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Une femme à la tête du Parlement ougandais

Dans un climat politique et social exécrable, les parlementaires ougandais ont nommé pour la première fois une femme à leur tête, rapporte le Sudan Tribune.

Rebecca Aliwata Kadaga l’a emporté facilement sur le candidat de l’opposition du Forum pour le changement démocratique Nathan Nandala Mafabi, par 302 voix contre 57. Membre du Mouvement de résistance nationale (NRM), le parti du président Yoweri Museveni, Kadaga a siégé pendant dix ans à la vice-présidence de l’Assemblée avant d’arriver au sommet.

«Je suis la présidente du Parlement pour tous, pas seulement pour le NRM», insiste-t-elle dans une longue interview accordée au quotidien ougandais The New Vision.

Si elle veut faire avancer les débats sur les questions de genre et de parité, Kadaga souligne qu’elle ne va pas se limiter à défendre la cause des femmes, mais s’occuper aussi des problèmes des jeunes et des personnes handicapées.

En revanche, elle ne montre guère de compassion vis-à-vis de l’opposition ougandaise qui dénonce les violations des libertés civiques et politiques, notamment le droit de réunion et de manifestation, mais aussi des élections falsifiées, rappelle le journaliste.

«Je ne suis pas au courant de quelconques violations des droits des députés de l’opposition au sein du Parlement», répond sèchement Kadanga.

Elle souligne le fait que l’Ouganda est passé du parti unique au multipartisme il y a cinq ans seulement et que beaucoup de choses restent encore à améliorer.

En accédant à la troisième plus haute fonction du pays, Kadaga prend une nouvelle dimension. Désormais, elle apparaît comme une personnalité politique majeure qui pourrait même devenir la première femme à la tête de l'Etat ougandais. Quand on l’interroge sur une telle ambition, Rebecca Kadaga se veut méthodique:

«Pourquoi allez vous si vite, je viens à peine d’être élu à la tête du Parlement. Chaque chose en son temps.»

Lu sur The New Vision