mis à jour le

Nigeria : état d'urgence dans trois Etats frappés par la violence de Boko Haram

LAGOS (AFP) - (AFP)

Le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré mardi l'état d'urgence dans trois Etats frappés par les attaques du groupe islamiste extrémiste Boko Haram, en assurant que des "mesures extraordinaires" étaient nécessaires pour répondre à la violence croissante.

"Je déclare l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa", a annoncé le chef de l'Etat dans un discours télévisé, en référence aux trois Etats du nord-est frappés par des qui ont été théâtre d'une série d'attaques particulièrement sanglantes menées par Boko Haram.

Des renforts militaires seront "immédiatement" déployés dans cette partie du pays, a-t-il dit.

Le président a présenté comme "une déclaration de guerre" les dernières violences revendiquées par le groupe et il a pour la première fois reconnu que Boko Haram avait pris le contrôle de certaines parties de l'Etat de Borno.

Dans une vidéo reçue lundi par l'AFP, le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, avait revendiqué deux attaques très meurtrières dans l'Etat de Borno : celle de Baga, le 16 avril, qui avait été suivie d'une violente répression par l'armée, ayant fait au total 187 morts et celle de Bama menée le 7 mai, qui s'était soldée par au moins 55 morts.

Boko Haram entend instaurer un Etat islamique dans le nord à majorité musulmane.L'insurrection qu'il a lancée, et sa répression par les forces de sécurité, ont fait quelque 3.600 morts depuis 2009.

Après le bain de sang de Baga, Washington avait demandé au gouvernement nigérian "plus qu'une simple réponse sécuritaire" face à "l'extrémisme violent" de l'organisation islamiste Boko Haram.

La force conjointe de l'armée et de la police - déployée dans le Nord-Est pour combattre les islamistes - est régulièrement accusée d'exécutions sommaires et de violences envers les civils par diverses organisations internationales de défense des droits humains.

Le président nigérian, qui avait lancé une proposition d'amnistie pour les insurgés, a soutenu mardi que la stratégie incluant "persuasion, dialogue et larges consultations" serait poursuivie, tout en faisant valoir que le déchaînement de violences l'obligeait à présent à prendre des mesures plus agressives."Nous les pourchasserons, nous irons les repêcher", a-t-il dit à propos de ceux qui collaborent avec les insurgés.

Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique, comprenant quelque 160 millions de personnes, réparties entre le sud majoritairement chrétien et le nord où les musulmans prédominent.

M. Jonathan, au pouvoir depuis trois ans, avait déjà déclaré l'état d'urgence en janvier 2012 à la suite d'une vague de violences perpétrés par les extrémistes de Boko Haram, mais le décret s'appliquait alors seulement à certaines zones dans quatre Etats.

En cherchant à imposer cette mesure dans des Etats entiers, le chef de l'Etat doit d'abord obtenir l'autorisation des parlementaires nigérians, ce qu'il a promis de faire.

Quand l'ancien président Olusegun Obasanjo avait déclaré l'état d'urgence par deux fois, en 2004 et 2006, il avait révoqué des gouverneurs d'Etat démocratiquement élus et les avait remplacés par d'anciens officiers militaires, nommés administrateurs pour gérer les Etats.Mais le président Goodluck Jonathan s'est engagé à ne pas user d'une telle méthode."Les gouverneurs et les autres membres de la direction politique dans les Etats concernés continueront à s'acquitter de leurs responsabilités", a-t-il dit.

Africa n°1

Ses derniers articles: Les coups de coeur du 24/06/13  Mali : l'UE débloque 90 millions pour "consolider" l'Etat  Afrique du Sud : un syndicat veut doubler les salaires dans les mines 

Nigéria

AFP

Le Nigeria aimerait en savoir plus sur l'absence de son président

Le Nigeria aimerait en savoir plus sur l'absence de son président

AFP

Le sud-est du Nigeria toujours noyé sous l'or noir, malgré les promesses

Le sud-est du Nigeria toujours noyé sous l'or noir, malgré les promesses

AFP

Les agriculteurs du nord-est du Nigeria veulent rentrer chez eux

Les agriculteurs du nord-est du Nigeria veulent rentrer chez eux

Etat

AFP

"Biens mal acquis": la défense dénonce une "ingérence dans les affaires d'un Etat souverain"

"Biens mal acquis": la défense dénonce une "ingérence dans les affaires d'un Etat souverain"

AFP

Gambie: état d'urgence

Gambie: état d'urgence

AFP

Gabon: état de crise latente trois mois après la présidentielle

Gabon: état de crise latente trois mois après la présidentielle

violence

AFP

Centrafrique: guerre au sommet d'un pays miné par la violence

Centrafrique: guerre au sommet d'un pays miné par la violence

AFP

Kenya: dans la vallée du Rift, la politique nourrit la violence

Kenya: dans la vallée du Rift, la politique nourrit la violence

AFP

Le Burundi s'enfonce dans la violence et la dictature, avertit la FIDH

Le Burundi s'enfonce dans la violence et la dictature, avertit la FIDH