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Femmes massaï/ Flickr CC
Femmes massaï/ Flickr CC

Il faut arrêter de prendre les femmes massaï pour des sous-hommes

Elles jouent un rôle de premier plan dans leur communauté, pourtant elles sont sans cesse marginalisées.

Alors que les tribus massaï tendent à se développer et se sédentariser, le statut des femmes évolue beaucoup plus lentement. L’agence de presse IPS revient sur cette problématique à l’occasion du lancement d’une initiative de commerce alternatif visant à fournir des opportunités économiques aux femmes des tribus locales.

William Kikanae, chef de la communauté de son village dans la région du Massaï Mara, au sud-ouest du Kenya, regrette cette mise au ban des femmes:

«Je sais personnellement que les femmes constituent la partie la plus importante de la famille. [Mais] pour les Massaïs, les femmes ne sont pas importantes. Elles n’ont pas le pouvoir comme les hommes.»

En effet, les femmes n’ont actuellement pas le droit de posséder du bétail ni de faire du commerce. Leur accès à l’éducation est plus que limité: il n’intervient qu’en dernier recours, si la jeune fille est réticente à se marier jeune, travailler la terre ou effectuer des travaux ménagers. En outre, même si elles sont finalement autorisées à suivre l’école, les élèves des zones rurales seront désavantagées par des questions d’organisation: pas d’électricité à la maison, pas de transports pour se rendre à l’école…

Ce manque d’instruction a également des conséquences dramatiques sur la santé des femmes. Elles ne reçoivent aucune information sur la propagation des infections sexuelles et les mesures de protection. Elles sont donc particulièrement touchées par le sida et autres MST et beaucoup meurent en couches, faute de soins adéquats.

L’accès à l’éducation apparaît donc comme un poste-clé de la réhabilitation du statut des femmes dans les tribus kenyanes. Alors que l’étendue des territoires massaïs se rétrécit comme peau de chagrin, les femmes doivent plus que jamais être propulsées au premier plan des projets de développement.

L’initiative lancée par la marque de chaussures espagnole Pikolinos apparaît donc comme un formidable tremplin économique pour les femmes des tribus locales. Elles brodent des sandales qui sont ensuite vendues partout dans le monde et dont les bénéfices reviennent à des projets de développement collectif (écoles, centres de santé, logement…). Ces femmes montrent ainsi qu’elles  peuvent apporter des revenus à leurs familles et qu’elles sont indispensables à l’évolution de leur communauté.

Lu sur IPS

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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