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Afrique du Sud: situation toujours bloquée à la mine de Marikana

Les opérations de la mine de platine de Marikana, dans le nord de l'Afrique du Sud, restaient bloquées pour le deuxième jour consécutif mercredi, les mineurs ayant à nouveau refusé de se rendre au travail pour obtenir la reconnaissance du nouveau syndicat majoritaire.

"Les employés n'ont pas pris leur quart du matin", a indiqué à l'AFP Sue Vey, la porte-parole de Lonmin, le groupe britannique qui exploite la mine de Marikana. "Il n'y a pas d'équipe du matin et les puits sont à l'arrêt."

Les mineurs avaient cessé le travail mardi matin.

Ils demandent qu'Amcu, le petit syndicat radical désormais majoritaire chez Lonmin avec 70% des employés, soit reconnu par la direction au détriment du NUM, le syndicat proche du pouvoir qui n'est plus suivi que par 20% des mineurs.

La situation est d'autant plus tendue qu'un responsable régional d'Amcu a été abattu par des inconnus samedi, un meurtre suivi dimanche par celui de deux jumeaux qui appartenaient au NUM, selon l'ancien syndicat majoritaire.

Les deux syndicats sont à couteaux tirés, au moment où s'engagent des négociations salariales dans la profession.

"Apparemment, les travailleurs ne se sont pas présentés au travail ce matin", a confirmé à l'AFP le président d'Amcu Joseph Mathunjwa.

La direction d'Amcu dit ne pas avoir appelé à cette grève sauvage, mais elle ne la désavoue visiblement pas, et des responsables locaux ont appelé mardi soir à la poursuite du mouvement.

"Le NUM est toujours traité comme le syndicat majoritaire dans l'entreprise", s'est plaint M. Mathunjwa. "Le NUM apporte injustement des armes à feu sur le lieu de travail sans être réprimandé par la direction."

"Lonmin ne permet et ne tolère pas le port d'armes à feu", a réagi la direction dans un communiqué.

Le groupe britannique indique vouloir discuter avec tous les syndicats, ajoutant qu'il lui est impossible de fermer la permanence du NUM avant le 3 juillet.

"Nous sommes en train de rencontrer les syndicats. Nous espérons trouver un accord", a dit la porte parole Sue Vey à l'agence Sapa, précisant qu'aucune revendication formelle n'avait encore été présentée à la compagnie.

"Nous entendons des rumeurs", a-t-elle précisé. "Ca ressemble à une lutte pour le pouvoir entre syndicats."

La mine de Marikana avait été le théâtre au second semestre 2012 d'une longue et sanglante grève sauvage qui a fait en tout une cinquantaine de morts, dont 34 mineurs abattus par la police le 16 août. Le conflit, qui a duré plus de deux mois, avait été réglé à coups d'augmentations de salaires.

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