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Tunisie : Deux retours pour un détour

Par Zakaria Bouker

Les 4/5 des tunisiens et tunisiennes ne connaissaient pas Ennahdha avant le 15 janvier 2011. Les moins de 23 ans n'était pas nés quand R.Ghannouchi avait cessé d'être tunisien.
C'est quand même intriguant de voir 10.000 jeunes de moins de 25 ans accueillir un sujet britannique interdit de séjour dans la majorité des pays pour actes de terrorisme et dont ils n'ont jamais entendu parler jusqu’à la veille de son arrivée le 30 janvier 2011 à l'aéroport construit par Bourguiba à côté de l'aéroport de l'Aouina. Faut-il être devin pour y voir de l'argent sale ? Beaucoup d'argent sale ! Enormément d'argent très sale.
Ghannouchi était au rendez-vous du butin.

Le 1 juin 1955, 100% des tunisiens et des TUNISIENNES connaissaient le leader Habib Bourguiba, peut être mieux que leur propre père !
La Tunisie ne comptait alors qu'à peine 3 millions, dont 200 mille à Tunis . La goulette avec son port était noire de monde jusqu'aux abords du Casino. Pas moins du quart de la Tunisie déferlait, affluait, se bousculait, jubilait, scandait le chant patriotique en attendant l'arrivée du Zaïm avec l'indépendance du pays en poche. La première depuis Jugurtha !
Ya7..ya ……bourgui ..ba ( que vive Bourguiba ! ) Un refrain qui durera un demi-siècle.
Certains tunisiens du sud étaient là depuis deux jours ...partis depuis 5 jours à pieds !!! Avec trois pains d'orge une livre de Bsissa d'orge également...au mieux quelques olives et quelques dattes.
Le père de Marzougui n'y était pas, et pour cause. Le père de kheriji non plus.
Radio BBC relayait la nouvelle dans les seuls 200 postes TSF qui meublaient les rares cafés modernes. Ceux qui ont manqué la fête s'agglutinaient tout ouïe, c½ur battant, pour ne pas manquer même les parasites.
Sous l'énorme sombréro mexicain qui remplaçait le légendaire couvre-chef Chechia Stambouli du zaiem, couleur du premier drapeau hissé légalement, brillait la tête pensante de la Tunisie moderne.
Bourguiba venait de forcer l'histoire pour venir à son rendez- vous !

Il triomphera de plusieurs complots jusqu'aux deux derniers, à un jour d'intervalle : le 7 et le 8 novembre 1987. La Bourguibie continue de pleurer son Bourguiba un siècle après.
Nehru, Nasser, de Gaulle, Ho Che Minh, Ben Bella , Kenedy , le Chah d'Iran, Indira ghandi, Mohamed V, la reine Elisabeth, le roi Baudouin, Tito, Maccarius, Sukarno, Ahidjo, Senghor, H.Boigny... Tous les géants de ce monde ont approché le non moins géant de l'histoire sur les traces d'Hannibal.
On n'aura jamais assez loué le courage et le risque pris le 31 juillet 1954 à Tunis par Mendès France, ce juif socialiste admirable, qui jouera sa tête pour rendre possible le rêve d'enfance de Bourguiba : la promesse d'une première indépendance, depuis des millénaires. Il aura passé une heure au-dessus de l'Aouina avant d'avoir le feu vert pour atterrir sans courir le risque d'être la cible de la main rouge ( liid el 7amra qui a assassiné Farhat Hached ) .
Le 1 juin 1955, la Tunisie fête le retour mais Bourguiba fêtait autre chose !! Toutes les armes des fellagas avaient été remises puis ramassées. Force était revenue à la loi ! Ce fut le plus grand exploit de l'histoire !!!!!!!!!!!

Peu d'historiens mesurent aujourd'hui ce grand tour de force ... qui a donné à la Tunisie 50 années de stabilité et que R.Ghannouchi vient de gâcher.
Bourguiba avait introduit une nouvelle notion longtemps absente dans les cours de sciences-po : Le mariage possible entre la morale et la politique.
Il avait eu le courage de réclamer les corps des fedayins abattus à Munich.
Il avait eu le courage de recevoir Yasser Arafat venant en fugitif de Beyrouth non sans lui avoir offert le droit et la chance de retourner directement à Jérusalem.
Il avait donné la première nationalité tunisienne à Mandela en entrainant l'Afrique et une partie du monde libre dans son sillage.
Il avait donné à la ligue des Etats arabes, à la conférence islamique, aux pays non alignés ... ses meilleurs dirigeants ... et ses seuls titres de noblesse.
Bourguiba était né pauvre et orphelin dans un pays pauvre , il est mort plus pauvre dans un pays riche

D’une poussière d’individus, il a fait une nation. Une nation unie et moderne .
A la barre, il man½uvrait dans une mer montée durant le guerre froide, évitant les coups d'Etat, les convoitises, les complots islamistes du golfe....

Son dernier geste lui coûtera cher : L'émir bédouin d'Arabie prenait ses aises à Hammamet ce dernier été 87 et se permettait de confondre serveur et serviteur. La plainte de ce tunisien arrive aux oreilles de Bourguiba qui ordonna le renvoie immédiat de l'émir manu militari.
Le 7 novembre Ben Ali donne au roi d'Arabie sa première vengeance. L'autre vengeance viendra le 23 octobre 2011.
Car le 6 novembre 1987 Moncef ben Salem ,avec une bande de putschistes , mettait la dernière touche à son coup d'Etat du 8 Novembre quand il présidait la section secrète du MTI (Mouvement de la Tendance Islamique) ... ancêtre d'ennahdha . Mourou n'en pouvait plus avec ce groupe plus terroriste qu'islamiste.
Cela se complique encore quand R.Ghannouchi le djihadiste se réunit avec Ben Laden en 1996... de quoi ont ils parlé ?

A suivre ...

Zakaria Bouker

Remarque :  « Tunisie Focus ne partage pas forcément les opinons exprimées dans cet article »

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