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Prélèvements et greffes d’organes : L’EXPECTATIVE

 

Le centre hospitalo-universitaire du Point G abrite les bâtiments de la transplantation rénale

L'adoption de textes sur les transplations d'organes, de tissus et cellules humains avaient suscité l'espoir chez les malades, notamment, les insuffisants rénaux. Mais le projet traîne pour des raisons d'équipement de l'infrastructure

Les pouvoirs publics sont décidés à prendre le taureau par les cornes dans la lutte contre certaines maladies chroniques dont l'insuffisance rénale. Le gouvernement a adopté en conseil des ministres depuis quelques années deux décrets. Le premier autorise les prélèvements et les greffes d'organes, de tissus, de cellules humaines. Le second porte sur la création d'un Comité national de greffe. Il ressort des commentaires de spécialistes que la greffe d'organes, de cellules et de tissus humains constitue la méthode de traitement la plus complète pour restituer dans les conditions physiologiques idéales, les fonctions des organes en détresse, c'est-à-dire des organes touchés par la maladie.

Le décret sur les prélèvements semblait donner un coup d'accélérateur aux choses et susciter l'espoir, chez les malades, notamment les insuffisants rénaux. Ces malades contraints (pour ceux qui sont chroniques) à être dialysés à vie, espèrent sur le projet de greffes d'organes qui permettra de prendre en charge leurs préoccupations. Certains ont vu un simple effet d'annonce dans l'adoption de ce décret en conseil des ministres. D'autres, les plus pessimistes, expliquent sans ambages et même crûment, l'incapacité de notre pays à mettre en ½uvre des projets d'envergure.

Pourtant les choses avaient bien démarré dans la mise en ½uvre de cette initiative, salutaire dans son essence, avec la construction des bâtiments de la transplantation rénale au centre hospitalo-universitaire (CHU) du Point G. Cette infrastructure se dresse fièrement sur la colline du Point G. Mais elle attend toujours d'être équipée. Pour avoir le c½ur net sur les difficultés qui entravent la mise en ½uvre de ce projet de prélèvements et de greffes d'organes, de tissus et cellules humains, nous avons recueilli le point de vue du directeur adjoint de l'hôpital du point G, Mamady Sissoko. Cet administrateur hospitalier explique que le blocage se situe à deux niveaux. Il confirme que les bâtiments ont été construits mais n'ont pas été encore équipés. Le premier blocage se situe au niveau des équipements. Les évaluations avaient été faites par le ministère de la Santé, à travers la Cellule d'exécution des programmes de renforcement des infrastructures sanitaires (CEPRIS). L'entreprise qui a réalisé les bâtiments devait faire des  propositions dans ce sens. Elle avait fait une proposition de plus d'un milliard de Fcfa qui n'a pas été prise en compte finalement, rappelle le directeur général adjoint de l'hôpital du Point G.

`Son établissement  avait mis en place une commission de transplantation rénale avec les responsables du service de néphrologie (les premiers concernés naturellement par la question) et des autres services qui seront impliqués dans le projet. A ce niveau une évaluation des besoins du plateau technique avait été réalisée et calée à 650 millions de Fcfa.

Mais pour des difficultés de mobilisation des ressources financières, ce budget des équipements avait été recadré. Les responsables du service de néphrologie avaient   fait une proposition de 350 millions de Fcfa. Certains responsables de l'hôpital du Point G expliquent que ce budget a été exprimé sans tenir compte des besoins des autres services techniques indispensables dans la réalisation de ce projet. Mais qu'à cela ne tienne, Mamady Sissoko note que le dossier d'appel d'offres (DAO) est prêt et que sa structure a même reçu l'avis de la délégation générale des marchés publics (DGMP). Mais il faut attendre, comme le stipulent les textes, que les ressources soient disponibles pour lancer l'appel d'offres. 

FORMATION DES MEDE-CINS. Le deuxième blocage concernait le réaménagement technique du bloc opératoire de la structure de transplantation rénale pour répondre aux normes édictées, notamment en matière de schéma spécifique de blocs opératoires. Le directeur général adjoint du Point G annonce une volonté réelle d'aller vers le progrès et les avancées enregistrées dans la mise en ½uvre du projet. Il rélève qu'une première vague de médecins (néphrologue, chirurgien, anesthésite-réanimateur, urologue entre autres) a été formée en Egypte dans le cadre de la coopération avec ce pays. L'hôpital  a pris en charge le voyage et le séjour de ces praticiens dans  le pays des pharaons, souligne le responsable hospitalier. La deuxième vague partira en formation dans les jours à venir. 

Le directeur général adjoint de l'hôpital du Point G explique que le département de la Santé est en train de financer l'acquisition de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) qui coûtera plus d'un milliard de Fcfa. Il indique que  le projet de greffes d'organes, notamment de transplantation rénale est mis en exergue dans le projet d'établissement de l'hôpital. Il s'agit d'un programme quinquennal qui décline les objectifs à atteindre pour l'établissement dans les 5 prochaines années et les ressources à mobiliser à cet effet.

La lenteur dans la mise en ½uvre du projet préoccupe un peu l'Association malienne des insuffisants rénaux (AMADIR). Le président de cette association, Ibrahima Dembélé explique que dans notre pays, on est en train de compliquer les choses. Il cite l'exemple de la Côte d'Ivoire qui a commencé à faire des transplantations rénales dans les services d'urologie. Pour rappel les Ivoiriens venaient chez nous pour la dialyse, maintenant  les Maliens cherchent à aller se faire transplanter un rein dans ce pays voisin. Nos médecins doivent avoir plus de cran et le courage d'essayer. Nous devons oser commencer, commente Ibrahima Dembélé.

Mais au-delà des difficultés actuelles,  dans l'avenir le projet de prélèvements et de greffes d'organes, de tissus et cellules humains, précisément de transplantation rénale ne va-t-il pas buter sur les dons d'organes ? C'est une question d'éthique médicale et de responsabilité de la communauté.

La culture et la religion peuvent être, dans notre pays, des entraves sérieuses pour ce projet, estiment certaines personnes. Le directeur adjoint du Point G partage cette réflexion et rappelle la nécessité de dynamiser la sensibilisation. « Nous avons eu une ou deux activités de sensibilisation, en collaboration avec l'AMADIR, mais nous allons faire un immense effort de communication et de sensibilisation lorsque les choses rentreront dans l'ordre. Le contexte culturel est connu de tous. Il faut développer des stratégies de communication pour avoir l'adhésion et l'accompagnement de la communauté », explique Sissoko.

Le président de l'AMADIR note que son association prépare les esprits. Une série de rencontres a été organisée avec les leaders religieux. Ils vont diffuser des prêches sur la portée des dons d'organes. Faire  don d'un organe est un acte de solidarité pour sauver la vie d'un prochain.

Mais Ibrahima Dembélé souligne que plusieurs difficultés sont liées aux coûts de la greffe. Les médicaments à prendre en postopératoire pendant 5 ans ne sont pas accessibles pour la bourse des malades moyens. Ces produits coûtent très chers. Le président rappelle son propre exemple. Au Maroc on lui a demandé 12 millions de Fcfa pour se faire transplanter. En France cela faisait une cinquantaine de millions de Fcfa. Il estime que si les conditions étaient réunies, le coût de la transplantation rénale était moindre en Algérie. Le président de l'association comme nombre de malades attend d'être transplanté.

Le président relève que depuis plus de 6 mois l'Etat ne paie plus les EPO ( ce  produit aide les insuffisants rénaux à avoir un taux d'hémoglobines normal. Les insuffisants rénaux payaient deux sérums (du salé et du glycose) pour se faire dialyser en plus des 2 500 Fcfa payés pour la séance de dialyse. Ce coût subventionné par l'Etat est unique dans la sous-région.

Les associations des insuffisants rénaux  ont créé l'association des insuffisants rénaux dans l'espace UEMOA.

B. DOUMBIA

 

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Hématophobie : Une peur irrationnelle du sang

 

La vue du sang peut être dérangeante pour certaines personnes. Cette réaction est liée à une réponse un peu excessive de

l’organisme face à ce qu’il détecte comme une menace

 

La vue de quelques gouttes de sang provoque chez certaines personnes un véritable malaise. Tête qui tourne,  vu  trouble, sueurs soudaines, visage blême, jambes molles. Ces personnes peuvent même s'évanouir. Ce trouble soudain est appelé l’hématophobie, une peur irrationnelle du sang. Cette phobie se manifeste très différemment des autres qui ne provoquent pas généralement ce genre d’étranges sensations. Pourquoi ? Parce que la peur du sang fait appel à un mécanisme bien particulier.

En effet, perdre du sang est un véritable danger pour l’organisme. Si le risque est bien évidemment plus ou moins important en fonction de la quantité, la vue du sang est donc perçue par le corps comme une menace réelle qui doit nécessiter une adaptation rapide : l’organisme va donc chercher à limiter au maximum les pertes. Pour cela, il fait appel au système nerveux autonome et plus précisément au système nerveux parasympathique. C’est celui-ci qui s’occupe de toutes les activités involontaires et réflexes de l’organisme telles que la respiration, les battements du c½ur, les sécrétions gastriques, etc.

Face à la perte de sang, ce système va mettre l’organisme dans un état lui permettant d’économiser ce précieux liquide : le rythme cardiaque ralentit, la respiration se fait moins rapide et la pression artérielle diminue. Ceci a pour effet de réduire l’apport d’oxygène au cerveau qui cause alors l’apparition des symptômes si cette réponse est importante ou prolongée. C’est ce qu’on appelle un malaise vagal (car lié à l’action du nerf du même nom) qui peut s’avérer plutôt impressionnant en cas d’évanouissement.

Malheureusement pour certains, cette réponse excessive de l’organisme peut apparaitre même à la vue d’une simple goutte de sang. Mais chez d’autres, elle se produit également lorsque ce n’est pas la personne même qui saigne. D’après les spécialistes, ceci serait tout simplement dû à nos tendances empathiques : la personne voyant la goutte de sang chez un autre s’identifie inconsciemment à elle et déclenche ainsi le malaise. Aussi, cette « peur » peut être plus ou moins prononcée en fonction des personnes. Certaines auront un malaise rien qu’à imaginer une blessure sanguinolente tandis que d’autres resteront impassibles si ce n’est pas elles qui saignent.

Néanmoins, certains moyens peuvent permettre de limiter le malaise et d’éviter l’évanouissement. En effet, les symptômes apparaissent généralement progressivement avant de s’intensifier. Il est donc possible de prévoir le malaise et d’agir en conséquence. Ainsi, prendre l’air ou aérer la pièce peut parfois permettre de « changer les idées », d’oublier la vue du sang et de réduire les symptômes. Contracter les muscles notamment des jambes peut aussi être une bonne idée afin de rétablir une circulation sanguine plus normale. En revanche, si le malaise est déjà avancé, mieux vaut s’asseoir ou s’allonger les jambes surélevées afin de réoxygéner correctement

le cerveau.

Source Gentside

 

 

L'essor

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