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«L’état algérien fait face à des phénomènes qu’il ne contrôle pas»

Ali Fawzi Rebaïne, président du parti Ahd 54, décrit l'Algérie comme un pays se débattant encore dans des débats d'arrière-garde des années 60-70, s'appuyant sur des institutions fictives et n'ayant aucune vision pour l'avenir. Invité aux Rencontres d'El Watan, le  président du parti Ahd 54 a fait part de certaines craintes de voir la situation se détériorer car,  à l'en croire, le gouvernement actuel fait face à des « phénomènes» qu'il ne contrôle pas. «Il y aura des facteurs exogènes et endogènes qui feront que le pouvoir politique aille dans une direction et pas dans une autre. C'est l'une de mes plus grandes craintes car il y a la certitude du dérapage. C'est pour cela qu'il est impératif de se diriger vers un débat plus organisé et savoir, dès maintenant, ce qu'on veut », plaide-t-il, en prédisant que même avec le contingent de policiers et de militaires, il ne sera pas possible de juguler la crise. Le fait est, d'après lui, que le front social commence déjà à s'organiser. «Ce n'est plus le front social unitaire dans le sens où il y a des contestations bien circonscrites, cela commence à faire tâche d'huile. Les détenteurs du pouvoir ne pourront rien faire face un phénomène social», analyse-t-il. «D'un autre côté, ajoute-t-il, s'il y a des problèmes exogènes sur lesquels les gouvernants actuels n'ont aucune prise, ils devront en subir les conséquences. C'est ce qui s'est passé au Mali, en Libye, en Tunisie ainsi qu'en Europe et aux Etats-Unis à cause des crises économiques.» «Les centres de décision sont obscurs» Aussi est-il important, d'après lui, de poser les véritables questions. «Le problème n'est pas de savoir si le général Toufik est le bon Dieu de l'Algérie ou pas, le plus important est de savoir où va le pays, souligne Fawzi Rebaïne. Il ne sert à rien de se focaliser sur Toufik ou le frère du Président. Ce qui nous intéresse ce sont les  problèmes aigus qu'affronte le pays, parmi eux, le front social en ébullition. Il n'y a pas de réponse. Ce sont là des problèmes qu'il lui est impossible de régler car il fallait avoir une vision et une honnêteté politiques.» Le fait est, d'après lui, que  les centres de décision restent obscurs en Algérie et que les institutions qui devraient jouer un rôle pour maintenir l'équilibre de l'Etat sont grippées. «Institutionnellement, le Premier ministre n'a aucun poids car nous avons un régime présidentiel. C'est le Président qui a toutes les manettes en main. S'il est absent, le pays sera paralysé, comme par exemple, en 2005 où il n'était pas là pour la signer, tout s'est arrêté», souligne le chef de Ahd 54. Il est urgent, d'après l'invité d'El Watan, d'ouvrir un débat national portant sur l'avenir du pays. Il n'y a aucune vision politique, économique ou sociale pour projeter le pays pour les vingt ans qui viennent. «Le changement de la constitution n'est pas une priorité» «Comment veut-on projeter notre pays et ses institutions dans le futur ? Le problème des libertés, des institutions, les représentants du peuple, les représentants de l'Etat, etc. Aujourd'hui, on devrait ouvrir le débat  réfléchir : le pays qui compte 37 millions d'habitants, avec des opinions, des tendances politiques et des philosophies diverses, sur ce qu'on veut faire de ce pays, où veut-on aller ? Le combat politique est une chose, il y a des élections qui sont faites pour ça, il y a des débats qui sont faits pour cela, la question urgente est de savoir  dans quelle direction va notre pays ?» Aussi est-il malvenu, d'après lui, d'entamer un changement de la Constitution alors qu'il y a des questions autrement plus importantes à régler.   «J'ai demandé à Sellal pourquoi le changement de la Constitution, il m'a dit que c'était un engagement du Président. Il y a tant de promesses qui n'ont pas été tenues, on ne comprend pas pourquoi focaliser sur celle-ci en particulier ? L'essentiel aujourd'hui, c'est le front social et la sécurité extérieure de notre pays. Le jour où il y aura de véritables élections transparentes, l'alternance se fera même s'il n'y a pas de limitation de mandats dans la Constitution. Mais dans l'état actuel des choses, il est important de limiter à deux mandats pour que les gens comprennent qu'ils ne sont au pouvoir de façon permanente». Mais pour cela il faut des hommes politiques crédibles capables de transcender leur ego pour régler les problèmes de société. Il ajoute : «Ce n'est pas une priorité, si un candidat est majoritaire, il ne trafique pas ce qu'il veut, qu'il y ait une institution qui lui dise non et que ce ne soit pas les militaires, qu'il y ait un Conseil constitutionnel crédible, une séparation des pouvoirs.» Les gouvernants actuels cherchent, dit en substance Ali Fawzi Rebaïne à entraîner les acteurs politiques vers un débat d'intellectuels à l'heure où la situation risque  d'être explosive sur le terrain.  

El Watan

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