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En Libye, la Russie joue la carte de la médiation

Le président russe Dmitri Medvedev ne croit pas en une victoire militaire contre le colonel Kadhafi.

«A mon avis, la situation en Libye ne peut être résolue que de façon pacifique, par l’arrêt de l’emploi des armes dans les deux camps», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec le président autrichien Heinz Fisher à Moscou, le 19 mai 2011.

De fait, la Russie prend l’initiative sur le dossier libyen et veut jouer le rôle de médiateur. Une délégation de représentants pro-Kadhafi a été reçue à Moscou le 16 mai par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. Il a demandé à Tripoli de cesser les actions militaires et d’appliquer sur le terrain la résolution 1973 de l’ONU, par exemple en retirant ses troupes et en instaurant une zone de sécurité.

Moscou souhaite recevoir ensuite les représentants de l'opposition libyenne basée à Benghazi, le Conseil national de Transition. Mais, «pour des raisons techniques, ils ont demandé à repousser leur visite, a déclaré le chef de la diplomatie russe. Nous attendrons le moment où ils seront prêts à venir à Moscou, nous les recevrons et mènerons des discussions importantes. Par ailleurs, nous enverrons les mêmes signaux indispensables par différents canaux à Tripoli et Benghazi.»

Pour le quotidien économique moscovite RBC Daily:

«La Russie ne perd pas l’espoir de conserver ses contrats militaires avec la Libye et s’implique activement dans la résolution du conflit.»

C’est que la Libye est le pays d'Afrique où la Russie a les plus gros intérêts en jeu, estimés à plusieurs milliards d'euros. Pourtant, celle-ci n’avait pas posé son veto lors du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU le 17 mars de la résolution 1973, qui a permis l'intervention de la coalition internationale contre les forces du Guide libyen.

Une décision qui avait créé des dissensions au sommet du pouvoir russe. L'ambassadeur russe à Tripoli avait été limogé avec fracas pour avoir critiqué la position officielle de la Russie. Surtout, le Premier ministre Vladimir Poutine avait qualifié la résolution onusienne de «croisade digne du Moyen Âge», et le président Medvedev lui avait répondu sèchement.

Reste que d’après un sondage mené par le centre Levada, 53% des Russes partagent la position de Poutine sur la Libye, contre seulement 13% qui eux soutiennent le président Medvedev.

Lu sur RBC Daily, Regions.ru