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Réservation des tombes à Bobo-Dioulasso : Normal ou anormal ?

Pratique ancestrale, symbole de richesse, désir naturel d'être près des siens dans la dernière demeure... ? La réservation des tombes est une réalité qui divise. Dans le cimetière municipal de Bobo-Dioulasso, quelques familles se sont taillées la part du lion, en assurant bien avant l'heure des places à leurs membres.

16 tombes pour la famille Sawadogo, 12 pour la famille M Barro, 10 pour K &H.... Des noms de familles s'alignent sans tombes dans le cimetière municipal de Bobo-Dioulasso. A ce jour, et sans être exhaustif, plus de 150 tombes sont déjà marquées selon Evariste Yaméogo, du service des infrastructures de la commune. Ce qui est largement en deçà du nombre de tombes réservées parce qu'un nombre important de familles n'ont pas encore marqué leurs tombes. Il appelle par ailleurs, ces dernières à le faire. Pour éviter des scènes inutiles. Car oui, dès fois, des personnes s'offusquent contre cette pratique. Surtout, quand les familles qui ont réservé sont les mêmes qui contrôlent tout ou presque dans la ville. Comme en témoigne les noms Sanou, Sibalo, Thiam, Barro, Sawadogo...

Pourquoi réservé ?

Pour un membre d'une des familles qui a le plus grand nombre de tombes réservées dans le cimetière municipal de Bobo-Dioulasso, cette opération vise à préserver sa famille. « En réservant des tombes, en enterrant les patriarches ou membres influents de la famille dans un même lieu on oblige les survivants à se rencontrer toujours, à rester souder et à minimiser les frais des funérailles annuelles. C'est aussi un motif pour faire revenir de temps à autres ceux qui sont à l'extérieur du pays.

Contrairement à lui, Martin Ouédraogo, un particulier rencontré dans le cimetière, pense que la réservation des tombes est une insulte à l'égard des pauvres. « Parce qu'à l'allure où vont les choses, ils (parlant des familles riches) vont tout acheter et bientôt on sera obligé de repousser le cimetière. Heureusement, enfin je l'espère, qu'on ne peut pas payer le paradis ».

Comment réservé ?

Avec 25.000 francs CFA, une demande timbrée à 300 francs CFA adressé au maire de la commune de Bobo-Dioulasso, on peut réserver une tombe. En fonction des moyens et de la grandeur de la famille demandeur, l'on peut acheter 10 voire 20 tombes.

Ousséni Bancé

Lefaso.net

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