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Crise et artisanat : les activités au ralenti

Le secteur contribue de 15 à 20% au PIB

L'absence de touristes, la mévente des produits, la baisse considérable des revenus et la difficulté d'honorer les obligations fiscales sont entre autres problèmes auxquels le secteur est confronté

Les gros problèmes auxquels le secteur de l'artisanat malien est confronté aujourd'hui sont nombreux. Les experts retiennent le ralentissement des activités de production, l'absence de touristes, la mévente des produits artisanaux , la baisse considérable des revenus, la difficulté d'honorer les obligations fiscales, la méfiance des banques et des systèmes de microcrédits vis-à-vis des artisans devenus peu crédibles, le départ de la majeure partie des coopérants, l'exode des artisans vers les grandes villes de l'intérieur du Mali et les pays voisins. L'artisanat a subi de plein fouet les effets de la crise. Depuis 2010, avant même les évènements de Mars 2012, certains pays du Sahel, comme,le notre étaient considérés comme des pays à risque en raison des crimes perpetrés par les bandits, les narcotraficants, les groupes terroristes d'Aqmi dans la zone. Cette situation a eu des répercussions négatives sur l'artisanat dont la clientelle est essentiellement constituée de touristes. Les évènements de mars 2012 ont particulièrement aggravé la situation dans les principales villes du Nord: Mopti Tombouctou, Gao et Kidal qui vivent de tourisme et d'artisanat. Le secteur contribue de 15 à 20 % au PIB. Avec ses 171 corps de métiers, il occupe près de 40% de la population active. Il crée non seulement des emplois, mais génère des revenus. Il contribue à la transformation des ressources naturelles et à la réduction de la pauvreté. La crise a causé le déplacement de l'Administration vers le sud créant un vide dans le fonctionnement des services publics, parapublics et privés. Elle a entravé les activités de production et de commercialisation. La Maison des Artisans de Bamako est communément appelée Artisanat. Le président de la structure est Hamidou Danioko. Il a expliqué qu'à Bamako, l'effet de la crise se sent particulièrement à travers l'absence des touristes. Parce que ce sont eux qui sont les principaux clients. Les ONG et coopérants ont plié bagages. Les rares Blancs demeurés sur place ont peur d'apparaître aux lieux de rassemblement. «  Nous avons réalisé une étude qui a montré que 130 touristes étrangers visitaient chaque jour la Maison des Artisans. Avec la crise, seuls 3 à 4 étrangers viennent quotidiennement. Les touristes payent généralement les produits de sculpture, les instruments de musique, le Bogolan etc. Indépendamment de la diminution des clients étrangers, la consommation des nationaux a diminué de moitié surtout en bijouterie, maroquinerie et cordonnerie » déplore t-il. Depuis le début de l'Opération Serval la situation commence à s'améliorer constate Hamidou Danioko. Quelques touristes et coopérants ont réapparu. Mêmes les militaires étrangers commencent à fréquenter les lieux. Si cela continue, d'ici la fin de l'année la vie va reprendre son cours normal a-t-il ajouté. En termes de vente, le président de la Maison de l'artisanat a indiqué qu'avant les évènements de mars 2012, les artisans vendaient entre 2 à 6 millions Fcfa par jour. Actuellement, sur 20 bijouteries, 2 ou 3 stands vendent des articles. Cet argent alimente un réseau de solidarité qui aide les autres à survivre et joindre les deux bouts. AUTRES ALTERNATIVES. Pourtant, « Nous ne sommes pas pessimistes. Dans la vie des nations, il y a des hauts et des bas. Nous estimons qu'il ne faut pas désespérer. Nous sommes sûrs que la situation va revenir à la normale. Nous avons un total de 89 ateliers employant 620 artisans. Personne n'a fermé boutique. Tout le monde est resté sur place et garde l'espoir que la morosité va se dissiper. Dans d'autres pays, les gens changent de profession pour aller faire autre chose. A la Maison de l'artisanat nous nous soutenons mutuellement », a souligné Hamidou. Par ailleurs, le président a expliqué que la présente crise a poussé les artisans à se réorganiser et à trouver d'autres alternatives. Beaucoup avaient noué des partenariats lors des foires et expositions. Ils ont commencé à exploiter ces créneaux en envoyant leurs produits à l'extérieur à des partenaires au Burkina, à Dakar, en Côte d'Ivoire. Les galeries de ces pays se chargeront de les écouler sur le marché. Aujourd'hui, les gens envisagent après la crise de vendre sur place, mais aussi de continuer à exporter. Le souhait de Hamidou est qu'après la crise, un fonds soit créé pour accorder des prêts aux artisans en vue de la relance des activités. A cause de la mévente et du manque de fonds de roulement. La Présidente de la FNAM, Mme Astan Traoré déclare que le budget de la fédération avait tendance à croître mais la situation s'est inversée avec la crise. De 1996 à 2012, chaque année, l'Etat accordait aux artisans le marché de la confection des tables bancs pour les établissements scolaires à hauteur de un milliard de Fcfa. Ce marché est exécuté par l'ensemble des régions du Mali. En 2012, les trois régions du Nord n'ont pas exécuté leur part à hauteur de 400 millions de Fcfa. Selon Astan Traoré la mobilisation de ressources pose des problèmes. L'accès aux matières premières également. Les coûts de ces matières (tissu, bois, produits de teinture, appareils de filature, fil etc.) ont doublé voire triplé. Les commerçants fournisseurs ont des problèmes pour s'endetter et importer. Plusieurs partenaires qui subventionnaient les artisans ont quitté le Mali. Tout tourne au ralenti. A Bougouni, par exemple, une ONG avait commandé une tonne de mangue séchée. Mais, elle quitté le pays en laissant la commande sur le carreau. Beaucoup de commandes ont été interrompues à cause du manque de confiance. Au Canada, aux USA, les clients qui commandaient pour leur galerie Made in Mali ont aussi arrêté, déplore la présidente de la FNAM.

F. MAÏGA

 

OMC : LE brésilien Roberto Azevedo prend les commandes

C’est finalement un Brésilien qui va diriger l’Organisation mondiale du commerce. Roberto Azevedo succède au Français Pascal Lamy, à la tête d’un organe en quête d’avenir. L’unique candidat du monde occidental, le Néo-zélandais Tim Groser avait lancé un avertissement pendant sa campagne : l’OMC court le risque de devenir inutile. Cet ultra réalisme ne lui a pas porté chance, car c’est un peu son anti-thèse qui a finalement été choisi. Le Brésilien Roberto Azevedo s’est montré optimiste en axant tout son discours sur sa volonté et sa capacité à débloquer la négociation de Doha. Il y a pourtant peu de raisons de croire à la réouverture de ce chantier commencé en 2001 pour donner aux pays du Sud un meilleur accès aux marchés des pays du Nord. Il est aujourd’hui en état de mort cérébrale, faute de concessions des Etats-membres. Mais aussi parce que le paysage du commerce mondial s’est transformé ces dix dernières années sans attendre les nouvelles règles de l’OMC. Aujourd’hui ce sont les pays émergents qui tirent le commerce international. En effet, les chiffres illustre parfaitement que les exportations, comme les importations des émergents ont cru de 5-6 % en 2012 tandis que celles des pays riches ne progressaient que de 2 %, en 2013, ce fossé perdure. Bien sûr, en volume, sans la Chine, les pays émergents n’enregistreraient pas des résultats aussi remarquables. Bien sûr, les pays les plus pauvres sont toujours surtout des importateurs et peinent à faire leur place dans le commerce mondial. Mais la nouvelle donne est pourtant bien réelle, la montée en puissance des émergents a été d’ailleurs un facteur de blocage, les pays du Nord ayant du mal à imposer leurs vues à des pays du Sud de plus en plus sûrs d’eux. C’est un désaccord entre l’Inde et les Etats-Unis qui bloque aujourd’hui les discussions. La crise de 2008 a fait le reste. L’OMC s’est éclipsée au profit du FMI, le pompier de la planète en crise. L’autre phénomène qui remet en cause l’existence même de l’OMC, et qui est en partie une conséquence de sa paralysie, c’est la multiplication des accords bilatéraux signés entre grands pays ou grandes régions du monde, des accords plus faciles à trouver car le nombre de signataires est moindre. L’OMC souffre aussi de son succès et de ses règles, difficile de trouver un consensus à 159. Quelles sont les cartes dont disposent Roberto Azevedo pour ressusciter l’OMC ? Il dispose sans doute d’abord de sa fine connaissance de l’organisation, il y travaille depuis 1997. Le deuxièmement avantage est sa nationalité, en tant que Brésilien il aura sans doute une plus grande force de conviction pour faire bouger les BRICS. C’est ce que Nicole Bricq, la ministre française du Commerce extérieure attend de lui. Dans le communiqué saluant sa nomination, la ministre demande à l’OMC de mettre les nouvelles puissances commerciales face à leurs nouvelles responsabilités. La prochaine réunion prévue en décembre à Bali, en Indonésie aura valeur de test. Faute de résultat tangible, l’OMC n’aura plus que pour seul destin de faire écho aux accords bilatéraux en essayant de les transposer au niveau international. Il lui restera bien sûr à assurer son rôle d’arbitre dans les grands litiges commerciaux entre Etats. A. F. P

L'essor

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