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Guinée équatoriale: cinq opposants interpellés pour avoir appelé à manifester

Cinq opposants au régime du président Teodoro Obiang Nguema ont été interpellés lundi soir à Malabo après avoir appeler à manifester avant les élections législatives et sénatoriales du 26 mai, a indiqué un responsable de l'opposition.

"Hier (lundi) soir, cinq personnes ont été arrêtées par la police", a déclaré à l'AFP Daniel Dario Martinez Ayecaba, président de l'Union populaire (UP), deuxième parti d'opposition.

Ces militants "étaient descendus dans la rue avec un mégaphone pour annoncer la manifestation du 15 mai et distribuaient des prospectus aux gens", a expliqué M. Dario, joint par téléphone depuis Libreville.

L'opposition équato-guinéenne dénonce régulièrement les élections organisées dans le pays comme des "mascarades".

Selon M. Dario, les cinq personnes interpellées sont "deux hommes et trois femmes, dont Clara Eyi Ndong", présidente du Parti de la Justice (PJ), parti d'opposition interdit par le pouvoir, et organisatrice de la manifestation.

Les cinq étaient toujours détenus au commissariat central de Malabo mardi à la mi-journée, d'après M. Dario.

Dans un courrier officiel en date du 8 mai, dont l'AFP a eu copie, le ministère de l'Intérieur a interdit la manifestation prévue mercredi dans les rues de Malabo et Bata, la capitale économique, à l'approche des élections.

Le ministre a justifié sa décision, déclarant "ne pas connaître ce groupe clandestin d'agitateurs de masse ni ses intentions", en référence au PJ.

En campagne électorale, il faut "éviter de miner et/ou perturber l'ambiance de paix et le calme qui règnent" sur le territoire, a-t-il expliqué.

"Tout citoyen doit pouvoir manifester publiquement sans autorisation, (...) c'est de l'intimidation", a réagi l'opposant, Placido Mico, secrétaire général de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS).

Deux autres opposants avaient été arrêtés ces derniers jours, selon des sources concordantes. Interpellé lundi matin, Luis Nzo Ondo, président de la Force démocratique républicaine, petit parti d'opposition, n'a toujours pas été libéré, selon M. Dario.

"Le climat est très tendu à Malabo et Bata", a-t-il estimé. "Il y a beaucoup de militaires partout dans les rues, beaucoup de contrôles depuis trois jours".

La Guinée équatoriale est dirigée d'une main de fer depuis 1979 par le président Teodoro Obiang, qui avait renversé le dictateur Francisco Macias. Son régime est souvent critiqué pour le non-respect des droits de l'Homme.

AFP

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