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«Priorité à l’entreprise algérienne»

L'Algérie vit une situation où le poids des importations brime toute velléité de croissance interne et process d'accumulation, selon le ministre.   Riches de ses recettes issues de l'exportation d'hydrocarbures, l'Algérie peine pourtant à impulser une réelle dynamique de croissance assise sur l'entreprise.  Pourtant, au regard de l'importance des fonds injectés dans le circuit via les politiques keynésiennes initiées depuis plus d'une décennie et de la forte demande qui s'en est suivie, celle-ci n'induit pas de croissance et ne bénéficie pas à l'entreprise algérienne. Elle nourrit plutôt les importations qui augmentent d'année en année de manière exponentielle. Ainsi, selon les chiffres présentés hier au Forum d'Alger, l'Algérie est le plus grand importateur de la région Meda avec une part de 21% des importations et l'exportateur le plus faible avec une part d'à peine 0,48%. Le pays exporte, comme l'avait affirmé il y a quelques années un économiste, de la richesse et importe de la pauvreté. Le ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, Cherif Rahmani, estime que l'Algérie souffre tout simplement du syndrome hollandais. Le pays vit une situation où le poids des importations brime toute velléité de croissance interne et process d'accumulation. Or, l'Algérie ne doit plus être considérée comme «le débarcadère ou la décharge» des marchandises d'autrui, a asséné M. Rahmani hier, au cours du Forum d'Alger dédié la consommation nationale comme moteur de la croissance interne.  Pour cela, le ministre évoque la nécessité de politiques protectionnistes donnant la primauté à l'entreprise algérienne, qu'elle soit publique ou privée. Celui-ci plaide pour la nécessité d'orienter une partie de la commande publique aux entreprises algériennes. Il estime aussi que tous les acteurs du marché devront désormais se mobiliser afin de tordre le cou à l'idée selon laquelle l'entreprise algérienne ne peut être qu'assistée et en décalage par rapport à la compétitivité des entreprises internationales. Le ministre pense ainsi qu'il appartient à l'entreprise d'offrir des produits de qualité aux consommateurs à des prix abordables, tout comme il appartient au gouvernement de répondre  aux attentes «légitimes» des opérateurs économiques en libérant les initiatives, en améliorant le climat des affaires et en lubrifiant le marché aux profit d'entreprises algériennes à la visibilité brouillée par le poids du marché informel et l'entrée d'acteurs étrangers à la puissance financière certaine. Un point de vue partagé par le président du Forum des chefs d'entreprises, qui estime que l'entreprise algérienne devra désormais se prendre en charge, former ses ressources humaines et améliorer sa gouvernance. Réda Hamiani pense que l'entreprise algérienne privée devra désormais cesser de reproduire les schémas de rente et d'assistanat ayant miné le secteur public. Et d'ajouter que celles-ci devront cesser de repousser l'échéance des ouvertures sur le marché et d'½uvrer pour un protectionnisme subtil, assis sur les normes de qualité. Un protectionnisme défendu par Mourad Preure,  président du cabinet Emergy, lequel plaide aussi pour un protectionnisme offensif via la conquête de nouveaux marchés. De son côté, le PDG du groupe pharmaceutique Saidal, Boumediène Darkaoui, a insisté sur un protectionnisme en faveur des industries à fort taux d'intégration. Il estime aussi que nulle politique industrielle n'est possible sans politique sectorielle aux objectifs clairement définis.  

El Watan

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