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En 2100, l'Afrique de l'Ouest sera engloutie par les eaux

A Dakar (Sénégal), depuis le 16 mai 2011, se tient une réunion de validation des résultats de l'étude régionale de «Suivi du trait de côte et élaboration d'un schéma directeur du littoral Ouest africain» initiée par l'Union économique et monétaire Ouest africaine (Uémoa). Un titre barbare pour un constat alarmant: si aucune mesure n’est prise d’ici 2100, les villes côtières d'Afrique de l'Ouest risquent d'être englouties par les eaux, du fait de l'érosion côtière et de l'avancée de la mer.

Cela fait plusieurs années que l'Uémoa tente de prendre en charge le problème. Son programme régional de lutte contre l’érosion côtière a été adopté en 2007 à Lomé, au Togo. La conférence de Dakar permet de faire le point sur les avancées du projet et à attirer l'attention sur un problème croissant.

Alexis Campal, conseiller technique au ministère de l'Environnement et chargé de l'aménagement du territoire, tire la sonnette d’alarme:

«Le relèvement exponentiel du niveau de la mer risque d'envahir directement nos côtes. Et si l'on ne prend garde, d'ici 2100 nous risquons de nous retrouver dans l'eau».

Les côtes d’Afrique de l’Ouest connaissent une érosion rapide et leur urbanisation, liée au tourisme notamment, n’arrange pas la situation. L’exploitation du sable marin pour les constructions et l’occupation anarchique de l’espace ne sont que quelques uns des maux qui frappent le littoral. L’absence de concertation est problématique et l’aménagement du territoire doit être pensé, souligne Campal:

«Si vous regardez sur la côte sénégalaise, toutes les parties basses qui étaient des lits mineurs, des marigots et des lacs ont été occupées par la population à la recherche de potentialités. Nous devons nous concerter et le schéma directeur qui va être réalisé va aider à conserver ces richesses et à organiser l'occupation de cet espace qui est stratégique.»

Le Sénégal, désormais conscient du problème, veut alerter l’Union africaine afin que d’importants moyens soient mis en œuvre pour la préservation des côtes et le développement urbain concerté. Les conclusions de l’Uémoa ne sont, faut-il espérer, que le début d’une réflexion.

Ismaïl Bingitcha-Fare, commissaire de l'Uemoa au Département du développement rural, des Ressources nature et de l'Environnement, souligne l’importance du problème:

«Les enjeux sont énormes. Ils sont d’abord environnementaux, car d’importantes ressources naturelles (halieutiques et végétales) sont constamment l’objet de dégradation et de destruction […] Ce littoral abrite de nombreux villages et agglomérations densément peuplés dans de grandes métropoles, comme Dakar ou Abidjan […] L’essentiel des activités des pays concernés sont concentrées sur le littoral.»

Maintenant que le constat est fait, que le problème est soulevé, encore faut-il que des mesures concrètes et efficaces soient prises.

Lu sur Sud Online, Agence de Presse Sénégalaise