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Procés de l'étudiant tué lors des émeutes de Grand-Yoff: L’Etat livre à la Justice les trois policiers accusés du meurtre de Ousseynou Seck

Les trois policiers accusés du meurtre de l'étudiant, Ousseynou Seck, n'ont pas été protégés par l'Etat. Parce qu'ils auraient agi en marge de la Loi. Ils risquent une condamnation ferme de 5 ans de prison.

L'affaire de l'homicide du jeune étudiant, Ousseynou Seck, a été mise dans le compte des violences préélectorales. Les trois policiers, Bâ Abdoul Niang, Ibrahima Diouf et El Hadji Bopp, le chef de la Brigade de recherches de Grand-Yoff ont corrigé la rumeur en mettant les faits qui ont conduit à cette mort d'homme dans son véritable contexte. Même si le «meurtre» de ce jeune étudiant a coïncidé avec les émeutes contre la troisième candidature de Me Abdoulaye Wade à la Présidentielle de février 2012. En effet, il s'agit d'une affaire viciée par un «douteux» trafic de drogue. Même si aucune graine de chanvre indien n'a été découverte. Et à la lumière des débats d'audience, il a été démontré, avec l'approbation des trois policiers prévenus de Coups et blessures volontaires sans l'intention de la donner, que cette intervention qui est à l'origine de cette mort s'est faite en toute illégalité. Elle n'a pas été mentionnée dans le cahier des opérations du poste de Police de Grand-Yoff. Et ni le commandant ni le commissaire de police n'ont été tenus au courant.

Une illégalité que les trois policiers risquent de payer cher, au prix même de leur carrière. Pour la simple raison que l'Etat au nom de qui ils agissaient s'est complètement désolidarisé d'eux. En atteste la plaidoirie pédagogique de l'agent judiciaire de l'Etat, Ababacar Bâ. Celui-ci a rappelé que l'indicateur Birane Fall qui avait activé la police contre Ousseynou Seck est mort. Pour en revenir sur le fait que des agents qui étaient partis pour sécuriser les domiciles de personnalités dans leur rayon de compétence se résignent à cueillir un soi-disant trafiquant. Dans le cadre d'une opération illégale, dit-il, on ne peut pas tenir l'Etat pour responsable de leurs agissements qui ont conduit au meurtre d'Ousseynou Seck. «Si les trois policiers ici présents avaient commis cette faute dans l'exercice de leur fonction, c'est le Tribunal militaire qui serait compétent pour les juger. Ils ont agi pour leur propre compte et ils doivent assurer la conséquence de leur acte. D'autant plus que l'Etat reconnaît à tous les citoyens le droit à la vie», démontre M. Bâ. En écho, le Procureur n'a pas manqué de mentionner que ses trois subalternes ont outrepassé leurs prérogatives, puisque rien ne justifie la violence qui a été exercée sur la victime. L'avocat de la société est revenu sur le certificat de genre de mort qui atteste qu'Ousseynou Seck est mort suite à des Coups et blessures volontaires qui ont touché la moelle épinière. Ainsi, il a estimé que Bâ Abdoul Niang est l'auteur du coup fatal. Il a requis 5 ans contre les trois prévenus.

Et la mère de la victime qui a comparu à titre de partie civile a conforté les dires du Procureur en attestant qu'avant de rendre l'âme, son fils lui a expliqué que c'est Bâ Abdoul Niang qui lui a tordu le cou et qu'il ne sentait plus aucun de ses membres. Gagnée par l'émotion, la dame Binetou Soumaré a craqué au cours de sa déposition. La partie civile, par la voie de son conseil, Me Assane Dioma Ndiaye, a réclamé 50 millions FCfa et a demandé au juge de déclarer l'Etat du Sénégal civilement responsable.

Au cours de leur déposition, les trois policiers ont nié les faits de Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort. Le chef de la brigade a reconnu que l'opération n'était pas programmée, mais qu'ils ont profité d'une sortie pour exploiter une information anonyme faisant état de trafic de chanvre indien. C'est Bâ Abdoul Niang qui affirme avoir appelé Ousseynou Seck pour passer une commande de deux cornets de chanvre. Quand il s'est présenté à l'étudiant celui-ci a voulu l'attaquer et il a usé d'une technique de self-défense pour le neutraliser. Bâ Abdoul Niang a dit que El Hadji Bopp lui a donné des coups de gourdin aux mains et aux pieds. Ce que le chef de la Brigade de recherches a démenti. Les trois policiers seront édifiés sur leur sort le 25 juin prochain. Eux qui croupissent à la prison de Rebeuss depuis le 9 juillet 2012.

L'Observateur

Rewmi

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