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Le ministre de l’Intérieur culpabilise les algériens

Habitué à des sorties médiatiques fracassantes, Daho Ould Kablia est passé maître dans l'inversion des rôles et des situations. Dans le logiciel du ministre de l'Intérieur, ce sont les forces de l'ordre qui subissent «les foudres» des manifestants et non l'inverse. Interpellé sur l'attitude répressive des forces de l'ordre face aux mouvements de protestation des organisations syndicales, le premier policier du pays a rappelé que les forces de police qui veillent à «l'ordre public» sont là pour «prévenir, contenir et pourquoi pas réprimer, dans les limites de la loi, lorsque les circonstances l'exigent». Un discours qui justifie la bastonnade et le recours systématique à la répression policière. De quoi donner des «arguments» aux chefs de la police si prompts à brandir la matraque. Le ministre trouve que l'excès est de l'autre côté de la barricade. C'est-à-dire chez les manifestants. «Personnellement, je trouve que s'il y a excès, il provient de la part des manifestants et la plupart des blessés recensés lors des protestations sont des éléments de la police.» A entendre Daho Ould Kablia, ce sont les médecins, les enseignants, les greffiers, les fonctionnaires, les étudiants et les chômeurs du Sud et du Nord armés de gourdins qui font des descentes punitives et qui bastonnent les forces de sécurité. Les Algériens étaient choqués de découvrir à la une de la presse nationale des médecins, hommes et femmes, officiant à l'hôpital Mustapha Pacha (Alger), les visages maculés de sang à cause de la brutalité policière. C'est avec une fureur rare que les forces antiémeute ont chargé les contingents de gardes communaux sur leur chemin de la mobilisation. Même sort réservé aux étudiants. Selon le ministre de l'Intérieur, la faute incombe aux citoyens «qui ne se comportent pas convenablement». Des Algériens au «tempérament anarchique, anarchistes», dit-il ! Un jugement moralisateur. Les Algériens sont-ils ainsi donc génétiquement prédisposés à l'anarchie ? Daho Ould Kablia n'est pas sans savoir que c'est l'autorité qu'il représente qui interdit toute manifestation syndicale ou politique pourtant garantie par la loi. Ce sont les mêmes autorités qui interdisent le droit de grève. Depuis, à chaque manifestation pacifique des mouvements sociaux ou politiques, le ministère de l'Intérieur oppose la répression policière. C'est dans l'ADN même du pouvoir politique de gérer dans la violence et avec la violence les conflits qui traversent la société. Aux revendications politiques et sociales exprimées pourtant pacifiquement, les autorités politiques opposent une gestion policière, en mettant en branle l'appareil répressif de l'Etat. La régulation par la violence. Une politique qui exacerbe et alimente encore plus les tensions et les violences sociales. La violence multiforme dans laquelle s'est installée durablement la société est immanquablement la conséquence de choix politiques. Absence de médiation dans le règlement des conflits sociaux, verrouillage des espaces d'expression publics, empêchement de l'organisation libre et autonome de la société et accumulation de frustrations sociales sont autant de facteurs générateurs de violence. La parole politique peut être aussi violente. Les Algériens gardent encore à l'esprit les propos du prédécesseur de Ould Kablia, lorsqu'un jeune lycéen, Massinissa Guermah, fut lâchement tué dans une brigade de gendarmerie à Beni Douala (Tizi Ouzou). Noureddine Yazid Zerhouni avait traité le brillant lycéen de «voyou».

El Watan

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