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Des emplois sans logique économique

Acheter la paix sociale à tout prix. C'est la logique dans laquelle s'inscrit depuis quelques mois le gouvernement Abdelmalek Sellal. Quitte à mettre en péril les équilibres budgétaires du pays. Pris en étau entre la chute des prix du pétrole, d'un côté, et la forte demande d'emploi, de l'autre, l'Exécutif souffle le chaud et le froid. Alors que le ministre des Finances, Karim Djoudi, tire la sonnette d'alarme et appelle à la «prudence» dans les dépenses budgétaires, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, annonce des mesures pour la création d'emploi qui nécessitent des budgets colossaux. Tout en rappelant : «On ne peut plus compter sur le budget de l'Etat pour la création des emplois», il prend la décision de généraliser l'octroi des crédits sans intérêt au profit des jeunes promoteurs à l'échelle nationale. Une mesure qui a été, pourtant, rejetée par les députés de la majorité (FLN-RND) à l'Assemblée populaire nationale (APN) à l'occasion de l'examen de la loi de finances 2013, en automne dernier. Mais à l'époque le gouvernement ne s'attendait pas à une forte protestation des chômeurs du Sud, qui ne s'estompe toujours pas. En annonçant cette mesure qui profitera aux bénéficiaires des crédits Ansej et CNAC, le Premier ministre tente, lors de son intervention samedi dernier à Laghouat, d'expliquer que les jeunes promoteurs rembourseront les sommes dont ils ont bénéficié. Alors que des spécialistes mettent en garde contre un risque de surendettement des jeunes, Abdelmalek Sellal tente de rassurer : «En 2011, 56% des bénéficiaires de l'Ansej ont commencé à rembourser leurs crédits. En 2012, ce chiffre a augmenté à 75%.» Sans toutefois donner plus de précisions sur cette question. Y a-t-il une évaluation des mesures prises suite aux événements de janvier 2011 ? En tout cas, cette mesure est déjà problématique. Comment appeler à «la prudence dans les dépenses budgétaires» et décider d'octroyer des crédits sans intérêt qui ne seront pas sans conséquence sur la santé financière des banques ? L'autre inconséquence dans les mesures d'urgence prises pour calmer le front social est le recrutement massif des jeunes par la police (plus 6000 postes), par Sonatrach (plus de 1700 postes, dont 500 pour les jeunes de Ouargla) et dans d'autres secteurs relevant de la Fonction publique. En somme, des milliers de jeunes ont été recrutés, ces derniers mois, dans le cadre de cette campagne irréfléchie. Ces emplois sont-ils durables ? Qui financera ces milliers de nouveaux postes budgétaires, si «le budget de l'Etat ne pourra plus assumer de nouvelles charges» ? Il est clair que ces postes de travail, créés tous dans le secteur public, dont une majorité dans la Fonction publique, seront financés par l'Etat. Cela, expliquent des observateurs de la scène nationale, deviendra un problème au cas où le pays sera appelé à appliquer une rigueur budgétaire. Car, explique-t-on, l'épuisement des recettes du pays engendrera automatiquement des licenciements massifs de travailleurs. Et les premières victimes seront, sans nul doute, les bénéficiaires de ces nouveaux postes d'emploi. Ainsi, la solution proposée aujourd'hui risque d'être problématique demain...               

El Watan

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