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Le privé encouragé à recourir aux financements de la BAD

38 ans après la dernière organisation des Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement à Rabat, le Maroc se prépare activement à accueillir du 27 au 31 mai 2013, à Marrakech, sous le haut patronage de SA Majesté le Roi, cette grande manifestation qui se tiendra quelques jours après l'annonce à Tunis, siège de la banque, de la nouvelle stratégie du groupe pour les 10 prochaines années. Avec comme thématique centrale «La transformation structurelle de l'Afrique», pas moins de 75 séances et réunions seront organisées durant 5 jours, en présence de gouverneurs, de gouverneurs suppléants, de conseillers, de ministres, de banquiers, de dirigeants d'institutions financières internationales, etc. M. Nizar Baraka, Ministre de l'Economie et des Finances, Gouverneur du Royaume du Maroc et Président du Conseil des Gouverneurs de la BAD, a indiqué que l'organisation de ces Assemblées générales réunira plus de 3 000 personnes, avec la participation de 54 ministres africains chargés de l'économie et des finances, des gouverneurs des banques centrales africaines et des représentants de 24 pays de trois continents (Amérique, Europe et Asie).

Pour M. Youssouf Ouedraogo, Conseiller Spécial du Président de la BAD, cette réunion sera l'occasion pour les participants de débattre de plusieurs thèmes d'intérêt commun pour le continent africain, qui s'inscrivent dans la nouvelle orientation stratégique de la BAD au cours des 10 prochaines années et qui vise la transformation structurelle du continent qui est resté relativement résiliant face à la crise mondiale. Dans ce cadre, l'institution de développement africaine va lancer, lors de cette manifestation, le concept de croissance inclusive qui vise à diversifier la production du continent pour éviter la dépendance sur un certains nombre de produits et asseoir la croissance sur des secteurs créateurs de valeur et d'emplois. «Il faut se pencher sur un modèle à même de réduire les inégalités sociales au niveau du continent en mettant l'accent davantage sur la qualité de la croissance», a expliqué le Conseiller Spécial du Président.

Revenant sur les relations privilégiées qui lient le Maroc à l'institution, il a souligné que «le Maroc est un client de la banque et il est considéré par la BAD comme étant un partenaire exemplaire et un pays modèle dans plusieurs domaines (infrastructure, éducation, santé, etc.) au niveau du continent».

 

500 millions d'euros par /an 

 

Ainsi, selon M. Baraka, l'événement sera aussi l'occasion pour le Maroc de faire connaître les politiques de libéralisation économique du Royaume et présenter son vaste potentiel d'investissement.

Outre les préparatifs de l'organisation de cet événement, la rencontre avec la presse a été aussi l'occasion de revenir sur les relations de coopération liant le Maroc et la BAD, qui sont privilégiées, sachant que le Maroc est le premier bénéficiaire des crédits de la BAD en Afrique. En 40 ans de coopération, l'institution de développement africain a accompagné le Maroc dans la réalisation de ses projets et programmes d'investissement ainsi que dans les réformes engagés dans plusieurs secteurs hautement prioritaires. Ainsi, selon le ministre, en 42 ans de partenariat, la BAD a financé une centaine de projet pour un montant dépassant les 10 milliards de dollars sous formes de prêts et dons dans le cadre d'assistance technique, études, travaux analytiques, expertises, etc.

Aujourd'hui, la coopération entre les deux parties est encadrée par le plan stratégique 2012-2016 qui s'articule autour de deux piliers stratégiques qui cadrent parfaitement avec les priorités du Gouvernement, à savoir : le renforcement de la gouvernance et de l'inclusion sociale, d'une part, et le soutien au développement des infrastructures «vertes», d'autre part. Et pour accompagner cette stratégie, la BAD compte débloquer une enveloppe de 500 millions d'euros par an sur la période 2012-2016. Toutefois, selon les besoins du Royaume, l'enveloppe annuelle pourrait se situer entre 800 millions et 1 milliard de dollars par an.

Enfin, M. Baraka a souligné que le temps est venu aussi que la BAD s'intéresse aux entreprises privées marocaines. Le financement accordé à l'OCP en 2012, sans garantie de l'Etat, marque l'ouverture de la banque sur le secteur privé national sachant que l'OCP a été jaugé sur la base de critères purement privés. Et selon le ministre, la BAD dispose d'instruments adaptés au financement du privé et pourrait ainsi soutenir les banques et les entreprises privées marocaines dans leur processus de développement sur le continent africain. Outre l'apport de financement, le recours au financement de la BAD permet de diversifier les sources de financement du secteur privé et de diminuer le poids d'endettement de l'Etat.

Moussa Diop

La Nouvelle Tribune

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