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Les guérisseurs ont la cote

De nombreuses personnes en quête de soins sollicitent les services de guérisseurs qui étalent leur «savoir-faire», chaque vendredi, au marché hebdomadaire d'Aïn Defla. Venant des quatre coins de la wilaya et même de contrées bien lointaines, ces personnes, qui ont, pour la plupart, déjà eu recours à la médecine moderne, se rabattent sur ces guérisseurs avec l'espoir de guérir d'un mal dont ils souffrent depuis de longues années. Toutes les catégories sociales semblent se côtoyer en ces lieux, avec comme seul dénominateur commun l'espoir d'un remède «miracle» et l'atténuation de leurs souffrances. Des haut-parleurs haranguent les curieux. A quelque 2 km du marché de la ville, situés non loin de la gare ferroviaire, ces guérisseurs se font entendre grâce aux haut-parleurs, pour inciter les curieux à s' approcher pour voir de plus près ce dont ils parlent. Outre le fait qu'ils permettent au guérisseur d'être entendu de tous, les haut-parleurs lui permettent de rassembler  autour  de lui le maximum de personnes, en tentant de les convaincre de l'efficacité de ses remèdes. Pour d'aucuns, le recours aux haut-parleurs est incontournable au regard de la densité de la foule comparativement à celle d'antan, mais cela permet aussi de donner une certaine «couleur» au marché à la faveur de l'ambiance créée. Les maux et douleurs, notamment dus aux nerfs sciatiques, aux rhumatismes, à l'ictère, à l'eczéma, aux fractures et maux de dents sont les causes pour lesquelles ces guérisseurs sont le plus souvent sollicités. Incontestablement, le guérisseur traitant les maux dentaires et les  rhumatismes est celui qui rassemble le plus de personnes. Pour d'aucuns,  Aïn Defla a toujours eu ses guérisseurs et rebouteux, qui transmettent le secret des plantes médicinales de père en fils et de mère en fille. Par le passé, il y avait, affirme-t-on, le «djebar» (assembleur d'os) qui, muni d'instruments rudimentaires (morceaux de roseau, ficelle, couteau), s'adonnait à l'orthopédie. Le savoir-faire du «djebar» était tel qu'il arrivait à connaître le degré de gravité de la facture et la manière de l'immobiliser. Certaines femmes s'étaient (elles le sont toujours) même spécialisées dans le traitement de la stérilité féminine. Par des massages dont elles seules ont le secret. Elles arrivent à rendre des femmes, jusque-là stériles, fécondes. Le recours aux guérisseurs, un réflexe d'ordre socioculturel. «Inutile de dire que ces guérisseurs savent pertinemment qu'un malade  ayant épuisé tous les recours de la médecine est prêt à s'accrocher à n'importe  quelle bouée de sauvetage qui se présente à lui, d'où les formules envoûtantes utilisées en guise d'appâts», lance Ali, qui semble bien au fait du sujet. Selon lui, la médecine traditionnelle prend ses racines dans un terrain d'abord socioculturel qu'«irriguent» un certain nombre de «rites», de «conceptions» et de «considérations». Pour Djamel, la raison susceptible d'expliquer l'engouement pour la médecine traditionnelle a trait au fait que celle-ci entraîne moins d'effets secondaires que les médicaments de synthèse, tout en relevant que ce type de médecine est beaucoup moins onéreux.          

El Watan

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