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Tunisie: Marzouki demande aux salafistes de condamner le terrorisme

Le président tunisien Moncef Marzouki a demandé jeudi aux chefs de la mouvance salafiste de condamner la violence armée, affirmant que son pays était confronté à une menace terroriste, lors d'une réunion de "dialogue national" à l'appel du principal syndicat.

"J'attends des cheikhs salafistes en Tunisie une condamnation claire du terrorisme", a-t-il déclaré, ajoutant que l'Etat était "déterminé à agir contre les dérives et à recourir à tous les moyens militaires et sécuritaires dont il dispose".

"La Tunisie fait face désormais à une menace terroriste en provenance des zones d'instabilité proches et lointaines", a ajouté M. Marzouki, en référence notamment à l'Algérie et au Mali.

Il a appelé à "serrer les rangs face au fanatisme religieux, quelles que soient les tendances et les différences".

Les autorités ont récemment durci le ton face aux groupes salafistes, particulièrement les jihadistes armés liés à al-Qaïda dont plusieurs dizaines sont pourchassés par l'armée dans l'ouest du pays, à la frontière algérienne.

M. Marzouki a dénoncé entre autres le contrôle des mosquées par des salafistes, le recours à la violence ou le fait de décrocher le drapeau national, un geste récurrent des salafistes et qui choque en Tunisie.

Le président a cependant affirmé que le courant salafiste faisait partie du tissu social, invitant les Tunisiens à coexister qu'ils soient "modernistes, islamistes ou salafistes".

Il a été chahuté lorsqu'il a estimé que les étudiantes portant le niqab, le voile islamique intégral interdit dans certaines universités, ne devraient pas être exclues des examens.

Le président tunisien inaugurait un "dialogue national" lancé à l'appel de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) qui rassemble une centaine de partis et ONG, ainsi que le patronat.

Cette réunion fait suite à un mois de discussions entre des formations politiques de tous bords qui ont abouti, mercredi, à un accord sur des points d'achoppement ayant retardé la rédaction de la Constitution.

Un compromis a été trouvé à la dernière minute concernant la dissolution de certaines Ligues de protection de la révolution (LPR, milice pro-islamiste), refusée jusqu'ici par le parti islamiste Ennahda au pouvoir, selon un communiqué publié jeudi.

Le dialogue initié par l'UGTT se concentrera sur les moyens de juguler la violence politique, qui a culminé avec l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd en février, à l'origine de la plus grave crise politique dans le pays depuis la révolution de 2011.

Son successeur à la tête du Parti unifié des patriotes démocrates (gauche), Zied Lakhdar, a de nouveau accusé jeudi le parti islamiste Ennahda au pouvoir, provoquant un retrait momentané de la réunion de son chef Rached Ghannouchi.

Un premier round de "dialogue national" de l'UGTT avait échoué en octobre 2011 en raison d'un boycott par Ennahda et par le Congrès pour la république (gauche) de M. Marzouki, qui étaient alors opposés à la participation de Nida Tounès, le parti montant de l'ex-Premier minuistre Beji Caid Essebsi, considéré comme un héritier de l'ancien régime.

AFP

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