. Ce qui est sûr, c’est que l’Adam se tient prêt et fera honneur à ceux qui nous auront soutenus et même aux autres, car ce n’est pas une question de personne, mais une question d’avenir de nos enfants et de la place du Mali dans l’histoire.

 

Propos recueillis par Nana HOUMAMA

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