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Sur injonction royale, Chabat sursoit à sa décision de quitter le gouvernement Benkirane

Coup de théâtre ce samedi soir quelques heures après la décision du Conseil National du Parti de l'Istiqlal de quitter la coalition parlementaire qui soutenait le gouvernement de M. Abdelilah Benkirane.

En effet, dans un communiqué rendu public samedi soir à Rabat, à l’issue d’une réunion extraordinaire suite à la clôture des travaux de la 3è session du Conseil national du PI, consacrée à l’examen de la décision du parti de se retirer du gouvernement, le Comité exécutif du PI a précisé que ses membres ont pris acte d'un “développement extrêmement important”.

SM le Roi Mohammed VI a contacté au téléphone le secrétaire général du parti, M. Hamid Chabat, et l’a assuré du grand intérêt que le Souverain accorde à cette question et l’a exhorté à maintenir les ministres du PI au sein de l’actuel gouvernement dans le souci de préserver le fonctionnement normal du gouvernement, sachant qu’un mémorandum sera soumis au Souverain par le secrétaire général.

Le communiqué souligne que le comité exécutif, qui a été chargé par le Conseil national de gérer cette étape à la lumière de la décision historique du parti, se félicite de cette Haute sollicitude Royale et du souci du Souverain de garantir les conditions de stabilité et affirme l’adhésion totale du PI à la volonté de SM le Roi de servir les intérêts supérieurs de la Nation.
Pourtant, auparavant, Hamid Chabat, avait affirmé, plus tôt dans la soirée, que la direction du parti respecterait et défendrait la décision du Conseil national de se retirer du gouvernement.

Dans une déclaration à l’issue des travaux de la 3eme session ordinaire du Conseil national du PI, M. Chabat avait expliqué que “le Conseil national, qui demeure attaché à la stabilité de la patrie et à la quiétude du peuple marocain, a décidé à l’unanimité le retrait du gouvernement et le recours à l’Article 42 de la Constitution”.

“Les motifs de cette décision sont claires et la patience du parti était arrivée à bout”, a dit le secrétaire général du PI, qui a rappelé que “depuis la présentation du premier mémorandum, le 3 janvier 2013, puis un deuxième, suivis de rencontres au sein de la coalition gouvernementale, nous avons toujours dit que nous allons rester fidèles aux revendications du peuple marocain et que nous ne quitterons pas le gouvernement, mais aujourd’hui nous constatons que le Chef du gouvernement ne cesse de fuir ses responsabilités devant tous les problèmes qui se posent”.

“Il y aura dès aujourd’hui un dialogue sérieux, s’il y a une réponse aux revendications des citoyens, à travers le parti de l’Istiqlal, de préservation du pouvoir d’achat, de sortie rapide de cette crise et d’ouverture d’un véritable dialogue social avec les partenaires socio-économiques”, a-t-il ajoute.

De son côté, le président du Conseil national du PI, M. Taoufik Hjira, a annoncé, dans une déclaration similaire, que “le Comité exécutif se réunira dans les heures ou les jours qui viennent pour préparer l’opération de retrait du parti du gouvernement actuel, dans le respect des institutions nationales et des dispositions de l’Article 42 de la Constitution”.

Il a souligné que pas moins de 70 intervenants lors de la session du Conseil national ont appelé au retrait du gouvernement, à l’exception de deux intervenants, ajoutant que “le comité exécutif, comme son nom l’indique, mettra en exécution la décision du Conseil national et répondra ainsi à une tendance générale au sein du parti.

“Le retrait du gouvernement n’est pas une annonce fortuite, mais un acte réglementé, car nous sommes dans un Etat qui a ses institutions, sa constitution et ses lois”, a-t-il fait valoir.

Le Conseil national du PI a annoncé, samedi, la décision de retrait du parti du gouvernement, à l’issue de sa troisième session ordinaire.

Dans son communiqué final, qui a sanctionné une longue journée de “concertation et de dialogue libre et responsable”, le Conseil national du parti a décidé de se retirer du gouvernement actuel” et délégué à la direction du parti la prise des mesures nécessaires à cet égard.

Mais les partenaires du PI au sein de la coalition gouvernementale n'apprécient guère cette décision des istiqlaliens. C'est notamment le cas du PPS par la voix de Khalid Naciri, membre du BP qui a estimé que le Parti de l’Istiqlal (PI) “devrait apprécier la portée de sa décision samedi, de se retirer du gouvernement dans le contexte actuel compliqué que traverse notre pays”.

M. Naciri a souligné qu’il agit d’une “décision souveraine, qui concerne le PI et qu’il devrait appréhender et mettre en ½uvre, en prenant en compte toutes ses implications et ses conséquences”.
Et le membre du bureau politique du PPS de rappeler que “SM le Roi demeure l’institution constitutionnellement habilitée à mettre un point d’orgue à ce processus, dans la mesure où la formation d’un nouveau gouvernement est “une prérogative royale par excellence”.

Celle-ci devrait se manifester par la dissolution de la Chambre des Représentants et la tenue d'élections législatives anticipées, comme le stipule l'Article 42 de la  nouvelle Constitution qui donne pouvoir au Souverain d'appeler à de nouvelles consultations après démission d'un gouvernement privé de majorité parlementaire.

En effet, après la décision du conseil national du parti de l’Istiqlal (PI) de se retirer de l’actuel gouvernement, le chef de l’exécutif Abdelilah Benkirane, pourrait recourir à la solution constitutionnelle, faute de pouvoir former une nouvelle majorité, a estimé le politologue et universitaire Mustapha Shimi.

M. Shimi a indiqué que cette décision intervient après une dégradation, pendant les quatre derniers mois, des rapports entre le PI et le parti de la justice et du développement (PJD), qui conduit le gouvernement.

M.Shimi souligne que le Chef du gouvernement pourrait éventuellement recourir à la solution politique qui consiste à intégrer dans une nouvelle coalition gouvernementale le Rassemblement national des Indépendants (RNI), mais vu les contentieux entre les deux partis, cette perspective semble difficile à réaliser.

De même, les “effectifs modestes ” de l’Union constitutionnelle (UC) à la Chambre des représentants ne pourront pas combler les 60 députés Istiqlaliens qui se seront retirés.

Face à ce panorama, a ajouté le politologue, M. Benkirane, prenant acte qu’il n’a plus de majorité, pourrait recourir à la solution constitutionnelle qui prévoit la dissolution de la Chambre des représentants et l’organisation d’élections législatives anticipées.

tout ceci cependant est désormais dépassé puisque M. Chabat et son Comité Exécutif ont décidé de se conformer au voeu du Souverain et donc de sursoir à la décision de quitter le gouvernement Benkirane.

LNT

La Nouvelle Tribune

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