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Élection présidentielle de 2013 : Surprenant engouement pour le palais de Koulouba

ci-contre Soumaila Cissé, Moussa Mara, Konimba Sidibé

Comme à une véritable course vers un trésor, différentes personnalités ne cessent de déclarer leur intérêt pour la magistrature suprême du Mali. Parmi celles-ci, si l'on peut noter avec intérêt des responsables politiques de premier plan, il y a aussi des individus sortis de nulle part qui pensent que la présidence de la République se conquiert par un coup de baguette magique… Au risque de jeter du discrédit sur la prestigieuse institution.

 

 

Si l’on s’amusait à compter aujourd’hui tous ceux qui manifestent leurs intentions de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, on pourrait battre le record des 24 postulants de 2002. Une trentaine de candidatures potentielles peut être enregistrée. On s’interroge alors sur ce qui explique ce fol engouement pour le fauteuil présidentiel.

 

 

Des plus ridicules aux plus fantaisistes en passant par celles qui se justifient, les potentielles candidatures à l’élection présidentielle de 2013 ne cessent de s’empiler. Le Mali serait une association que nul ne s’offusquerait de voir certains  » candidats «  se bousculer pour le diriger ! Mais le seul fait de citer ces personnes comme aspirant à occuper la prestigieuse fonction de premier magistrat de la nation devient quasiment insultant pour le pays. Cette situation s’apparente à une maison dont le chef de famille se serait absenté qu'un drôle d'individu, sorti de nulle part, voudra suppléer. Certaines candidatures ne surprennent guère. Tant elles sont issues de formations politiques ou d’alliance de partis politiques plus ou moins bien implantés sur l’étendue du territoire national. D’autres personnalités, à défaut de disposer d’une assise politique de soutien, sont reconnues comme jouissant d’une relative notoriété et disposent souvent d’une armada d’associations et clubs de soutien pour soutenir leurs ambitions.  Ainsi, il est légitime que Soumaïla Cissé, IBK, Modibo Sidibé, Dramane Dembélé, Soumana Sacko, Me Mountaga Tall, Tiébilé Dramé, Housseini Amion Guindo dit Poulo. S'y ajoutent de gros outsiders tels que Cheick Modibo Diarra, Konimba Sidibé, Moussa Mara, Choguel Kokalla Maïga, Hamed Sow, Jeamille Bittar, Madani Amadou Tall, Cheick Boucadry Traoré, Ousmane Ben Fana Traoré, Soumeylou Boubèye Maïga, Ahmed Diané Séméga, Mme Haïdara Aïssata Cissé dite Chato. N'empêchent que les uns et les autres s’activent, remuant ciel et terre pour briguer le fauteuil présidentiel.

 

Mais la longueur de cette liste, du reste non exhaustive, suscite des interrogations quand on sait que lors de la récente élection présidentielle qui a porté François Hollande au pouvoir en France, seulement 10 candidats étaient en lice : Mmes Eva Joly, Marine Le Pen, Nathalie Arthaud, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Jacques Cheminade, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande. En France, pour se présenter , le candidat à la présidence de la République doit : ne pas être privé de ses droits civiques concernant l’éligibilité ;  avoir au minimum 18 ans (jusqu’en 2011, la limite était fixée à 23 ans), être inscrit sur une liste électorale ; avoir recueilli au moins 500 « parrainages » d’élus (maires) sur les 2/3 du territoire ; avoir établi une déclaration de situation patrimoniale ; posséder un compte bancaire de campagne.

 

Au Mali, la loi électorale est en phase de relecture, mais le payement de la caution des 10 000 000 F CFA, le parrainage de 10 députés ou de huit conseillers locaux provenant de chacune des cinq régions du pays n'ont pas dissuadé cette nouvelle race de… vautours qui rodent autour du  palais de Koulouba.

Ils sortent du néant, ne pouvant compter sur la signature d’aucun élu, mais crient à qui veut l'entendre qu’ils veulent et peuvent diriger le Mali. Et dire qu’il faut qu’ils réalisent un score d’au moins 5 % des suffrages exprimés pour se faire rembourser la caution. D’aucuns diront que le passeport diplomatique auquel ces assoiffés de pouvoir ont droit et leur CV amélioré avec l’indication « ancien candidat à la présidence de la République » valent tout cet effort. Un effort qui risque de décrédibiliser la première institution de la République et de les ridiculiser eux-mêmes.

 

                                  Bruno D SEGBEDJI

 [email protected]

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