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20e anniversaire de l'assassinat du vice-président du conseil constitutionnel : Affaire Me Sèye, le «vingt» n’est toujours pas tiré

15 mai 1993 - 15 mai 2013. Vingt ans déjà que disparaissait Me Babacar Sèye. L'ancien Vice-président du Conseil constitutionnel a été sauvagement abattu par la bande à Clédor Sène. Un crime odieux intervenu avant même la publication des résultats des élections législatives. Vingt ans déjà ! L'affaire Me Sèye ne finit pas de faire des vagues. De la loi «Ezzan» effaçant tous les crimes politiques de la mémoire collective à la grâce présidentielle accordée à Clédor Sène et Cie, tout y passe. Mais amèrement. Vingt ans déjà ! Le Sénégal se souvient d'un de ses illustres fils, tombé les armes à la main.

Vingt ans déjà ! Le Vice-président du Conseil constitutionnel, Me Babacar Sèye, tombait sur le champ d'honneur. Vingt ans, l'½il de Caïn continue de hanter le sommeil de ses assassins. Un 15 mai de l'année 1993, alors que la République croisait les doigts, attendant les résultats des Législatives, la nouvelle tombe tel un couperet, annonçant l'assassinat sauvage d'un homme qui a pleinement et entièrement servi la Nation. «Me Babacar Sèye, un soldat tombé les armes à la main», disait l'ancien ministre de l'Intérieur, le Général Mamadou Niang, dans un de ses témoignages sur la vie d'un homme qui a versé sang et eau pour sa patrie.

Vingt ans déjà ! L'image du défunt perturbe toujours le sommeil des auteurs de ce crime odieux. Des présumés auteurs ont été graciés sous le magistère de Me Abdoulaye Wade. Une loi dite «Ezzan» a été votée pour effacer les crimes politiques, dont l'assassinat de Me Babacar Sèye. Mais, la main sale et maculée de l'assassin le sera toujours. En attendant de répondre de son crime devant la justice immanente.

Vingt ans déjà ! Les criminels attendent toujours le glaive du Juge, le seul et meilleur qui soit. De son côté, la famille du défunt entend célébrer ce 20e anniversaire de la disparition de Me Sèye dans le recueillement. Lorsqu'on perd un être si cher, c'est la consternation, les moments de recueillement et le retour à Dieu, a-t-on coutume de dire. Trois étapes, comme le triptyque qui caractérise notre existence : la naissance, la vie et un jour, la mort. De la loi «Ezzan» à la volonté affichée par les nouvelles autorités de revenir sur cette fameuse loi, la famille Sèye n'a jamais été associée. Ni de près ni de loin. Cela relève peut-être du pouvoir régalien de l'Etat incarné par le président de la République. Personne n'y peut rien.

D'autres avant Me Babacar Sèye ont quitté ce bas monde dans des conditions quelque peu similaires. Leurs dossiers ont été rangés dans les tiroirs, puis ressuscités et définitivement passés sous silence. L'Etat, dans sa souveraineté, décide de la suite à donner à tout. Ainsi veut la Constitution. Le devoir de la famille est de perpétuer la mémoire de l'illustre magistrat. C'est dans ce sillage que la famille entend organiser, ce week-end, plusieurs manifestations à Saint-Louis, ville qui a vu naître le serviteur de la Nation. Une lecture de Coran est prévue ce dimanche, 19 mai, à son domicile de la ville tricentenaire, au 24, rue Blanchot, actuelle rue André Guillabert. Au programme de la journée de ce dimanche : des moments de recueillement, des témoignages, une visite au cimetière Thiaka Ndiaye où repose Me Sèye. Un mémorial sera organisé en son honneur le 15 août prochain, apprend-on de la famille. Cette manifestation regroupera les contemporains du disparu, l'équipe de la Linguère de Saint-Louis, la famille judiciaire (avocats, magistrats, huissiers et les personnes subalternes de la justice) avec des plaidoiries et des consultations juridiques gratuites. Pour la journée d'aujourd'hui, une lecture du Coran est prévue à son domicile à Saint-Louis, par certains membres de la famille qui sont sur place.

Indemnisation de la famille, une curiosité malsaine

Vingt ans déjà ! Des démarches ont été initiées par la famille depuis 1994, pour indemniser la famille du disparu. A cet effet, des correspondances ont été adressées, d'abord aux autorités socialistes, puis libérales. Mais, il s'agit plus d'une reconnaissance envers la famille d'un homme tombé sur le champ d'honneur que d'une indemnisation.

Vingt ans déjà ! Des langues se sont déliées sur cette question. Avec des contrevérités à la pelle. Et même si indemnisation il y a eu, peut-on dénier à la famille le droit d'être indemnisée ? «Il s'agit plutôt d'une compensation. Mieux, d'une reconnaissance d'un homme mort sur le champ d'honneur, en remplissant un devoir républicain», se défend la famille. En définitive, c'est une curiosité malsaine que de vouloir étaler sur la place publique la somme exacte que la famille aurait reçue à titre d'indemnisation.«Quand Me Sèye a été tué,aucun membre de la famille n'était dans le besoin. Certains de ses enfants étaient déjà universitaires, d'autres travaillaient et gagnaient décemment leur pain. L'indemnisation dont on parle, c'est en réalité une reconnaissance envers un homme qui n'a ménagé aucun effort au service de la Nation», insiste la famille.

L'Observateur

Rewmi

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