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Investir au Sud-Soudan, c’est possible

L’Etat du Sud-Soudan, dont l’indépendance sera effective le 9 juillet 2011, est un pays d’Afrique de l’Est dévasté par une longue guerre et une pauvreté rampante. Les observateurs présentent ce pays enclavé comme l’un des plus difficiles de la région.

Pourtant, le Sud-Soudan dispose de certains atouts très importants. Les réserves de pétrole qu’il possède en commun avec son très proche voisin et ex-ennemi, le Soudan, ses étendues de terres inexploitées, la longue saison des pluies qu’il vient de connaître et le développement de l’importation des légumes et fruits secs… tout porte à croire que le Sud-Soudan pourrait bientôt devenir le grenier de la région.

C’est ce qui ressort d’un rapport conjoint de la Société financière internationale (SFI) et de la Banque mondiale intitulé «Entreprendre à Juba en 2011», et qui dresse un tableau des possibilités d’investissement dans le pays. Il s’appuie pour cela sur un certain nombre de facteurs: la réglementation économique existante, la fiscalité et les systèmes de crédit, le cadre juridique et institutionnel.

Investir à Juba, la capitale du Sud-Soudan est donc possible —même si le rapport d’évaluation de la Banque mondiale et de la SFI présente un bilan mitigé. Si l'on peut rapidement créer une entreprise dans ce pays, c'est «presque deux fois plus coûteux que la moyenne des pays d'’Afrique subsaharienne». L’étude indique que cela est dû à «des frais élevés qui doivent être versés aux collectivités locales et aux autorités gouvernementales.»

Malgré cela, le rapport met en avant le potentiel économique du Sud-Soudan. Un potentiel déjà exploité par un certain nombre d’investisseurs venus de pays de la région comme l’Ouganda et le Kenya, mais aussi d’Europe et d’Amérique du Nord. L’un de secteurs qui semble avoir le vent en poupe est l’import de fruits et légumes et des aliments de base comme le riz et les haricots. Le rapport de la SFI et de la Banque mondiale encourage tout de même le gouvernement du Sud-Soudan à réduire les formalités administratives, à développer des infrastructures, et à lutter activement contre la corruption qui sévit déjà fortement dans le nouvel Etat.

Lu sur The Christian Science Monitor