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L’Intersyndicale déterminée

La situation se corse dans le secteur de la santé. Généralistes, spécialistes, psychologues, professeurs d'enseignement médical, chirurgiens-dentistes, paramédicaux, pharmaciens, corps communs de la santé... ne décolèrent pas. L'Intersyndicale de la santé a reconduit, pour la deuxième semaine consécutive, son mouvement de débrayage de trois jours. Une grève largement suivie et paralysant, selon ses animateurs, l'ensemble des structures hospitalières. La première grève de trois jours, observée la semaine dernière, n'a abouti à rien. Bien au contraire. Le ministre de la Santé, Abdelaziz Ziari, a, selon les grévistes, envenimé la situation en opposant un niet catégorique à leurs revendications, notamment les points relatifs à la révision des statuts particuliers et des régimes indemnitaires. Pour le Dr Yousfi, président du Syndicat des spécialistes, l'attitude du ministre ainsi que celle du Premier ministre sont «regrettables» en ce sens qu'elles «mettent de l'huile sur le feu». Plus critique, le Dr Merabet ne trouve pas de mots pour qualifier le «comportement» de M. Ziari ; à son avis, le ministre tente de balayer d'un revers de la main les engagements pris par ses prédécesseurs. «Nous avons négocié avec des institutions et non avec une personne. Les résultats de ces négociations ont été approuvés par le gouvernement et cautionnés dans un PV. Pourquoi M. Ziari renie ces engagements ?», a déclaré le Dr Merabet. L'attitude de la tutelle a été dénoncée, hier, lors du rassemblement de protestation tenu au CHU de Bab El Oued auquel ont pris part des représentants des corps communs des 48 wilayas. Les animateurs de cette action se sont élevés contre les déclarations de certains parlementaires. «Pourquoi nos députés ne se sont pas manifestés pendant les pénuries de vaccins ? Pourquoi n'ont-ils pas revendiqué une plénière pour dénoncer la souffrance des malades cancéreux et autres ? Ils étaient où, ces élus ?», s'est interrogé le Dr Merabet. La secrétaire générale du PT, pour rappel, qui avait accusé les grévistes d'être manipulés par des ONG internationales, n'a pas échappé aux critiques des protestataires. «Nous ne pouvons accepter que notre dignité soit bafouée. Nous n'avons de leçon à recevoir de personne», ont soutenu les responsables de l'Intersyndicale. Ces derniers estiment ne pas recourir à la grève de gaieté de c½ur. «Le gouvernement nous tourne le dos. Nous avons certes de la peine pour nos malades, mais nous n'y pouvons rien. La balle est dans le camp du gouvernement. L'amélioration de nos conditions de travail vise à asseoir un accès meilleur aux soins. Notre sort et celui des malades sont liés», a expliqué le docteur Merabet, qui assure que le service minimum a été assuré par les représentants des syndicats. Rappelons que les revendications de l'Intersyndicale, regroupées au sein d'une plateforme commune, sont multiples : révision statutaire, amélioration du régime indemnitaire, titularisation de 19 000 vacataires et contractuels, augmentation des salaires de 40%, reprise du dialogue social...  

El Watan

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