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Crise politique en vue au Maroc

Si le parti Al-Istiqlal ,qui a décidé samedi 11 mai de claquer la porte , n'écoute pas l'appel du Roi Mohamed 6 à revenir sur sa décision de quitter le gouvernement et que la formation d'un nouvel exécutif plus au centre s'avère impossible, le Parlement sera dissous et des élections législatives anticipées seront organisées.

Mohamed 6, a appelé , dimanche 12 mai , le SG d’Al-Istiqlal,  Hamid Chabat, à rester au gouvernement et à éviter au pays une crise politique pouvant aller jusqu’à des élections législatives anticipées en cas de retrait des ministres istiqlaliens de l'équipe gouvernementale, qui ne bénéficierait plus ainsi du soutien des 60 députés du plus vieux parti marocain.

Pour rappel, Al-Istiqlal compte plusieurs ministres au sein du gouvernement dirigé par le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), dont celui, important, de l’Economie et des Finances.

Samedi dernier, le conseil national de l’Istiqlal avait annoncé sa décision de retrait du staff gouvernemental. Une annonce aussi inattendue qu’embarrassante tant pour le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, que pour le monarque marocain, qui espèrent tous les deux que le parti, dirigé par le maire de Fès, fasse machine arrière.

« Nous allons demander à nos ministres de gérer les affaires courantes dans l’attente du retour du Roi », a affirmé le porte-parole d’Al-stiqlal, Adil Benhamza, dans une déclaration à l'agence AFP.

Les raisons de l’Istiqlal

La raison majeure invoquée par l’Istiqlal pour expliquer sa décision de retrait du gouvernement est  »l’incapacité du Premier ministre à prendre en considération la gravité de la situation économique et sociale ».

Fin avril dernier, c’était le ministre istiqlalien de l'Economie et des Finances, Nizar Baraka, qui avait tiré la sonnette d’alarme, en annonçant que l'équipe de Benkirane, face au rétrécissement des perspectives économiques du pays, avait décidé de supprimer 15 milliards de dirhams du budget d’investissement pour 2013.

Cette décision avait été justifiée par la nécessité de  »prévenir l’aggravation du déficit budgétaire ». Elle n'en avait pas moins provoqué un tollé au sein du patronat, de l’opposition et des médias proches des milieux d'affaires.

Selon Nizar Baraka, l’exécution durant le 1er trimestre 2013 de la loi de finances fait ressortir un déficit budgétaire de 16,8 milliards de dirhams (environ 1,6 milliard d’euros), soit près de 2% du Produit intérieur brut (PIB). Le déficit budgétaire global prévisionnel pour 2013 est de 8%.

Deux scénarii possibles

Dans une déclaration à l'agence gouvernementale Maghreb Arabe Presse ( MAP ), Manar Slimi, président du Centre maghrébin pour les études sur la sécurité et l’analyse des politiques, a expliqué que la décision d’Al-stiqlal était  »prévisible » et qu'elle ouvrait la voie sur deux scénarios.

Le premier scénario est le retrait de l'Istiqlal du gouvernement qui alors  »perdrait sa majorité parlementaire », ce qui entraînerait l'application de l’article 104 de la Constitution, soit la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections législatives anticipées. Le second scénario est la formation d’un nouveau gouvernement plus au centre qui intégrerait l’Union constitutionnelle.

La lutte entre l'Istiqlal et le PJD   »n’est pas normale, car elle se déroule au sein d’un même gouvernement et impacte son action », a regretté Manar Slimi.

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