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Niger - Comment passer sa nuit de noces au poste de police?

La voiture est devenue un élément clé de la célébration du mariage, au même titre que la robe et le costume. Ce n’est plus seulement pour parader tranquillement dans un brouhaha de klaxons, la tête fièrement sortie du toit ouvrant. Le cortège de mariages festifs prend maintenant des allures de rallye automobile à Niamey, la capitale du Niger. Et là, c’est parfois le drame.

«Ces véhicules et autres engins à deux roues qui roulent à la vitesse de la lumière sont parfois à la base de nombreux accidents mortels, endeuillant du coup plusieurs foyers», pointe du doigt le site Nigerdiaspora reprenant un article La Griffe.

Cet hebdomadaire satirique nigérien pense que le problème des cortèges de mariage pourrait rapidement atterrir en haut de la pile des dossiers prioritaires du tout nouveau premier magistrat de la ville, Oumarou Dogari, au même titre que les questions d’assainissement.

Car, rien n’y fait. Les arrêtés pris pour interdire les cortèges n’ont aucun effet. Les noceurs restent imperméables aux risques qu’ils encourent et font courir aux autres citoyens. Tout repose donc sur les épaules des policiers municipaux, chargés de faire respecter la loi.

Comment faire, s’interroge l’hebdomadaire nigérien, pour avoir raison de ce fléau, qui en cette saison des mariages, ne fait qu’empirer? La meilleure solution serait sans doute d’arrêter net le cortège et d’emmener illico presto les jeunes mariés au poste de police.

«Une nuit de noces derrière les barreaux devrait calmer les ardeurs des fêtards transformés en pilotes débridés», argumente La Griffe.

Visiblement remonté sur le sujet, l’hebdomadaire propose d’assortir l’arrestation du paiement d’une caution, afin de libérer les contrevenants. L’opération aurait le double avantage de permettre aux jeunes époux de profiter du plus beau jour de leur vie et de renflouer les caisses de la municipalité.

Sur un ton léger, le journal s'attaque en fait à un véritable fléau qui se ne limite ni au Niger ni aux mariages. Selon Mali.jet, «plus de 90% des décès [par accidents de voiture,ndlr] dans le monde surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire [dont les pays africains font partie, ndlr], qui ne comptent que 48% des véhicules immatriculés dans le monde».

Lu sur La Griffe, Nigeriadiaspora, Mali.jet