Affaire DSK: délits de copinage
Vue d'Alger, la subjectivité avec laquelle le monde politico-médiatique français a pu défendre DSK est choquante. A se demander si la justice américaine n'est pas un meilleur modèle.
Dominique Strauss-Kahn, sa femme Anne Sinclair et Jack Lang, à La Rochelle, le 28 août 2005. REUTERS/Regis Duvignau
La justice algérienne est loin d'être un bon exemple. Calquée en théorie sur le modèle français du fait de l'influence de la colonisation, elle a trouvé son propre fonctionnement avec le temps; bras vengeur d'une autocratie, autant sous la coupe de l'exécutif civil que celle des services de renseignements militaires, le DRS.
Empêtrée dans une molle tentative de réforme de la justice qui n'aboutira certainement pas avant longtemps, Alger se demande à juste titre quel est le bon modèle pour elle. La justice française, avec ses zones d'ombre, ses juges non élus, ses accointances politiques; ou la justice américaine, qui coûte si cher mais dont les juges, élus, traitent tout le monde de la même manière?
Depuis l'affaire Dominique Strauss-Kahn (DSK), le débat est tranché —du moins pour la population et les observateurs. Vue d'Alger, cette histoire aura révélé le fonctionnement d'une France du copinage politico-médiatique, une France tribale qui défend les siens sans réfléchir, corporatiste, voire ethnico-religieuse; une France en tous les cas presque féodale, où le délit est moins important que la personne qui le commet.
Bernard-Henri Lévy, philosophe plus à l'aise avec les médias qu'avec les concepts, l'a clairement expliqué, «DSK n'est pas un justiciable comme les autres». Le même philosophe qui avait défendu Roman Polanski dans une autre scabreuse affaire d’agression sexuelle. Le cinéaste s'était lui enfui des Etats-Unis, et, à New York, le procureur a réussi à faire refuser au patron du FMI sa première demande de libération sous caution, en citant justement l'affaire Polanski. C’est, sans jeu de mots déplacé, le serpent qui se mord la queue.
La France de l'accointement
Avant même l’issue du procès de Strauss-Kahn, plusieurs personnalités politico-médiatiques se sont exprimées sur cette affaire, à travers des déclarations dénuées tout autant d'objectivité que d'intelligence.
De l'attendrissante Michèle Sabban (vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France) et «la fragilité de DSK» que l'on doit, selon elle, prendre en compte pour pardonner ses pulsions sexuelles; du tolérant Jack Lang (député du Pas-de-Calais) qui minimise tout par un «il n'y a pas mort d'homme», pour condamner la non libération sous caution de DSK, ou du choquant journaliste Jean-François Kahn, qui évoque un «troussage de domestique», jusqu'à l'outrageant Jean-Pierre Chevènement (sénateur du territoire de Belfort), qualifiant l'affaire DSK d'une «nouvelle affaire Dreyfus», instrumentalisant ainsi la judaïté de DSK, le coupable présumé est devenu, en France, la victime confirmée.
Ailleurs, la réaction à ces sorties oscille entre une profonde déception et un sentiment de colère contre la France de l'accointance et de l'injustice, y compris de la part des médias américains qui n'auront pas manqué de soulever le honteux parti pris de l’Hexagone dans l’affaire. A Alger on a donc choisi... et applaudi la justice américaine, mobilisée pour une Guinéenne, femme de chambre et détentrice d'un permis de travail temporaire.
En France, les déclarations de l'establishment politico-médiatique auront au moins servi à ça: selon un sondage diffusé le 18 mai 2011 par le quotidien 20 Minutes, BFMTV et la radio RMC, 57% des Français pensent que le patron du Fonds monétaire international est victime d’un complot. La légèreté avec laquelle les hommes politiques, philosophes médiatiques ou journalistes affiliés à la gauche caviar jouent avec les principes de justice et d'égalité aura faussé l'appréciation des Français.
DSK était connu pour ses tentations, en France et ailleurs. En France d'ailleurs, et peut-être partout en dehors des Etats-Unis, il n'aurait probablement jamais été jugé —encore moins incarcéré pendant quatre jours. A travers cette affaire, la France se révèle. On attend la vérité sur ce qu'il s'est réellement passé dans la suite 2806 du Sofitel de Times Square, un numéro présenté par les théoriciens du complot comme un message, le 28 juin étant la date d’ouverture du dépôt des candidatures aux primaires socialistes françaises. Que DSK devait gagner.
Chawki Amari
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monsieur Amari,
merci pour cet article, qui, contrairement à ce que voudrait faire croire des sondages fumeux, correspond à ce que pensent beaucoup de français : oui il y une forme de copinage (personne n'ose prononcé le mot collusion) entre le petit monde des médias parisiens et la classe politique.
Et oui : beaucoup de français pensent qu'il est juste que DSK soit traité comme un citoyen lambda s'il a commis une agression sexuelle.
Et oui, nous sommes horrifiés d'apprendre qu'un candidat à l'élection présidentielle était possiblement un obsédé sexuel, que tout le monde le savait à Paris et que par un effet de caste, cela était tu.
Nous vivons en France dans une aristocratie qui se gargarise des "droits de l'homme", sans doute pour compenser leur énorme sentiment de culpabilité -inconscient- sachant qu'ils ont des privilèges.
Une affaire comme celle de DSK, en France aurait été étouffée.
Comme d'autres.
Merci de continuer à écrire sur la suite de cette affaire.
DSK est une victime, c'est un complot. Ils sont ridicules ces commentaires visant à rendre DSK plus blanc que le blanc.
Le candidat potentiel des socialistes ridiculise la France sur toute la planète, et les socialistes pensent que la vérité c'est comme avec l'affaire de Marseille ils n'ont plus qu'à nommer une commission interne au PS pour clamer l'innocence de DSK et la culpabilité de la pauvresse du peuple qui ne s'en tire qu'avec quelques égratignures et bleus.
Pitoyables socialistes qui donnent des leçons à tous leurs opposants et qui sont tellement imbus d'eux mêmes, qu'ils en arrivent à vouloir transformer ce que dit la justice américaine en complot de la droite française.
DSK est coupable de ce qu'il est lui même, et nul ne le sait mieux que lui.
C'est pourtant une certitude : il a quitté cet hôtel très vite, en ne prenant même pas le temps de prendre ses effets personnels. Cet état de fait ne plaide pas du tout en sa faveur.[...]
L'auteur de cet article a déjà une opinion tranchée sur l'affaire DSK. Pour lui, il n’y a pas de doute possible, l’ancien patron du FMI est coupable des faits qui lui sont reprochés. C’est possible qu’il le soit. Mais pour le moment seules deux personnes connaissent la vérité : DSK et la femme de chambre qui l’accuse. Défendre l’une ou l’autre thèse serait intellectuellement malhonnête.
Il est quand même hasardeux pour un journaliste de porter des accusations à l’emporte pièce à ce moment précis de l’enquête. DSK, comme toute personne accusée, est présumé innocent, jusqu’à ce que la justice prouve le contraire. Et la justice américaine bafoue allègrement ce principe. L’accusé est exhibé aux cameras comme un trophée de guerre, menottes aux poignets, gros plans dans le prétoire, etc. Or, pour l’instant la culpabilité de cet homme n’a pas été démontrée.
La justice américaine a souvent brillé par ses excès. Des accusés qui sont montrés à la face du monde comme des coupables et qui sont acquittés par la suite. Les affaires O.J. Simpson, Kobe Bryant et Michael Jackson le prouvent à suffisance.
Même un journaliste stagiaire ne peut pas ignorer toutes ces zones d’ombre qui entourent cette affaire (une femme de chambre rentrant seule dans une suite alors qu’elles doivent être au moins deux, la direction de l’hôtel qui ne savait pas que la suite était encore occupée, la nationalité de la femme qui a changé plus d’une fois, le frère de l’accusatrice guinéenne qui se trouve être… sénégalais, la police qui change l’heure supposée du délit, etc.). Or le moindre doute doit en principe profiter à l’accusé. Sauf aux États-Unis et… en Algérie!
On a tous compris que les Algériens profitent de la moindre occasion pour régler leurs comptes avec France, la puissance colonisatrice. C’est malsain.
Mon propos n’est pas de trancher sur la culpabilité ou non de DSK. Il porte sur les propos de certains politiciens sur cette affaire. La France est bien loin des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité soutenues par les artisans de la Révolution. À moins que ces valeurs n'aient été réservées qu'aux hommes ! Il est inconcevable, en 2011, dans un pays soit disant ouvert, moderne et cultivé, d'entendre des propos aussi ignobles et méprisant que ceux prononcés par certains politiciens français. Au Québec, l'Assemblée nationale au complet exigerait leurs démissions. Pour le peuple québécois dont je fais parti, un agresseur et un violeur est un lâche, point à la ligne. L'omerta tolérée dans le pays de Rousseau dépasse maintenant les frontières de la France. C'est une question de droit de la personne, de dignité humaine. Ces vestiges monarchiques, hiérarchiques et médiévaux, que sais-je, n'ont plus leur place à l’aube de ce siècle. Tout geste crapuleux doit être dénoncé, qu’il implique un éboueur, un PDG ou un ministre. Jusqu’ici, j’entretenais un léger complexe face au pays de mes ancêtres. Aujourd’hui, je sais qu’on a hérité du meilleur tout en éliminant certains travers. Sans rancune, cousins, finissez votre révolution,
Un québécois déçu de la mère-patrie.
"J'irai les libérer, quoi qu'ils aien pu faire"
(dixit Sarkozy, président élu de tous les français).
Ses compatriotes venaient d'etre pris au Tchad.
En flagrant délit de vol d'enfants.Camouflés dans une ONG dite "arche de zoe".
Et la presse française lui emboita le pas.
A tel point qu'à la fin,on en était à se demander si c'est pas les petits tchadiens en voie d'etre volés qui avaient quelque chose à se reprocher..
Il est vrai que l'establishment français a protégé un des siens mais l'on peut aussi dire que si Vance ne s'était pas rué pour faire emprisonner DSK, s'il ne lui avait pas fait passer 4 jours en prison, si la presse américaine ne s'était pas déchaînée contre le Frenchy the perv, le mouvement de solidarité des français avec DSK aurait été beaucoup moins marqué. Et Vance n'aurait pas été obligé par la suite d'annuler les charges, pour s'être rendu compte qu'il était allé trop vite en besogne.
L'Algérie peut chercher ailleurs qu'en France un modèle judiciaire, ce n'est certainement pas le meilleur mais l'américain est-il plus équitable? Répondre par la positive me semble ignorer aussi certains problèmes de la procédure qui s'est déroulée sous nos yeux.
DSK est peut être coupable, Diallo est peut être innocente, mais le fait que le procès s'appuie sur des présomptions et non sur des preuves fausse tout. C'est le problème des viols: il faut bien sûr écouter la parole des plaignantes mais c'est difficile à prouver.
La seule chose dont on soit sûr c'est que DSK a abusé de son pouvoir car obtenir en moins de 9 mn d'une femme inconnue et pauvre qui a besoin de son travail, une fellation, sans aucune contrepartie, ce n'est pas de la séduction, c'est lamentable. Je ne vois pas comment aucune femme pourrait se sentir à l'aise avec cela, ni satisfaite.
Et ça, les Français ne veulent effectivement pas en entendre parler, agacés qu'on leur ait rebattu les oreilles de cette histoire et indifférents aux droits des femmes.
Maintenant, je ne suis pas sûre que l'opinion de l'auteur de l'article soit plus au nom des droits des femmes à être entendues que suscitée par l'agacement de la France qui donne des leçons de morale dans le monde. Le parti pris anti-français est quand même perceptible: pourquoi pas? Il faut alors l'assumer.
Je suis d'accord avec le fond de cet article et déplore copinage et corruption qui ternissent l'image de la France.
Mais à propos de l'expression "troussage de domestique", ce n'est pas dans un contexte de défense de DSK que Kahn l'a prononcée - bien au contraire, il voulait par cette image violente signifier une indignation. Un peu de rigueur s'il vous plait.
La lecture de votre post sans parti pris excessif est fort appréciable. Certains posts sur de nombreux forums - pas ceux liés à cet article - sont haineux et vulgaires.
Je rappelle que Michael Jackson avait été poursuivi au pénal (à l'époque il y avait de nombreuses rumeurs à son propos) et acquitté. Il a échappé au civil en concluant un arrangement financier. Bien plus tard, son accusateur a reconnu avoir menti.
Il y a également des personnes infiniment moins puissantes que DSK qui peuvent bénéficier d'un extrême laxisme de la justice comme ce fut le cas pour des viols et tournantes commis notamment, par des jeunes d'une cité à Carpentras. Des féministes ont vociféré après DSK mais là , personne. Un viol serait donc moins choquant selon l'origine sociale de ceux qui le commettent ? Je vous laisse juger à partir de ces liens :
- http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/un-verdict-révoltant20110901.html ;
- http://www.laprovence.com/article/a-la-une-372 .
Peut-être a-t-on voulu éviter des émeutes dans des banlieues ou des réactions racistes ? Ce qui pourrait expliquer le silence assourdissant des féministes. Chacun peut avoir son opinion sur l'affaire DSK, mais là certains des actes perpétrés dans l'affaire de Carpentras ayant été filmés (au vu des informations lues), le doute est donc moins permis.
Il est impressionnant de voir comme ce procès a déchainé les passions. Et comment cette histoire est devenue si politisée. Elle est une justification à faire ressortir les ressentiments anti-français. DSK n’est pas un justiciable comme les autres, président du FMI, blanc et riche, mais son plus grand tort est d’être Français. Alors ça parle et dénonce à tout va, et on en profite pour associer DSK à une affaire impliquant la France. Ne nous égarons pas, il s’agit du procès d’un homme (même si ce procès n’a pas eu lieu). DSK a eu des soutiens en France. Certes oui mais aux yeux de beaucoup d’autres Français il reste aussi un coupable Français. Et dans d’autres pays je serais bien curieux de savoir le pourcentage qui le croyait coupable aussi, à comparer avec le pourcentage Français. Cet article est bien virulent envers les Français, un de plus.
A Alger vous avez choisi. Oui en effet vous avez choisi de vous soustraire à la vérité et d’incriminer DSK sans même savoir s’il était ou non coupable. En France au moins le doute subsiste, nous somme plus prudent, tout le monde ne le blanchit pas. Une telle impartialité est-elle possible en Algérie. De qui se moque-t-on là ? Vous cherchez à créer une justice convenable et le modèle Français ne semble pas convenir. Il n’est certes pas parfait non plus mais si corrompu que peut l’être la justice dans les pays Africains. Soyez un peu honnêtes et reconnaissez-le. Alors certes DSK est un justiciable particulier. Que ce serait-il passer en France ? Et bien cette question est en cours actuellement, car DSK est appelé en justice pour l’affaire Banon. Et là c’est une affaire purement Française, avec une Française qui se pose en victime de viol. Et là bizarrement aucune réaction venue d’Alger. Peu importe en réalité qu’une française Blanche se fasse violer finalement, ça n’est pas ça qui intéresse l’Algérien il semblerait, peu importe comment cette affaire sera jugée en France alors qu’elle le sera peut-être plus sérieusement et durement jugées qu’aux Etats-Unis. Dans cette affaire Banon d’ailleurs très peu de personnes sont venues apportées leur soutien à DSK, on laisse faire la justice. Et ça n’est pas parce que la victime avérée est blanche et bien Française. Non la France n’a pas aimé ce cirque médiatique, la façon dont on traite l’accusé, comment on commence par le salir, l’humilier. Et je ne suis pas sur qu’à Alger on aurait aimé voir un des ses ressortissants les plus connus être traité de la sorte.
Cette affaire ne doit pas être prétexte à régler vos comptes avec la France, c’est trop facile et injuste.
De quel droit, Monsieur, vous permettez vous de juger la France et les français? Laissez les français seuls juges, s'il vous plait, d'un citoyen français. Cela ne vous regarde pas ! Je ne me permets pas de juger ce qui se passe dans votre pays, alors faites en autant.
Cordialement.
Votre commentaire est d'une nullité intellectuelle inégalée.
Depuis quand est-il interdit de se faire une opinion sur un sujet/une personne quelque soit le lieu géographique ou la nationalité des personnes?.
Dans quelle école avez vous été?
Certainement pas celle de la République qui se veut de former à l'esprit critique quelque le soit je sujet/fait/lieu etc...
Fitchre ! Je me disais aussi ! Curieux ce monsieur qui écrit d'Alger pour se plaindre d'un sujet de l'auguste et vénérable France. Mais, mais de quel droit cet outrecuidant monsieur Amari se permet-il de juger DSK (excusez-moi pour l'usage de l'acronyme, mais cela va tellement plus vite) ?
Bah, de l'envie et du droit de peut-être de donner son opinion de la même manière que la justice américaine ne s'est pas arrêtée sur le passeport français de DSK. Français ou pas français, elle a poursuivi sa marche. Et c'est tant mieux !
Avec de telles prises de position, j'imagine les raisonnements que tout le monde peut tenir. D'ailleurs l'actualité, la si misérable actualité, nous indique qu'en Libye il y a intervention de la France sous "couvert" d'une résolution internationale, mais point approuvée par voie référendaire en Libye (pour pousser le raisonnement jusqu'à l'absurde).
Allez promis, "on" laissera les Français à la France. Encore faudrait-il savoir qui est français, qui ne l'est pas, que recoupe la France et patati et patata... Mais je m'égare !
Walid
http://walidhicham.wordpress.com/